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YONNE

[Article mis en ligne le 15-07-2020]

Moissons

La complexité des plateaux Bourguignons

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Pour Denis Perrault, « nous allons avoir la plus mauvaise récolte que nous n’avons jamais eue » en pois d’hiver.
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Sur les plateaux, les rendements sont mauvais cette année, à l’image de la quasi-totalité du département.
Alors que les moissons continuent dans le département, un point est fait sur les rendements au niveau des plateaux. Et comme pour les autres secteurs du département, la récolte n’est pas fameuse. La sécheresse et la problématique insectes n’ont pas arrangé les choses cette année, avec des rendements moitié moins bons pour certains, par rapport aux années précédentes.
L’agriculture icaunaise semble unanime : la récolte 2020  n’est pas bonne en rendements. Et ce ne sont pas les agriculteurs des plateaux qui diront le contraire. « Pour les orges d’hiver, c’est très hétérogène, encore plus que les autres années », indique Franck Ménard, agriculteur à Noyers-sur-Serein. « Pour moi, cela va de 12 à 35 q/ha, en fonction du sol. Plus on a de cailloux, moins on a de rendement car il y a moins de réserves hydriques, donc la culture a davantage souffert du sec ».
Chez Denis Perrault, agriculteur à Fontenailles, la moisson a commencé avec « l’une des dates les plus précoces que l’on ait eu, le 26 juin. Avec des rendements pour les orges d’hiver allant de 30 et 40 q/ha au lieu de 60 à 70 q/ha en temps normal ».
Quant au colza ? « Les rendements vont de 20 à 40 q/ha suivant les endroits, mais avec une moyenne inférieure à 30 q/ha. Chez certains voisins, les rendements pour le colza commencent à 0 q/ha sur des grandes surfaces ».
Des rendements faibles en colza qui s’expliquent une nouvelle fois par la forte pression insectes et les conditions météorologiques. « Aujourd’hui, avec de moins en moins de produits homologués pour défendre le colza des ravageurs, on en arrive à bientôt ne plus pouvoir cultiver du colza », confie Denis Perrault. « C’était la culture principale dans le département, avec le blé, il y a encore quelques années. Je suis très pessimiste sur l’avenir du colza dans l’Yonne. Il est en train d’être abandonné par bon nombre d’agriculteurs. Et pour ceux qui le conservent, ils ont des surfaces de 30 à 80 % inférieures à ce qu’ils faisaient avant ».

Les difficultés persistantes pour la culture du colza
Le colza n’est pas la seule culture à avoir été touchée par les insectes cette année. « Il y a la problématique des pucerons sur les pois d’hiver, à cause d’un hiver doux, sans froid », explique Franck Ménard. « Malgré un insecticide que j’ai fait à l’automne, comme d’habitude, cela n’a pas suffi car d’autres sont revenus derrière », ajoute-t-il. « Le puceron apporte des viroses en prenant de la fève dans la plante pour se nourrir. Celui-ci introduit une virose qui détruit petit à petit la plante ».
Alors, les rendements en sont impactés. « Cette année, on sera à peine à 30 q/ha, au lieu de faire les 60-65 q/ha que l’on faisait historiquement. Un de mes voisins à fait 18 q/ha de moyenne. Les rendements de cette année sont quasiment la moitié (50 q/ha, ndlr) de ceux de l’an dernier, qui n’était déjà pas une bonne année », assure Franck Ménard.
« Pour les pois d’hiver, nous allons avoir la plus mauvaise récolte que nous n’avons jamais eue », affirme même Denis Perrault. « Chez certains voisins, il y a des parcelles à 0 q/ha. Il y a eu trop d’eau au moment de l’implantation puis quasiment plus d’eau ensuite. Cela a énormément joué ».

Le blé pour limiter la casse
Et pour le blé ? « C’est la bonne surprise », avoue Denis Perrault. « Nous sommes dans la moyenne de ce que nous faisons habituellement. Nous allons de 50 à 70 q/ha (chiffres au 9 juillet) mais ce n’est que le début ». « Visuellement, c’était mieux et cela se confirme sur ce début de récolte », confirme Franck Ménard. « Cela devrait tourner autour de 45-50 q/ha (chiffres au 10 juillet). L’an dernier, j’étais à 65 q/ha », constate-t-il tout de même. « Il n’y aura peut-être « que » 15 à 20 % de moins par rapport à l’an dernier. C’est déjà beaucoup, mais moins que les 50 % en moins sur d’autres cultures », conclut Franck Ménard.

Christopher Levé

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