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YONNE

[Article mis en ligne le 14-10-2020]

Viticulture

Un projet de recherche pour lutter contre l’enroulement viral

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Une cinquantaine de viticulteurs étaient présents au BIVB, le mercredi 7 octobre, pour assister au lancement du projet Lutenvi.
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Le projet est porté par le groupe Jeunes de La Chablisienne avec pour objectif de mener des recherches dans un coteau à Courgis, afin de lutter contre l’enroulement viral.
Le mercredi 7 octobre, une cinquantaine de viticulteurs étaient présents au BIVB pour assister au lancement du projet Lutenvi. Un programme porté par le groupe Jeunes de La Chablisienne avec pour objectif de mener des recherches dans un coteau à Courgis, pour lutter contre l’enroulement viral, un virus de la vigne.
L’enroulement viral, un virus de la vigne, est devenu préoccupant pour les vignerons. Un virus qui cause de nombreux phénomènes de dépérissement du vignoble : la diminution du volume foliaire, une perte de vigueur, l’apparition et la propagation des symptômes dans le temps, la diminution des rendements, et des taux de mortalité importants.
Afin de trouver des solutions face à cette problématique, le projet Lutenvi a été lancé. Un programme porté par le groupe Jeunes de La Chablisienne, en partenariat avec le BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne), l’Inrae, le comité Champagne, le Civa (Comité interprofessionnel des vins d’Alsace), la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire et la société Chouette. « L’enroulement viral est un gros problème qui entame notre potentiel de rendement », indique Camille Balacey, président du groupe Jeunes de La Chablisienne. « L’objectif principal est de sécuriser notre potentiel de rendement sur le long terme. C’est une maladie qu’on connaît mal. Le but est de l’étudier suffisamment longtemps (le projet est basé sur 4 ans sur une parcelle de 40 ha à Courgis, ndlr) et de trouver des méthodes de lutte ou au moins de ralentissement. Des méthodes qui soient applicables sur l’ensemble du vignoble icaunais mais aussi français ». Car le programme Lutenvi s’inscrit dans un projet national dans lequel on compte trois autres coteaux : en Alsace, en Champagne et dans le Mâconnais. « On a choisi de mettre en place ce projet pour être acteur face à cette problématique », ajoute Yannick Collon, vice-président de La Chablisienne.

Un virus pouvant être asymptomatique
Si l’enroulement viral se développe dans les vignes, c’est à cause de la cochenille (un petit insecte piqueur suceur) qui se nourrit de sève élaborée provoquant des dégâts sur les végétaux. « Le projet Lutenvi a pour objectif d’étudier à la fois le virus mais aussi le vecteur pour trouver des solutions », poursuit Camille Balacey.
Cependant, « la complexité de ce virus c’est qu’il peut être asymptomatique. Des pieds de vigne sont malades mais on ne le voit pas forcément. Par contre, si un foyer est présent dans la vigne, il peut se propager rapidement », explique-t-il. « Cela entame le potentiel génétique également. Parfois, on veut sélectionner des plants pour les reproduire et les planter. Mais on va se retrouver à sélectionner des plants malades sans le voir. Car le seul moyen de voir si un plant est malade est de faire une analyse ADN ».
Mais que pourrait expliquer le développement de ce virus ? Si l’on pense immédiatement aux évolutions climatiques, cela ne serait pas la seule raison. « Il y a aussi l’arrêt des insecticides de ces dernières années », répond Yannick Collon. « Avant, il y avait des insecticides à large spectre, qui nettoyaient tout, ce qui n’est plus le cas. Et cela favorise l’apparition de virus que l’on ne voyait pas avant. Depuis 2000 et l’arrêt de l’arsénite de soude, on ne fait que courir après les maladies. L’esca est notamment ressortie. Et on est en permanence face à de nouvelles maladies qui arrivent. Pour l’instant, le seul remède que l’on a, c’est l’arrachage et le repiquage ».

Un budget de 500 000 euros
Le projet est doté d’un budget de 500 000 euros, prévu sur 4 ans, financé par le plan national de dépérissement du vignoble, aux fonds provenant des interprofessions (comme le BIVB), ainsi que du ministère de l’Agriculture et de France AgriMer. « La première année sera plus consacrée à la prospection et à l’état des lieux des coteaux. Puis, nous serons sur la mise en œuvre des éléments de lutte, les années suivantes », détaille Héloïse Mahé, responsable de la coordination technique au BIVB.
Quant à la première étape ? « Cela consistera à faire la cartographie du coteau de Courgis en arpentant les rangs et en reconnaissant les symptômes de la maladie », poursuit Héloïse Mahé.
Un travail qui sera fait par les viticulteurs participants au projet. La mise en place des premiers moyens de lutte ne devrait pas intervenir avant 2022.

Christopher Levé

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