Abonnement Nous Contacter Participer Petites annonces Publications légales Extranet

YONNE

[Article mis en ligne le 20-05-2020]

Emploi

Des solutions locales pour remédier à une pénurie de main-d’œuvre agricole

photo article
Alors que la crise sanitaire engendre une pénurie de main-d’œuvre agricole, des solutions existent localement, à l’aube de la moisson et des vendanges.
La crise sanitaire liée au Covid-19 a entraîné une pénurie de main-d’œuvre agricole. Une problématique pour les agriculteurs et les viticulteurs, à l’aube des moissons et des vendanges. Même si récemment le gouvernement a ouvert les frontières et a donné la possibilité, sur dérogations préfectorales, de faire venir des travailleurs roumains et bulgares pour les travaux du moment, cela pourrait ne pas suffire. D’autres solutions, en interne, sont donc envisagées, certaines déjà mises en place.
La crise sanitaire liée au Covid-19 et les conséquences qu’elle engendre n’ont pas fini de faire parler. Le monde agricole et viticole est touché par une pénurie de main-d’œuvre. Et lorsque l’on sait que cette dernière est très souvent étrangère pour les vendanges notamment, il y a de quoi s’inquiéter. Mais des solutions existent pour les agriculteurs et les viticulteurs. «Pour les moissons, la main-d’œuvre est essentiellement locale dans le département. Il n’y a donc pas besoin de main-d’œuvre étrangère», indique France Lahutte, animatrice Anefa. «Seuls les viticulteurs font appel à de la main-d’œuvre étrangère pour les vendanges».
Des vendanges qui devraient avoir lieu tôt cette année, probablement dès la fin août avec les crémants, si le temps se maintient. «Il y aura donc encore toute la population d’étudiants de disponible».
Si récemment, le gouvernement a ouvert les frontières et a donné la possibilité, sur dérogations préfectorales, de faire venir des travailleurs roumains et bulgares pour les travaux agricoles, le contexte actuel ne permettra certainement pas à tous les «habitués» étrangers de venir en France pour ces emplois saisonniers. Soit à cause des frontières fermées de leurs pays respectifs, soit par simple volonté de ne pas venir en France, l’un des pays européen les plus touchés par le Covid-19.

Le partenariat avec Pôle emploi
Alors, pour pallier ce déficit, l’Anefa diffuse des offres saisonnières. «Il y a aussi un nouveau partenariat avec Pôle emploi. À chaque fois qu’une offre arrive sur l’Anefa, je la diffuse à la fois sur Pôle emploi et sur l’ensemble des partenaires. Ensuite, je trie les CV que je reçois et j’envoie directement les candidats retenus chez les exploitants», explique France Lahutte. «L’utilisation des réseaux sociaux est aussi importante pour trouver de la main-d’œuvre locale».
Des partenariats avec les prescripteurs du département existent aussi. «Nous allons commencer à remettre en place des actions d’information auprès des jeunes de la mission locale par exemple».
Le travail de mise en relation, c’est aussi ce que fait AVE 89. «On diffuse des annonces pour mettre en lien les salariés avec les employeurs qui recrutent», assure Emeline Boutet, chargée de développement à AVE 89.
Quant aux entretiens ? «Certains peuvent se faire en visio sur des postes particuliers. Sinon, les candidats et les employeurs se rencontrent directement», reprend France Lahutte.
L’an dernier, beaucoup de réfugiés statutaires avaient été embauchés pour les vendanges, en partenariat avec Coallia, Adoma et la Croix Rouge, les trois structures qui gèrent l’accueil des migrants dans l’Yonne. Un partenariat qui devrait être reconduit cette année et qui offre une solution supplémentaire en main-d’œuvre.

Des solutions en interne pour les viticulteurs
Il y a aussi les solutions en interne, notamment en viticulture. «Les viticulteurs compensent ce manque de main-d’œuvre en faisant faire plus d’heures à leurs salariés et en sortant les salariés des caveaux et du secrétariat (où l’activité commercialisation était quasiment arrêtée durant le confinement) pour les mettre dans les vignes. Ils se sont réorganisés en interne, que ce soit les petits comme les gros domaines», détaille France Lahutte. Ce qui fut le cas durant la période de baissage. «Certains ont appelé pour annuler des contrats avec des salariés. Ils ont préféré mettre le personnel des caveaux dans les vignes pour leur éviter le chômage partiel», continue Emeline Boutet. «Il n’est pas impossible que cela soit réitéré pour les relevages», ajoute France Lahutte.
Lors des vendanges, des dérogations sont généralement obtenues par les domaines pour que les salariés puissent faire jusqu’à 60 heures par semaine. Si tous les domaines n’utilisaient pas ces dérogations, préférant embaucher de la main-d’œuvre supplémentaire, il pourrait en être autrement cette année. Avec potentiellement moins de main-d’œuvre étrangère et une difficulté toujours présente de recruter des travailleurs français pour ces tâches, certains domaines pourraient donc trouver la solution en interne, avec ces dérogations, pour assurer la récolte. «Aussi, certains viticulteurs pourraient faire le choix de repasser à la vendange faite à la machine, (alors que la tendance était pour beaucoup de faire le maximum à la main ces dernières années). Au niveau des vendanges, la masse salariale devrait être beaucoup moins importante que les années précédentes. Seuls les grands crus et les crémants, comme d’habitude, pourraient connaître les vendanges à la main pour certains viticulteurs», conclut l’animatrice Anefa.

Christopher Levé

photo article

Cornichon - Une belle récolte en perspective

[En ligne le 02-07-2020]

photo article

élevage - En vente directe, le bouche à oreille fait son effet

[En ligne le 02-07-2020]

photo article

Moissons - «Un écart type incroyable» en orges d’hiver

[En ligne le 02-07-2020]

RECHERCHE

ÉDITION N°1585

La une

LIENS EXTERNES

METEO

PUBLICITE

votre publicité

NEWSLETTER

Inscrivez vous à la Newsletter pour être toujours informé

Réseaux