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YONNE

[Article mis en ligne le 29-05-2019]

Sols Le retour

Des Racines et des Pelles au Bosquet du Lys

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Profil d’un calcisol orge et semis direct. Les effets du sec se font sentir avec une structure lamellaire en place. Les vers de terre sont encore en diapose.
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Calcisol en blé et labour, deux semelles de travail qui n’empêchent pas les racines de passer.
Suite au succès de l’édition de novembre dernier et aux interrogations qu’elle a suscitées, Des Racines et des Pelles est revenu le 21 mai dernier sur les deux parcelles du Bosquet du Lys.
Étude des sols organisée par la Chambre d’agriculture de l’Yonne avec l’appui du Conseil départemental de l’Yonne dans le cadre de sa politique Espaces Naturels Sensibles, cette dernière édition «Des racines et des pelles» était l’occasion pour la dizaine d’agriculteurs présents d’observer les effets de la végétation et du climat de l’hiver.
Accompagnés de Valérie Duchenes, pédologue à la Chambre d’agriculture, ils se sont intéressés à deux parcelles, l’une avec un historique de labour régulier («Labour»), l’autre en semis-direct depuis plus de 10 ans («SD»). Distantes de quelques mètres les deux parcelles étaient conduites à l’identique par l’agriculteur précédent, qui les amendait fréquemment avec des effluents d’élevage.

Première étape : l’observation de la surface
D’un premier abord «Labour» a l’air plus battante avec la présence de fentes de retrait. L’absence de résidus en surface est cohérente avec l’exportation des pailles durant l’été dernier. «SD» se distingue par les turricules et trous de vers de terre plus nombreux. Ensuite : les profils, creusés grâce au télescopique, selon la méthode Pépone. On retrouve dans «Labour» la trace du dernier labour, 3 ans auparavant, avec la présence des résidus enfouis. En surface la structure est grumeleuse, signe de la présence de matière organique (MO).
Les agrégats de plus de 2 cm pourraient laisser penser à de la compaction, cependant ils se délitent facilement et les racines les traversent sans difficulté. En profondeur, la roche-mère montre des concrétions noires, signes d’hydromorphie qu’il faudrait confirmer en analysant les teneurs en manganèse.

Un mauvais fonctionnement de la matière organique ?
Pas de limite nette sur les premiers centimètres pour «SD», la MO se répartit en gradient depuis la surface, caractéristique typique des sols non travaillés.
À noter des agrégats qui semblent plus compacts et des racines ayant plus tendance à emprunter les galeries de vers de terre.
L’absence de structuration du sol par la MO (malgré la présence de couverts, mais plus difficile en limon et sable qu’en argile) pourrait traduire un mauvais fonctionnement de cette MO.
De plus, cette structure définie par la circulation de l’eau pourrait correspondre aux irrigations pratiquées par le passé. L’hydromorphie semble par contre moins marqué que dans «Labour» et les galeries de vers de terre plus nombreuses.
Des pratiques anciennes que l’on retrouve aujourd’hui
Dans les deux cas, on retrouve la trace d’un ancien travail du sol à environ 35 cm de profondeur datant probablement de l’époque où il n’y avait qu’une seule parcelle. Les analyses chimiques indiquent un pH égal à 8, surprenant dans ces sols plutôt acides. L’explication a été fournie par la découverte de résidus de marnage, qui ont réagi au test à l’acide chlorhydrique. La CEC de 5.8 paraît faible étant donné l’historique de ces sols et le fait qu’elle dépende de la teneur en MO et en calcium. Mais la nécessité d’avoir de l’argile pour les retenir pourrait être une piste d’explication dans ces sols assez limoneux et où la kaolinite (argile pauvre, qui stocke peu d’ions dans ses feuillets, au contraire de la montmorillonite connue pour stocker le calcium) est répandue. Étant donné le climat sec de ces derniers mois, les vers de terre étaient peu nombreux et la plupart de ceux observés étaient roulés sur eux-mêmes (forme de diapause) pour survivre à la sécheresse. Les racines des céréales et les signes de vers de terre (individus, galeries, turricules) sont présents sur l’ensemble des deux profils et montrent des sols qui permettent une nutrition correcte des plantes.

Des sols-climax
Outre ces observations, ces journées sont l’occasion pour les participants d’en apprendre plus sur les sols. Par exemple, - les sols sont des climax dépendants du climat, de la roche-mère, de la végétation et des activités humaines - et la fertilité d’un sol est à la fois chimique (analyse), physique (profil) et biologique. Pour ce dernier thème on distingue la matière organique fraîche de l’humus (MO stable qui influe sur la structure). Les outils sont variés (tea bag, litter bag, analyse de fractionnement…). Les agriculteurs se sont aussi essayés à deviner si les racines présentes étaient mortes ou vivantes (les vivantes sont élastiques lorsque l’on tire dessus), ainsi que l’âge des vers de terre (les adultes ont une sorte de manchon autour de la tête, le clitelum, qui contient leurs organes reproducteurs). Ils ont par ailleurs pris conscience de l’importance de raisonner en termes de stocks et non pas de teneurs avec leurs analyses de sol. Pour les parcelles du Bosquet du lys, la prochaine étape aura lieu au printemps 2020 avec la mise en terre de sachet de thé pour suivre la matière organique. Pour Des Racines et des Pelles, l’aventure continue à travers le département avec plusieurs rendez-vous déjà envisagés : plateaux de l’Auxerrois, parcelles en bio, sols de craies…

Élodie Joudelat et Valérie Duchene, Chambre d’agriculture de l’Yonne

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