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NATIONAL

[Article mis en ligne le 05-07-2012]

Développement

Arbalou, aux "€œSources"€ de la vie dans le Haut Atlas

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La vallée des Aït Bouguemez s'étire sur 35 km à 1800 mètres d'altitude. C'est la vallée «des gens du milieu» en langue berbère, encadrée par les plus hauts sommets de l'Atlas central.
Tout a commencé par un «coup de foudre», pour une vallée d'abord, écrin de verdure dans le cadre impressionnant du Haut Atlas Central et pour ses habitants ensuite : des berbères accueillants, paysans pauvres, dont l'existence ramène à l'essentiel de ce qui fait la vie : l'eau, l'irrigation... sources d'abondance, la générosité, le partage. L'association Arbalou, est née de ces rencontres et apporte son appui à des projets de développement locaux en relation avec un tourisme de découverte.
En mettant pour la première fois, en 1984, ses pas dans les pas de son guide berbère, Françoise Pierson a appris à vivre au rythme du pays et de ses habitants. L'idée d'Arbalou a germé, mais il a fallu du temps, beaucoup d'énergie, de nombreuses rencontres et autant de liens tissés entre ici et là-bas, pour que les projets se concrétisent et surtout aboutissent. Le Maroc est presque à portée de main, mais ce Maroc-là est loin des images glamour des tours opérateurs du tourisme de masse. La vallée des AÏt Bouguemez du Haut Atlas Central, située à 4h30 de Marrakech, se mérite. Les randonneurs qui se livrent à l'assaut de ses sommets apprécient le soir l'hospitalité berbère autour du thé à la menthe, du pain trempé dans l'huile d'olive, des petits gâteaux «maison» au miel et aux noix. Cette forme de tourisme rural complète les revenus des habitants, paysans dans leur grande majorité.
C'est au travers de cet accueil, en découvrant au fil des années, les gens de la vallée, leur vie, leur travail, qu'un petit groupe d'amis bourguignons, appartenant pour la plupart au milieu agricole et au milieu associatif en France «a pris conscience de la fragilité de ce pays encore préservé, ancré dans ses traditions, mais menacé par l'invasion de l'industrie du touristique». Arbalou et ses projets sont nés de cette volonté partagée d'agir localement et de mobiliser les réseaux professionnels au service du développement agricole. Le pays manque de moyens pour accéder à la source de toute vie et de tout développement : l'eau. Mais les compétences et les bonnes volontés sur le terrain ne manquent pas. Encore faut-il pouvoir s'organiser entre ici et là-bas pour que les actions s'inscrivent dans la durée. Les obstacles administratifs, techniques, financiers sont légion et il faut savoir dépasser le fatalisme ambiant pour les lever.
C'est en s'immergeant dans un pays que l'on en approche la réalité culturelle et si la France est un terroir propice aux associations, sur place au Maroc et dans ce petit bout de l'Atlas, la culture associative n'existe pas, il fallait tout créer. «Nous sommes partis d'une page blanche» témoigne Françoise Pierson qui fait partie du premier noyau d'Européens engagés dans la démarche. Son expérience du montage de projets à la Chambre d'agriculture de Bourgogne a facilité les choses ; chaque membre d'Arbalou a ainsi apporté ses compétences et son réseau de relations. Le plus dur ? «La course de fond recommencée sans cesse pour trouver des financements, boucler des projets». Ainsi, pour l'un des derniers en date, la production de jus de pommes, il manque encore 5000 euros. «C'est pourtant un beau projet» défend Françoise Pierson, «un projet économiquement intéressant pour les producteurs de pommes et culturellement attractif pour les propriétaires de gîtes et les guides de randonnées dont les clients apprécieraient de boire quelque chose de plus couleur locale que l'incontournable Coca cola». Les pommiers prospèrent particulièrement bien dans cette vallée perdue. Le tourisme respectueux des habitants et de leur environnement aussi, les guides inscrivent ainsi à leurs itinéraires les réalisations et les aménagements qui améliorent la vie dans la vallée, tout en diversifiant les productions locales.
«La force d'Arbalou, c'est justement sa capacité à écouter les habitants pour faire émerger des projets de proximité qui s'articulent durablement sur le terrain» insiste Françoise Pierson. Le pays s'est un temps trouvé emporté dans la tornade blanche d'une ONG internationale, qui n'a pas pris le temps d'écouter les habitants, de mesurer leurs besoins réels et d'évaluer les moyens dont ils
disposaient. Le fast foood du développement n'a pas pris ici et quand la tornade est repartie, Arbalou a du reconstruire pierre par pierre ce qui avait été trop rapidement édifié.
Le travail est immense pour une association dont les moyens sont limités, mais chacun apporte ses compétences. Sur place un réseau associatif s'est également constitué, en relation avec une organisation touristique qui veut conserver son authenticité et son caractère rural. L'imagination et le bons sens des paysans berbères viennent compléter l'utilité des réalisations : ainsi, le premier réservoir et son système d'irrigation se sont enrichis d'un réservoir à abeilles et d'une production de menthe fraîche... Une «touche locale» qui satisfait tous les sens des touristes en attente d'un «tourisme réfléchi», en prise directe avec un pays et ses habitants.

ANNE-MARIE KLEIN

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