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[Article mis en ligne le 20-01-2021]

Diversification

Le projet de méthaniseur se précise à Cosne-sur-Loire

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De gauche à droite : Antoine et Didier Guyon, Cyrille Forest et Christophe Bonnard réunis lors d’une conférence de presse à l’antenne cosnoise de la Chambre d’agriculture.
Lancée il y a six ans par Didier Guyon, céréalier à Mesves-sur-Loire, cette unité de méthanisation devrait voir le jour à l’horizon 2023. Désormais portée par un collectif de quatre agriculteurs nivernais, cette dernière devrait permettre la valorisation des déchets produits par l’abattoir de Cosne-sur-Loire et alimenter 1 500 foyers. Ce collectif a tenu à apporter des précisions sur les détails du projet quelque peu contesté ces derniers jours.
C’est un projet agricole encore peu développé dans le département. Didier Guyon, Cyrille Forest, Christophe Bonnard et Jérémie Jaupitre ont décidé de se réunir en collectif pour mettre sur pied une unité de méthanisation sur la commune de Cosne-sur-Loire. L’originalité de ce projet tient au profil des quatre porteurs de projet : ils sont tous exploitants agricoles alors qu’en règle générale, ce sont plutôt des industriels qui initient ce type de dossier. Appelé Val de Loire Biogaz, ce méthaniseur va consommer uniquement des intrants végétaux issus des exploitations et des coproduits comme des déchets verts et des déchets de l’abattoir.
Cela va permettre de valoriser les déchets produits par l’abattage des animaux et d’économiser des frais de transport d’équarrisseur estimés entre 70 000 et 100 000 euros. Grâce à cette base d’alimentation, le fertilisant naturel appelé digestat, qui est obtenu à la fin du processus de méthanisation, sera valorisé dans les champs des associés. Son utilisation est possible également en agriculture biologique. Des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) vont être incorporées dans les rotations culturales des quatre exploitations, cela va permettre de produire trois cultures en deux ans en complément des cultures alimentaires. Ces CIVE seront dédiées au méthaniseur et ainsi les sols des parcelles agricoles seront couverts toute l’année.
Le choix de l’emplacement a été guidé par la proximité immédiate avec le réseau de gaz et centré avec les champs. «Il faut préciser que malgré la qualité du montage financier, nous n’avons pas reçu de subventions. Il a donc fallu rassurer les investisseurs sur la pérennité de notre projet» explique Cyrille Forest.

Un emplacement stratégique
Le biométhane (biogaz épuré) sera injecté dans le réseau de distribution de GRDF existant et permettra d’approvisionner environ 1 500 foyers ou bus roulant au gaz naturel. La qualité des accès routiers et autoroutiers a été un autre élément décisif pour l’emplacement du méthaniseur. «Ce dernier sera situé entre l’aérodrome et l’entreprise Auto Pièces 58. À cet endroit se trouvent des parcelles agricoles qui sont difficilement cultivables» précise Cyrille Forest. Didier Guyon ajoute : «Nous avions deux contraintes : qu’il n’y ait pas de maisons à proximité d’une part et que l’unité de méthanisation soit orientée dans le sens des vents dominant d’autre part afin d’éviter les éventuelles propagations d’odeurs» explique Didier Guyon initiateur historique du projet. Ce maillage permet donc de limiter les traversées des villages. Le rayon d’action est très court : 8 km en moyenne. Selon les promoteurs du projet, le biométhane injecté permet aujourd’hui d’émettre 90 % de moins de CO2 équivalent que le gaz naturel fossile en considérant toute sa chaîne de valeur. Par ailleurs, le processus de fermentation de la matière est confiné car il doit se faire en l’absence d’oxygène. Les cuves en béton sont recouvertes d’une membrane étanche qui recueille le biogaz issu de la fermentation. Le risque d’odeurs se situe donc uniquement sur la zone de stockage des matières entrantes. Des végétaux mal stockés peuvent sentir mauvais, tout comme le tas de compost au fond du jardin. Pour préserver ainsi de toute nuisance olfactive, le stock sera bâché. 8 000 tonnes de CIVE et 2 000 tonnes de déchets par an vont permettre de produire 9 000 tonnes de digestat. Ce dernier sera ensuite épandu sur les parcelles diminuant ainsi de 30 % les engrais chimiques. «Ce projet donne des perspectives dans les zones intermédiaires à faible potentiel car il constitue une diversification non négligeable pour les agriculteurs intégrés au projet. Avec, en plus, de la sérénité car le tarif du gaz est bloqué et fixé à l’avance. Il sera même revalorisé sur quinze ans en fonction de la quantité de gaz produite. Il faut ajouter qu’il s’agit d’un projet de territoire qui est soutenu par les parlementaires, les élus régionaux et départementaux, la communauté Cœur de Loire et la mairie de Cosne-sur-Loire. Sans oublier non plus, les services de l’État au travers de la DDT qui nous soutiennent également» a précisé Didier Guyon, président de la SAS Val de Loire Biogaz. «Il est important que les élus locaux comprennent notre projet pour mieux répondre aux inquiétudes des administrés» estime de son côté Christophe Bonnard.

L’emploi local préservé
Ce projet territorial va permettre la création directe d’ici 3 ans, d’un emploi en la personne d’Antoine Guyon. Le jeune homme vient de terminer sa formation de responsable de site de méthaniseur agricole qu’il a suivi en alternance au lycée agricole de Bar-le-Duc dans la Meuse et sur une unité de méthanisation en injection gaz dans l’Aube. Cette formation lui a permis d’être retenu pour piloter le méthaniseur de la SAS Verrières Céréales Trouy dans le Cher qui injecte depuis le 15 juin dernier.
Ce site a la particularité d’être identique à l’unité de méthaniseur qui sera installée à Cosne-sur-Loire. «L’objectif est aussi de pérenniser l’emploi des ouvriers de nos exploitations respectives. Nous réfléchissons à les intégrer dans ce projet» précise Christophe Bonnard. Pour l’heure, il est plus que nécessaire de faire de la pédagogie car le projet inquiète certains riverains qui n’ont pas hésité à faire circuler des tracts dans lesquels il est écrit des chiffres complètements erronés et en dehors de la réalité. Afin d’être le plus clair possible, le collectif d’agriculteurs organise une réunion d’information sur le site du futur méthaniseur le 13 février à 14 heures. Cette réunion permettra sans doute d’enrayer les inquiétudes liées à ce type de projet.

Théophile Mercier

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