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YONNE

[Article mis en ligne le 08-10-2020]

Cultures

Le sapin de Noël, la culture du bonheur

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La coupe des sapins de Noël débutera après le 11 novembre.
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Christophe Mauny produit des sapins de Noël depuis 1988.
Agriculteur basé à Brion, Christophe Mauny cultive des sapins de Noël depuis 1988. Il possède aujourd’hui 40 hectares dans le Morvan et 40 hectares dans le reste de l’Yonne. Une production qui subit aussi les aléas climatiques de ces dernières années. En trois ans, l’agriculteur a perdu autant de plants que sur les 30 années précédentes.
Agriculteur à Brion, Christophe Mauny cultive du sapin depuis 1988. «J’ai commencé à les commercialiser entre 1993 et 1995 car il faut entre cinq et sept ans avant d’avoir des sapins à vendre», indique-t-il.
C’est sur le plateau du Pays d’Othe que Christophe Mauny plante ses premiers sapins. «Ils poussaient moyennement bien alors je suis ensuite allé acheter des terrains dans le Morvan. Aujourd’hui, j’ai 40 hectares dans le Morvan et autant dans le reste du département».
En ce qui concerne les variétés, «je suis environ à 70 % de Nordmann, 5 % de Nobilis et 25 % d’Épicéa. Le Nordmann est vraiment le cœur du marché. C’est un sapin qui sent bon, qui ne perd pas ses aiguilles. On le cultive dans le Morvan car c’est une variété océanique. Dans le reste du département, c’est un sapin qui est compliqué à faire pousser».
Alors, comment se cultive le sapin ? «On commence à planter des sapins à l’âge de 4 ans. Ils ont deux années de semis et deux années de repiquage. On plante en pleine terre à la quatrième année», explique Christophe Mauny. «En général, une rotation se fait sur une dizaine d’années. Il y a environ 8-9 ans de production et 1 ou 2 années d’intercultures pour remettre la terre propre, broyer toutes les racines, laisser reposer la terre, l’enrichir. Ensuite, la rotation reprend. Pendant les années d’intercultures, je cultive de la moutarde, du chanvre ou de l’avoine, que je récolte ou non. Et j’en profite pour faire des amendements organiques et calciques».

Une culture sensible aux aléas climatiques
Le sapin de Noël est une culture, «au même titre que du maïs, du tournesol ou autre», tient à préciser Christophe Mauny. «Sauf que la rotation est plus longue que les autres cultures».
Et comme les autres cultures, le sapin de Noël souffre des aléas climatiques de ces dernières années. «Sur les trois dernières années, j’ai perdu autant de plants que sur les 30 années précédentes, à cause des sécheresses d’été et de printemps, et des automnes humides où on ne peut plus planter dans de bonnes conditions. Cette année, j’ai l’impression qu’on est à nouveau en train de prendre le même schéma».
Si le Nordmann résiste relativement bien à la sécheresse, les deux premières années sont cruciales. «Il est résistant à condition qu’il soit bien enraciné. Jusqu’à la troisième année, on peut avoir des pertes à cause des fortes chaleurs», assure-t-il.
Une production locale
Pour Christophe Mauny, la période de coupe approche à grand pas. «Pour moi, la coupe débute après le 11 novembre. On commence par les sapins pour les communes, qui vont rester dehors. Le cœur de la coupe se fait entre le 20 et le 30 novembre. Et cela va jusqu’au 15 décembre», détaille l’agriculteur.
Des saisonniers sont engagés durant cette période. «On est entre 25 et 30 personnes en pleine saison, dont six personnes qui sont là à plein temps tout au long de l’année. Les saisonniers, ce sont beaucoup de locaux, des fils d’agriculteurs ou des agriculteurs qui se dégagent du temps pour venir. Actuellement, je suis toujours en recherche de main-d’œuvre pour la période de la coupe».
Une fois coupés, les sapins de Noël de Christophe Mauny ne voyagent pas beaucoup. Le but est de faire du local. «Environ 70 % de mes sapins sont vendus dans l’Yonne. Et 90 % de nos sapins sont vendus dans un rayon de 150 km», précise-t-il. «Mes sapins sont vendus aux GMS (grandes et moyennes surfaces) ainsi qu’aux jardineries, fleuristes, écoles et communes».
Le prix en magasin varie selon la taille. «Un Nordmann va d’une quinzaine d’euros pour les plus petits à 45 € pour les plus grands, avec un prix médian de 25 à 30 € pour un sapin de plus ou moins 1,50 m. Pour l’Épicéa, il faut compter une dizaine d’euros de moins».
Véritable symbole de Noël, le sapin possède un marché stable. «Il y aurait même une légère augmentation des ventes. On a remarqué, depuis 25 ans que je vends des sapins, que les années difficiles sont généralement de bonnes années à sapins. Car les gens en ont besoin pour se sentir mieux».
Dans un contexte de crise sanitaire, il y a fort à parier que beaucoup de particuliers voudront apporter un peu de gaieté chez eux en cette fin d’année. «Les gens veulent un beau sapin pour mettre chez eux. Et chaque personne en veut un différent. Certains l’imaginent bien large, d’autre fin, grand ou plus petit. Lorsque l’on voit les gens venir chercher leur sapin, on voit à chaque fois que c’est un moment de joie. Cela apporte de la lumière et du bonheur dans les maisons», conclut Christophe Mauny.

Christopher Levé

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