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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-03-2020]

Parcours

La vente directe, une évidence

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Actuellement, les volailles de Maël Delphin-Poulat sont logées dans un bâtiment de 30 m2 et dans quatre de 60m2.
La vente directe est une évidence pour de nombreux éleveurs qui souhaitent maîtriser la chaîne de production et de commercialisation de leurs produits du début à la fin. C’est le cas de Maël Delphin-Poulat installé en volailles et vaches allaitantes à La Chapelle-de-Merlas (Isère). Témoignage.
A 31 ans, Maël Delphin-Poulat porte un regard satisfait sur son parcours et son installation agricole, une aventure qu’il a commencée en 2009. En dix ans, l’exploitation qu’il a créée à La Chapelle-de-Merlas (Isère), au pied du col des Mille Martyrs, en s’installant avec un atelier de volailles plein air et un cheptel de brebis, a bien changé. Aujourd’hui, au sein d’une surface de 39 hectares, il élève en remplacement des ovins, 15 mères charolaises et leur suite, et des volailles. Outre ses 250 poules pondeuses, il possède aussi 2 500 places pour poulets, pintades, chapons, dindes et poulardes. L’exploitation de Maël Delphin-Poulat évolue peu à peu. Si le bâtiment d’élevage des vaches était au départ une écurie entravée, le jeune éleveur a fait le choix, en 2014, d’installer ses bêtes dans un tunnel. «Comme je ne suis pas propriétaire des lieux, j’ai préféré limiter l’investissement. J’ai ainsi pu faire réaliser le tunnel et les barrières pour un coût de 13 000 euros», souligne-t-il. Actuellement, les volailles sont logées dans un bâtiment de 30m2 et dans quatre de 60m2. Maël Delphin Poulat a toujours été très vigilant dans ses investissements. Jusqu’à présent, il les limitait à 10 000 euros par an. Mais le bâtiment en cours de construction qui vise à faire croître son cheptel de poules pondeuses à 700 unités au cours de l’année 2020, déroge à cette règle. «Là, il s’agit d’un autre projet. L’objectif est d’avoir un bâtiment complet, qui puisse contenir les poules dans une partie ainsi qu’un laboratoire de transformation et un espace de stockage dans l’autre», détaille Maël Delphin-Poulat.

Valoriser la production
Titulaire d’un Bac pro à La Côte-Saint-André (Isère), le jeune éleveur est autodidacte sur tout ce qui concerne la découpe et la transformation. Mais, en tant qu’adhérent APFI (Association des producteurs fermiers de l’Isère), il a suivi des formations en matière d’hygiène et de biosécurité. Déjà équipé d’un «labo de transfo et de découpe», il abat et transforme lui-même ses volailles en cuisses, escalopes, paupiettes et autres préparations, qu’il commercialise au magasin de producteurs savoyard «Producteurs de saveurs», à Pont-de-Beauvoisin (Isère) et dans quatre marchés des environs où il commercialise également sa viande. Pour Maël Dephin-Poulat, la vente directe a toujours été une évidence. «Je veux rester maître de mon produit, du début à la fin. Je veux valoriser le mieux possible ma production. Je ne veux pas déléguer l’étape de commercialisation. En m’installant sur une petite surface et pour percevoir un salaire, je pense que c’est une obligation de vendre en direct», explique-t-il. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de l’exploitation est de 200 000 euros, dont 80% provient de l’atelier volaille. Son EBE (Excèdent brut d’exploitation) est de 60 000 euros. «Mais comme il faut rembourser les prêts en cours, il ne reste que 30 000 euros pour réinvestir», tempère l’agriculteur.

Main d’œuvre familiale
Pour Maël Delphin-Poulat, la charge de travail est conséquente. Entre l’élevage des animaux, l’abattage des volailles deux fois par semaine, la transformation, la commercialisation de ses produits, les journées sont bien chargées. Même s’il est appuyé par un salarié qu’il emploie à hauteur de trois quarts de temps. Même s’il est aidé par une main d’œuvre familiale très présente. Son oncle Bernard Delphin-Poulat à qui il a repris une partie de l’exploitation lui donne encore un sérieux coup de main. «Sans ma famille, c’est sûr que ce serait difficile de faire tout ce que je fais», reconnaît-il. Ses parents n’étaient pas agriculteurs mais il a toujours voulu faire ce métier. Aujourd’hui, il n’est pas déçu par son activité. Il reste évasif quant à l’exercer toute sa vie. Rendez-vous dans dix ans.

Isabelle Brenguier

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