Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

YONNE

[Article mis en ligne le 25-06-2020]

Terres Inovia

Bien préparer son implantation de colza

photo article
Michael Geloen analyse le sol pour voir s’il est utile ou non de le travailler en profondeur lors de l’implantation du colza.
photo article
Il est conseillé de réaliser des tests bêches dès maintenant, comme ici, le vendredi 19 juin, à Sépeaux.
photo article
Michael Geloen a longuement abordé les points essentiels pour bien préparer son implantation de colza.
Vendredi 19 juin, un tour de plaine a été organisé par la Chambre d’agriculture de l’Yonne et Terres Inovia. La préparation de l’implantation de colza a longuement été abordée devant une dizaine d’agriculteurs, curieux d’avoir des bons conseils pour réussir la production d’une culture en difficultés dans le département depuis quelques années.
C’est à Sépeaux, chez Hervé Bailliet et Stéphane Joet, à la Ferme du vent de Bise, où se sont rassemblés une dizaine d’agriculteurs, le vendredi 19 juin, pour une matinée dédiée à la préparation de son implantation de colza. Un moment d’échanges et de conseils, organisé par la Chambre d’agriculture de l’Yonne et Terres Inovia.
Alors que l’Yonne était le premier département producteur de colza de France il y a quelques années, la culture a bien du mal à se développer depuis quelque temps. La faute notamment à une forte pression insecte, avec des grosses altises causant d’importants dégâts. «Il faut changer la façon de faire pour que le colza puisse se développer», assure Michael Geloen, conseiller technique à Terres Inovia.
Pour cela, la préparation est importante et se fait à plusieurs niveaux. «Le premier, c’est l’implantation. Tout d’abord au niveau du travail du sol, avec en lien la réserve hydrique», indique-t-il. «L’idée est de faire dès maintenant des tests bêche dans les parcelles pour regarder s’il faut faire ou non un travail profond. Le but est de ne pas du tout assécher le sol. Il faut retenir que pour réhumecter un centimètre de sol sec il faut deux millimètres d’eau. Si un travail profond n’est pas nécessaire, autant gérer tout en superficiel pour essayer de garder au maximum la fraîcheur présente dans la parcelle».
Ce dernier conseil également de «bannir les outils de type herses rotatives, car il n’y a rien de pire pour assécher le sol».

Contrer la forte pression insecte
Deuxième niveau : la densité de semis. «Il y a plusieurs valeurs à avoir : 4 feuilles mi-septembre, 20 g par plante mi-octobre et 45 g par plante début décembre. Plus la plante sera vigoureuse à l’automne et plus elle sera résistante face aux insectes. On a donc tout intérêt à baisser la densité de semis et viser 25 à 35 pieds levés par mètres carrés», conseille Michael Geloen. «La date de semis est importante pour avoir les 4 feuilles mi-septembre. Il faut être prêt au 1er août et être réactif pour semer avant les pluies».
Le troisième niveau concerne la croissance continue de la plante. «Il faut que le colza pousse tout le temps et qu’il passe de 20 g par plante à 45 g par plante. Pour cela, il faut apporter de la matière organique (fumier, compost…) ou de l’engrais localisé au semis», détaille Michael Geloen. «L’intérêt avec l’organique, c’est que cela accompagne de façon plus continue la plante sur l’automne».
Avec la forte pression des grosses altises et des pontes qui vont du 15 septembre au 15 octobre, il est essentiel d’avoir un colza suffisamment costaud pour résister. «On ne peut pas tout miser sur l’insecticide. C’est vraiment l’accumulation d’un colza qui démarre vite, qui pousse en continu sur l’automne et auquel on rajoute une stratégie insecticide, qui fait que l’on peut, dans les situations à forte pression insectes, arriver à sortir du colza».
Quant au quatrième niveau ? «C’est le choix variétal. Il vaut mieux essayer de prendre des profils de variété qui ont une croissance à l’automne, une vigueur de départ et une reprise précoce en sortie d’hiver. Pour que le bouton monte avant que les larves des grosses altises aient le temps d’arriver et entraînent la destruction du bouton», développe Michael Geloen. Parmi les variétés intéressantes, on retrouve Feliciano Kws, LG Aviron, Cadran, Picasso, ou encore Addition.
Le dernier niveau est l’association avec des plantes compagnes. «Il y a deux intérêts à cela : elles limitent l’entrée de larves dans le colza et l’exploration racinaire du colza est plus intéressante, avec une meilleure valorisation de l’azote et une petite réduction de biomasse du colza. Une plante plus riche en azote est une plante qui va marquer une fin d’azote beaucoup plus lentement». Plusieurs types de plantes compagnes sont possibles : la féverole (viser 15 à 20 pieds au mètre carré), les lentilles (10 kg), le fenugrec (10 kg), ou bien le trèfle d’alexandrie (5 kg), entre autres. «Pour la gestion des insectes, ce qu’il faut viser c’est 200 à 300 g de biomasse de plantes compagnes par mètres carrés, sinon cela ne fonctionnera pas correctement», conclut Michael Geloen.
De quoi espérer voir à nouveau le colza se développer dans le département.

Christopher Levé

photo article

Cornichon - Une belle récolte en perspective

[En ligne le 02-07-2020]

photo article

élevage - En vente directe, le bouche à oreille fait son effet

[En ligne le 02-07-2020]

photo article

Moissons - «Un écart type incroyable» en orges d’hiver

[En ligne le 02-07-2020]

RECHERCHE

ÉDITION N°1585

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux