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YONNE

[Article mis en ligne le 31-03-2021]

Action syndicale

Les éleveurs en ont marre et le font savoir

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Les éleveurs sont allés au contact des consommateurs curieux, pour leur expliquer la situation.
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Tous sont ensuite allés au siège de Schiever afin d’exiger un rendez-vous avec la direction. Un contrat où le prix payé à l’éleveur serait davantage en adéquation avec le coût de production a été transmis (voir page 8).
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Vendredi 26 mars, une vingtaine d’éleveurs Icaunais et Nivernais se sont réunis au Auchan d’Avallon, afin d’exprimer leur ras-le-bol face à une rémunération en dessous de leur coût de production.
Vendredi 26 mars, une vingtaine d’éleveurs Icaunais et Nivernais se sont réunis au Auchan d’Avallon, afin d’exprimer leur ras-le-bol face à une rémunération en dessous de leur coût de production. Après avoir été à la rencontre du directeur et des bouchers du magasin, ils se sont rendus au siège de Schiever pour exiger un rendez-vous rapide afin de signer un contrat où le prix payé aux éleveurs absorberait le coût de production. Une action menée conjointement par les FDSEA et les JA de l’Yonne et la Nièvre.
«Aujourd’hui, il n’y a aucune valorisation du métier d’éleveur. Il y a même une dévalorisation ». Par ces mots, Arnaud Guyard, président de la section bovine de la FDSEA de l’Yonne, exprime tout le ras-le-bol des éleveurs, lors de l’action syndicale menée le vendredi 26 mars.
Dès 10 h 30, une vingtaine d’éleveurs de l’Yonne et la Nièvre se sont rassemblés devant le Auchan d’Avallon, pour demander à avoir enfin une rémunération à la hauteur des coûts de production. « Aujourd’hui, on vend des carcasses entre 3,80 et 4 euros le kilo, alors que notre coût de production est à 4,91 euros », indique Romaric Gobillot, président de la section bovine de la FDSEA 58. « C’est intenable et cela fait des années que ça dure. Là, on est à bout. Le but de cette action est de mettre la pression sur les magasins fournis par le groupe Schiever en vue de signer un contrat de production avec eux, où le prix payé à l’éleveur absorberait le coût de production ».
Car sur chaque kilo de carcasse produite, il y a un manque à gagner de 1 euro pour l’éleveur. Sans compter que le coût de production va s’accroître dans les prochaines années. « Deux choses vont augmenter le coût de production : les sécheresses successives, car les coûts des matières pour les animaux augmentent, et la suppression d’aides pour les éleveurs définies par la réforme de la nouvelle PAC (qui entrera en application en 2023) », continue Romaric Gobillot. « Le coût de production pourrait donc augmenter de 40 centimes ».

Le dialogue engagé avec Auchan
Dans le magasin, les éleveurs se sont rendus au rayon boucherie, afin d’exposer la situation au directeur et aux bouchers d’Auchan. « Parfois, entre la centrale et les magasins, tout le monde n’est pas au même degré d’information. On a souvent constaté que les magasins n’avaient pas connaissance du prix auquel est payé l’éleveur. Ils ne voient pas le prix de la carcasse mais de la viande. L’objectif est de leur faire prendre conscience de notre manque à gagner, pour qu’ils fassent remonter cela auprès de la centrale et que quelque chose soit fait », continue Romaric Gobillot.
Aussi, tous ont pris le temps de regarder la marchandise mise en vente dans les rayons. « Il ne faut pas non plus oublier que la loi Égalim, qui a été votée et qui doit rentrer en application pleine début 2023, est une loi qui impose aux GMS (grandes et moyennes surfaces) d’avoir dans leurs rayons 40 % de leurs produits sous signe de qualité (pour la filière viande bovine). Aujourd’hui, on en est loin », reprend Arnaud Guyard. Les produits sous signe de qualité prennent en compte un prix de revient pour les éleveurs.
Pour les éleveurs, les produits étrangers, à faible coût, proposés par les GMS sont de la concurrence déloyale et la mort annoncée de l’élevage français. « On trouve chez vous du gigot de Nouvelle-Zélande qui est trois fois moins cher que le gigot français. Comment on fait nous derrière ? Vous devez refuser cela, ce n’est pas normal », s’indigne Jean-Charles Seutin, polyculteur-éleveur dans la Nièvre.

Un contrat transmis à Schiever
Le groupe d’éleveurs a ensuite pris la direction du siège de Schiever, afin d’exiger un rendez-vous rapide avec la direction, dans le but de signer un nouveau contrat (qu’ils ont transmis à Arnaud Biger, directeur commercial des achats du groupe, venu à leur rencontre) où le prix payé à l’éleveur absorberait le coût de production. « L’idée de ce contrat est de construire ensemble, avec Schiever. On ne veut pas leur imposer des choses, mais dialoguer pour avoir un contrat où toute la filière puisse s’y retrouver. Car on a conscience que les abatteurs et la grande distribution sont parfois autant en difficulté que nous », confie Romaric Gobillot. Ce dernier assure que les éleveurs «ne remettent pas en cause le travail fait par le groupe Schiever, qui fonctionne avec des producteurs locaux. Ce que l’on demande, c’est seulement d’être payé à notre juste valeur».
Si le dialogue était le maître mot de la journée, les éleveurs veulent cependant une réponse rapide de la part du géant de la grande distribution. «Clairement, on n’attendra pas encore longtemps. Il faut que le mois prochain on ait une réponse claire, ferme», affirme le président de la section bovine de la FDSEA de la Nièvre.
Les éleveurs ont d’ores et déjà prévenu : s’ils n’ont pas une réponse rapide, ils réitèreront leurs actions, mais cette fois-ci, avec plus de poigne. Pour l’heure, un rendez-vous est programmé le jeudi 8 avril entre les présidents des sections bovines des FDSEA de l’Yonne et la Nièvre, et le groupe Schiever, où un nouveau contrat devrait être signé.

Christopher Levé

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