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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-03-2020]

Blé objectif protéines

Le stade épi 1 cm en avance : Comment gérer sa fertilisation azotée ?

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Rappel : la mesure du stade épi 1 cm se réalise sur le maître brin, en faisant la moyenne sur 2 prélèvements de 10 plantes contigües.
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Par exemple à Auxerre et Dijon pour une variété de type RUBISKO semée le 15/10, on arrive au record de précocité de ces 20 dernières années
A partir du stade épi 1 cm, c’est-à-dire au moment de la reprise de croissance de la culture, les besoins en azote augmentent significativement. C’est à ce moment qu’il faut apporter la plus forte dose d’azote avec mise en réserve d’une partie de la dose totale dédiée à un pilotage plus précis entre les stades dernière feuille pointante et gonflement. C’est la bonne méthode pour assurer une teneur en protéines élevée sans pour autant prendre de risque vis-à-vis du rendement.
Un stade épi 1 cm très précoce !
En lien avec les cumuls de températures particulièrement élevés cet hiver, l’arrivée du stade épi 1 cm est cette année très précoce voire record comme c’était le cas en sortie d’hiver 2007 voire 2001. Aujourd’hui, les blés ont environ une quinzaine de jours d’avance par rapport à la médiane, toutes conditions étant égales par ailleurs (lieu, date de semis, variété). En tendance, les situations précoces et tardives se rapprochent dans leur croissance.

Reliquat sortie d’hiver : une forte hétérogénéité
La campagne de reliquats d’azote 2020 a été une nouvelle fois particulière. En effet, les cumuls de précipitation du 1er novembre 2019 au 15 février 2020 sont au niveau du décile 8 soit, 2 années sur 10 parmi les plus humides. La carte ci-dessous illustre que la pluie est excédentaire de 0 à 25% par rapport à la moyenne sur la majorité de la région Bourgogne Franche-Comté sauf le département de l’Yonne qui arrive à un cumul excédentaire plus élevé,
de l’ordre de 25 à 50% par rapport à la moyenne des 20 dernières années.
En parallèle, les cumuls de températures enregistrés pendant cette période sont entre le décile 9 et le maximum des 20 dernières années. Cela est favorable à la minéralisation de l’azote et va dans le sens d’une augmentation des reliquats d’azote.
D’après les résultats d’analyses d’AUREA publiés récemment, la moyenne du reliquat disponible en Bourgogne est de 22 kg N/ha en 2020 contre 31 kg N /ha en 2019. L’année dernière, la valeur était supérieure à la moyenne en raison d’un hiver sec limitant le lessivage, on revient donc à des reliquats plutôt dans la tendance historique. Attention, ce chiffre est à prendre avec précaution car c’est une moyenne de situations hétérogènes et de plus, cela provient essentiellement d’analyses faites principalement sur le 1er horizon (70% des échantillons).

Reliquat sortie hiver : un risque de lessivage à calculer
En raison du contexte pluvieux de la sortie d’hiver, si des mesures de reliquats ont été faites fin janvier/début février, il est nécessaire de réactualiser cette valeur au stade «épi 1 cm» en estimant les pertes par lixiviation. Cela est surtout valable pour les sols profonds avec un pourcentage d’azote lixivié important sur l’horizon 60-90 cm, sur les sols superficiels, les pertes sont négligeables.
En effet, la carte ci-dessus montre le cumul des pluies du 25 janvier au 5 mars 2020. Il est supérieur à 100 mm pour la majorité de la région.
Des abaques sont mis à disposition par le Comifer (lien ci-dessous). Ces abaques ont été calculés à partir du modèle de lixiviation LIXIM (INRA, Mary et al., 1999). Ils permettent d’estimer de façon simplifiée la lixiviation d’azote minéral en % de la quantité initiale pour quatre grands types de sols.
https://comifer.asso.fr/images/pdf/Tableaux/notice%20abaque%20lixiviation%20ri.pdf
La dose prévisionnelle d’azote doit alors être recalculée avec cette nouvelle valeur de reliquat calculé en prenant en compte les pertes par lixiviation.

En pratique, que faire ?
Sur les parcelles ayant déjà atteint le stade épi 1cm, afin d’assurer la nutrition azotée du blé et de répartir les risques d’une mauvaise valorisation de l’azote par les pluies, il est conseillé de diviser l’apport épi 1cm en deux apports, l’apport N2 tout de suite (environ 60% de la dose prévue à épi 1 cm) pour profiter des sols humides et l’apport N2’ (environ 40% de la dose prévue à épi 1cm) dans 10 jours afin d’accompagner la croissance du blé.
Dans tous les cas, pour maximiser la valorisation de cet apport, l’opportunité de profiter d’un épisode pluvieux prévu juste après doit primer sur l’atteinte exacte du stade.

* L.Pelcé & D.Chavassieux (Arvalis), C.Boully (Bourgogne du Sud), R.Flamand (Ets Bresson), D.Deher (CA 21), MA.Loiseau (CA89), JN.Herrgott (Ynovae), M.Mimeau (Dijon Céréales), D.Lachaud (SAS Ruzé), A.Petit (SeineYonne), E.Bonnin (Soufflet Agriculture).

Article rédigé par les partenaires de « Blé Objectif Protéines » (BOP)*

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