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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 02-07-2020]

Moissons

Pas d’insecticides, pas d’orges

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Les rendements d’Aurélien Viellard vont presque du simple au double à Labergement-lès-Seurre. Les quantités de paille sont divisées par trois à cause de la JNO.
Un agriculteur du Val de Saône terminait la récolte de ses orges d’hiver la semaine dernière, en observant de nombreux dégâts liés aux attaques de pucerons.
Le Val de Saône a observé une très forte pression d’insectes à l’automne. Aujourd’hui, les agriculteurs en évaluent les conséquences à travers leurs récoltes. À Labergement-lès-Seurre, Aurélien Viellard n’avait jamais vu autant de pucerons. Ni même son père âgé de 75 ans. «Ces insectes, qui n’ont pas cessé de piquer les feuilles, sont à l’origine de la jaunisse nanisante de l’orge. Les symptômes sont apparus au printemps, quand les plantes sont censées repartir de l’avant. À ce moment-là, les cultures impactées étaient chétives et commençaient à jaunir», fait remarquer le jeune Côte-d’Orien. Ce dernier obtient une moyenne de 65 q/ha cachant d’énormes disparités : «l’efficacité des insecticides aura été déterminante sur les résultats. Mes rendements vont de 51 q/ha à 90 q/ha avec un seul traitement. Les collègues qui ont semé très tôt et qui n’ont pas appliqué de produits ont très souvent retourné leurs parcelles, c’est notamment le cas d’un voisin qui l’a fait pour remettre du maïs sur 14 ha. À l’inverse, ceux qui ont semé tard en passant le pulvérisateur à deux reprises s’en sortent un peu mieux. Dans le secteur, on peut estimer que 40 % des orges sont touchées. La qualité est en revanche au rendez-vous. Je ne connais pas les différentes moyennes mais pour ma part, le calibrage est supérieur à 85 et un taux de protéines s’élève à 10,5. La récolte aurait sans doute été très belle sans ces insectes».

Et maintenant, le blé ?
La JNO reste relativement rare dans le secteur de Labergement, comme le rappelle Aurélien Viellard : «nous avons, quelques fois, deux ou trois ronds au milieu de parcelles, mais jamais des parcelles entières comme cette année. Je ne connais pas la raison d’une telle pression d’insectes à l’automne. Le temps que nous avons eu ? La baisse du nombre d’insecticides à disposition ? Je ne peux pas répondre. En tout cas, je m’attends à constater des problèmes similaires dans mes blés. Certaines parcelles pourraient donner des rendements allant là aussi du simple au double». L’agriculteur pointe du doigt l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes : «il était possible, jusqu’à présent, de traiter les semences au Gaucho et d’éviter ce type de dégâts dans les orges. Désormais, il faut sortir le tracteur et le pulvérisateur à des moments clés, pour une ou deux applications foliaires de karate zeon sans la moindre certitude sur les résultats». Les récoltes de colza et de moutarde devraient, heureusement, beaucoup mieux s’en tirer : «les cultures présentent un bel aspect. Nous ne sommes pas autant impactés par les grosses altises que les autres secteurs du département. Des pièges ont toutefois démontré la présence de larves. Elles sont là, et la problématique des solutions chimiques pèse là aussi : le Patton ne sera plus utilisable à l’automne, et il paraît que le Boravi n’est guère mieux embarqué».

Aurélien Genest

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