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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 26-03-2020]

Emploi saisonnier

Les cultures n’attendront pas

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Déjà confrontée à des problèmes de main d’œuvre en temps normal, l’agriculture doit s’armer pour affronter les semaines de récoltes qui approchent, avec la contrainte supplémentaire du confinement.
Le confinement se poursuit partout en France. Les déplacements sont limités et des entreprises sont à l’arrêt. Se pose à présent la question urgente des emplois saisonniers en agriculture.
Le pays tourne ainsi au ralenti depuis plus d’une semaine maintenant, même si certains secteurs et corps de métier n’ont pas stoppé leurs activités, à l’image de l’agriculture. Car la nature n’attendra pas que l’épidémie de coronavirus s’estompe progressivement. Et les Français doivent continuer à se nourrir. Pourtant, en agriculture aussi des salariés sont à l’arrêt. « En condrieu et côte-rôtie, des viticulteurs ont cessé de faire travailler leur(s) salarié(s) afin de respecter les mesures de l’État. Pourtant, il faudra bien retourner dans nos vignes car les premiers bourgeons apparaissent. Dans quelques semaines, on aura besoin de saisonniers pour certains travaux. Déjà que nous sommes confrontés à des problèmes de main-d’œuvre », constatait Michaël Gerin, président de l’appellation côte-rôtie dans le sud du département. La saison 2020 prend forme effectivement, conséquence des conditions climatiques printanières de cette première quinzaine de mars. Et comme les viticulteurs, maraîchers et arboriculteurs entre autres devront rapidement s’organiser pour les récoltes à venir (petits fruits, fraises sous serre, etc.). La période de recrutement des saisonniers débute généralement à cette période de l’année. Les organismes spécialisés dans le salariat agricole organisent ou participent à des job dating, des salons et des forums de l’emploi pour répondre aux besoins de l’offre, ainsi que de la demande. Problème : tous les événements ont été annulés. « La main-d’œuvre étrangère, beaucoup utilisée ces dernières années, risque aussi d’être bloquée aux frontières, surtout si la situation perdure en Europe. Tout dépendra de la durée de ce confinement », complète Luc Pierron.

« L’agriculture ne s’arrête pas de travailler »
Tous les pronostics sont permis. Mais la plupart ne correspondra pas à la réalité de demain. C’est pour cette raison que le président d’Agri Emploi 69 exprime à la fois ses doutes mais aussi sa confiance sur la capacité des producteurs à trouver du personnel saisonnier. Et il évoque des pistes alternatives. « Dans ce contexte, nous pouvons attirer un public différent. Des personnes sont au chômage partiel du fait de la fermeture provisoire de leur entreprise. Des lycées et des étudiants sont disponibles car les établissements sont fermés jusqu’à nouvel ordre. C’est toute une population locale que nous pouvons motiver. Personnellement, je connais des personnes qui sont prêtes à travailler dans nos exploitations en attendant que la situation évolue. L’agriculture ne s’arrête pas de travailler… », développe-t-il. Reste à faire savoir à la population locale que des exploitations agricoles recherchent du personnel saisonnier. « Nous pourrons toujours lancer des appels sur les réseaux sociaux et à la radio. La pose d’affiches peut aussi être utilisée comme moyen de recrutement. En attendant d’en savoir plus sur la durée du confinement, nos équipes s’organisent actuellement. Cette campagne inédite pourrait engendrer des frais supplémentaires certes. Mais pourquoi pas lancer un appel à plus grande échelle via la FNSEA et ses réseaux. En démultipliant la communication autour de cet enjeu, nous pourrons par la même occasion redonner une bonne image de l’agriculture », achève Luc Pierron.

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« On s’adaptera aux règles »

Pour les exploitants qui vont devoir gérer plusieurs salariés ou travailleurs saisonniers à la fois, le respect des règles sanitaires demeure l’un des principaux enjeux dans ce contexte inédit. «Il faudra trouver la meilleure organisation possible pour rassurer les personnes qui souhaitent travailler dans nos exploitations. C’est tout à fait possible de respecter la distance minimale de 1 m, que ce soit à la vigne ou sous les serres pour le ramassage des petits fruits. On s’adaptera aux règles », rassure Luc Pierron.

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