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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-03-2020]

Élevage bovin

Interbev fait un point sur la situation

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Face aux contraintes imposées par le Covid-19, l’ensemble des filières viande met en place des stratégies adaptées.
Face à l’épidémie de Covid-19, l’activité pour la filière bovine se porte mieux que ce qui était anticipé, avec une amélioration sur le transport. Désormais, la crainte principale se porte sur l’évolution de l’absentéisme.
De façon globale, la filière bovine se porte bien à l’issue de la première semaine de confinement. Des difficultés plus importantes émergent pour les petits ruminants. La problématique principale, et qui touche l’ensemble des maillons, porte désormais sur la disponibilité de la main-d’œuvre. Dans la filière bovine, les flux en vif et en gras ne connaissent pas de perturbation. Au contraire, en fin de semaine les volumes abattus ont augmenté par rapport à la même semaine l’année dernière. Les professionnels de la filière ovine travaillent collectivement pour mettre en avant l’agneau français en cette période de préparation de Pâques. La filière chevreau se mobilise. Elle a écrit au ministre de l’Agriculture pour demander des aides au stockage pour les abatteurs et des aides à l’engraissement. L’équarrissage fonctionne normalement. L’absentéisme inhérent à toutes les industries se stabilise et reste faible. La difficulté liée aux stocks de farines C1, qui ne sont plus récupérés par les cimenteries, reste un enjeu important pour la continuité de l’activité.

Hiérarchie des actes vétérinaires
Concernant la priorisation de certains actes vétérinaires, l’Ordre des vétérinaires a pris position en attendant les directives du ministère de l’Agriculture. Le consensus professionnel a dressé la liste suivante des actes devant être différés : les visites sanitaires obligatoires, les bilans sanitaires (BSE) et protocoles de soins, les visites de suivi (reproduction, mammites, qualité du lait, parage, parasitisme, diarrhées néonatales, alimentations, bâtiments…), les prophylaxies non urgentes, les vaccinations urgentes. Concernant les actes ne pouvant être différés, l’Ordre préconise la prise en compte de trois éléments : le risque sanitaire, la prise en compte du bien-être animal ainsi que l’impact économique sur l’exploitation. Autrement dit, les éleveurs peuvent faire valoir l’impact économique sur leur exploitation pour demander que certains actes ne soient pas différés. Concernant les mises en marché : sur le marché intérieur, en lien avec les abattages dynamiques en bovins, le négoce d’animaux gras ne connaît pas de difficulté. Concernant les marchés aux bestiaux, ils peuvent rester ouverts à condition de faire respecter les mesures barrière pour limiter la propagation du virus. Le 20 mars, la moitié des marchés annonçaient qu’ils restaient ouverts.

L’abattage reste dynamique
À l’export : les exports de vifs continuent à se maintenir sur l’Italie comme sur l’Espagne. La problématique principale reste la main-d’œuvre du transport. L’analyse de TRACE devrait permettre prochainement d’avoir une estimation hebdomadaire de l’évolution globale des animaux envoyés vers ces destinations (intracommunautaire). Contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, les exports vers l’Algérie continuent également. Les bateaux prévus avant le confinement sont maintenus, soit environ 5 000 têtes, dont les envois sont étalés jusqu’en semaine 14. En revanche la Tunisie peut être considérée comme fermée de fait. Les vétérinaires tunisiens doivent en effet venir en France pour agréer les animaux avant envoi, ce qui est rendu impossible par les mesures de confinement. Sur l’abattage et la découpe, entre le 16 et le 19 mars, les abattages sont restés dynamiques, en augmentation de 6,4 % par rapport à la moyenne des 3 semaines précédentes, et de 5,6 % par rapport à la même semaine (semaine 12) en 2019. Toutefois, les difficultés de main-d’œuvre commencent à être sensibles, en particulier dans la région Grand Est, une des plus touchées par le virus : les salariés font face à une quarantaine renforcée par mesure de précaution après avoir côtoyé des cas confirmés. Cela impacte certains abattoirs qui effectuent des prestations d’abattage, qui choisissent de recentrer l’activité de prestation sur une partie de la semaine. Ailleurs sur le territoire, les prestations d’abattage fonctionnent globalement bien. Par ailleurs, les rares cas d’abattoirs totalement fermés ne couvrent qu’un très faible tonnage de viande.
De manière plus générale, pour répondre à la demande et rationaliser le personnel, certains abattoirs choisissent de recentrer leurs effectifs sur les chaînes bovines au détriment des chaînes porcine et ovine. Par ailleurs, les entreprises de préparation de viande-ingrédient et fabrication de plats cuisinés font état d’importantes commandes pour les conserves et les sauces comportant des viandes, en anticipation d’achats importants dans les semaines à venir sur ces types de produits.

Marchés extérieurs
Sur les marchés extérieurs : après deux semaines de très forte progression, la demande italienne de viande bovine est revenue à des niveaux plus habituels, mais reste dynamique. Les consommateurs italiens continuent d’effectuer d’importants achats en GMS et en boucherie, et on ne relève pas de problèmes majeurs de personnel qui freinerait la découpe de viande. La demande reste forte pour les muscles de la cuisse à destination de la GMS. Cette demande compense la baisse de la demande de déhanché (filet, faux-filet, côte-entrecôte), destinée à la Restauration hors domicile (RHD) italienne. Par ailleurs, les marchés grec et surtout allemand confirment leur dynamisme pour la viande française. Certaines rumeurs faisant état de pénurie de main-d’œuvre en Grèce sont injustifiées. Sur la distribution : contrairement à ce qui était anticipé mercredi 18 mars, l’activité boucherie ne rencontre pas le contrecoup attendu après les importants achats du début de semaine. Le bœuf en particulier continu de connaître un succès important. Certaines rumeurs laissent entendre que la distribution ferme l’ensemble de ses rayons traditionnels. En réalité, ces fermetures concernent essentiellement les hypermarchés pour rationaliser les effectifs. Les secteurs de la restauration collective toujours en fonctionnement (santé, médico-social, pénitentiaire, armées, soit environ 12 % du total de la RHD) font face à la forte réduction du fonctionnement des distributeurs grossistes. Pour le moment, ils ont pu puiser dans les stocks de la restauration scolaire mais ils craignent des difficultés d’approvisionnement dans la semaine à venir. Au niveau de la viande ovine, face à l’inquiétude d’une déconsommation de l’agneau Pascal, les enseignent déploient des modèles de découpe visant à proposer des portions plus petites et qui s’écoulent plus facilement auprès des consommateurs.

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