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[Article mis en ligne le 04-02-2021]

Manifestation à Nevers

Les agriculteurs disent non à la surtransposition des normes

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Nicolas Saillard, le vice-président de la FDSEA a jugé la mesure de directive nitrate inadmissible et faite en dépit du bon sens.
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Emmanuel Bernard, le président de la FDSEA a expliqué aux parlementaires et au préfet les revendications de la profession.
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Les agriculteurs ont massivement répondu présent à cette mobilisation qui s’est déroulée dans le calme.
Les agriculteurs du département ont répondu présent vendredi 29 janvier à l’appel de la FDSEA et des JA contre le changement des règles du jeu pour les dossiers d’indemnisation des calamités et contre la surtransposition des normes européennes. Une délégation a rencontré le préfet et les parlementaires en fin de journée.
Trop c’est trop ! Tel était le message de la FDSEA et des JA vendredi dernier. Venus des quatre coins du département, les agriculteurs ont convergé en tracteurs en début d’après-midi vers la préfecture à Nevers encadrés par un dispositif policier important. Leur colère, les exploitants du département l’ont affiché clairement sur une bâche noire sur laquelle on pouvait lire :
« France dignement on te nourrit, bureaucratie de Paris, tu nous anéantis, politiques bien lotis, point tu ne réagis ».
Aux cœurs de leurs revendications il y avait entre autres : le changement de règles du jeu en matière d’indemnisation des calamités agricoles, la surtransposition des normes agricoles et la loi Égalim qui selon eux, ne porte toujours pas ses fruits.
Cédric Bernier, trésorier des JA nous en dit plus sur ce mouvement de protestation : « Notre dossier d’indemnisation des calamités devait être étudié le 20 décembre mais il a été reporté au 18 février avec une proposition du ministère de l’Agriculture d’utiliser des cartes Géosis en lieu et place des cartes Isop. Sauf que ce changement est totalement défavorable pour la profession car la carte Isop fait une moyenne de pousse fourragère sur quinze ans contre trois pour Géosis. Ce qui reviendrait à dire que la quantité de fourrage est équivalente aux années précédentes ce qui n’est pas vrai. Je rappelle que la FDSEA et les JA avaient demandé une perte de 60 % dans le Morvan et 50 % pour le reste du département. Aujourd’hui avec cette nouvelle carte, seules cinq communes sont au seuil de déclenchement des 30 % minimum. C’est un manque à gagner de 16 millions d’euros » explique le trésorier JA. Juché sur une remorque en guise de tribune, Emmanuel Bernard, président de la FDSEA estime lui que ce changement de posture est inacceptable : « Nous sommes confrontés depuis 25 ans aux mises aux normes, aux réglementations en tout genre et nous nous sommes toujours adaptés. En revanche, il nous est impossible de nous adapter à des règles du jeu qui changent en cours de route. Nous n’avons pas le droit de doucher les espoirs d’une situation que l’on n’a pas voulue. Nous demandons au ministère de l’Agriculture via la préfecture qu’une réunion soit organisée au plus vite avant l’instruction du dossier par la CNGRA » a martelé le président de la FDSEA à la tribune.

ICPE et Zone vulnérable : deux mesures qui ne passent pas
C’est le deuxième sujet de revendication : le classement de 45 nouvelles communes en zone vulnérable situées sur la zone Loire Bretagne, une zone principalement tournée vers l’élevage. Cette nouvelle classification tient compte, entre autres, de la teneur d’azote dans l’eau. Pour les syndicats, ce zonage et les méthodes de calcul ne tiennent pas compte des conditions climatiques qui empêchent l’implantation des Cipan en période de fortes chaleurs. Elles ne peuvent donc pas jouer leur rôle de pièges à nitrates. « Les agriculteurs ne peuvent donc pas être tenus responsables des évolutions climatiques » estiment la FDSEA et les JA. Pour eux « le classement en zone vulnérable entraîne un investissement de mise aux normes non productif pour les éleveurs, alors que l’économie des exploitations est déjà mise à mal par trois sécheresses successives » De ce classement en zone vulnérable découle la directive nitrate qu’une exploitation est tenue d’appliquer dès lors qu’elle se trouve dans le périmètre.
« Cette directive Nitrate qui est en cours d’élaboration n’est pas satisfaisante pour la partie végétale. Depuis plusieurs années, nous avons des difficultés pour préparer le terrain, semer et faire lever du colza qui est une culture de rente. Mais cette réglementation prévoit l’implantation de couverts en interculture courte avant les céréales, pour faire des pièges à nitrates avec des plantes qui ne pousseront probablement jamais. C’est pour moi inadmissible et fait en dépit du bon sens » s’est exprimé à son tour Nicolas Saillard, le vice-président de la FDSEA. Enfin le dernier sujet concerne les ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement). C’est une mesure qui vise à encadrer les modalités de stockage et d’épandage. Elle concerne les exploitations de 100 vaches allaitantes ou 50 vaches laitières. Ce texte vient une fois de plus durcir le travail des agriculteurs qui n’en avaient pas vraiment besoin. Parmi les nouvelles obligations on peut citer : l’obligation de couvrir les tas de fumier, mise en place de délais d’épandage… Les syndicats réclament l’abandon pur et simple du projet.

Les parlementaires et élus locaux à la rencontre des manifestants
Coïncidence du calendrier, les parlementaires, accompagnés des élus régionaux, départementaux et communaux, étaient en réunion au même moment à la préfecture. Les préfets les ont enjoints à venir s’exprimer à la tribune et entendre les revendications des agriculteurs. Parmi les réactions, celle de Perrine Goulet, députée de la première circonscription : « Je serai intransigeante sur la partie des normes car il y a, à l’heure actuelle beaucoup de textes qui nous arrivent sans passer par le parlement. Or nous avons été élus pour décider et pour vous représenter. Il n’est pas normal que des normes aussi importantes soient décidées ainsi depuis un bureau. Par ailleurs, il faut aller développer les outils de transformation pour créer une filière locale » s’est exprimée la députée. Les parlementaires devraient signer prochainement un texte commun avec les syndicats au sujet de ces surtranspositions de normes.

Théophile Mercier

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