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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 23-03-2020]

Pandémie

Face au Covid-19, ils s’adaptent

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L’épicerie de Laure Fernandes propose déjà de nombreux produits issus de l’agriculture locale. Elle tente d’apporter un débouché à des producteurs impactés par les mesures restrictives liées à la lutte contre le coronavirus.
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La jeune fermière applique dans son épicerie des règles strictes
Plusieurs agriculteurs de Côte-d’Or sont touchés par les conséquences de la montée en puissance du coronavirus dans notre pays. Les mesures gouvernementales destinées à freiner la progression de la maladie ont un impact qui impose de s’adapter.
En temps normal, Philippe Plançon passe 60 douzaines d’œufs par jour dans son distributeur. Mais, depuis le 15 mars, ce chiffre a doublé. C’est l’un des effets induits par les mesures gouvernementales qui ont pour but de freiner la progression de l’épidémie de coronavirus (au moment de la réalisation de cet article, celle-ci avait fait 127 morts en France et 6 400 dans le monde). Mais si, d’un côté, la demande explose, de l’autre, ces agriculteurs voient parfois certains de leurs débouchés se refermer. Pour le Gaec du Pontot, à Gevrey-Chambertin, au sein duquel Philippe Plançon est associé avec son frère, Gérard, la fermeture des restaurants, décrétée le 14 mars, se ressent : ce secteur représente environ 15 % de l’activité de l’exploitation. « On espère récupérer une partie de ce qui est perdu sur la clientèle de particuliers», précise Philippe Plançon, «ainsi que sur les petits commerces que l’on alimente, sur Dijon. » La situation change aussi beaucoup de choses pour eux en termes d’organisation du travail. « Depuis ce matin (lundi 16 mars) je suis sans arrêt au téléphone pour prendre des commandes qu’il va falloir que je livre», précise le producteur d’œufs. «En revanche, on a la chance de pouvoir s’appuyer sur nos distributeurs automatiques. Néanmoins, on demeure assez inquiets devant l’évolution des choses, surtout en cas d’interdiction des marchés. Heureusement, nous ne sommes pas sur la restauration collective… On va tenter de s’adapter à une situation inconnue. » Le Gaec du Pontot a aussi décidé d’ouvrir tous les soirs, pour éviter d’être débordé aux heures habituelles, alors que, jusqu’à présent, il n’ouvrait que le mercredi, le vendredi et le samedi matin.

Quatre tonnes sur les bras
La restauration collective, en revanche, c’est le marché principal de Frédéric Biason. Au sein de l’EARL de la Sans-Fonnaise, à Fenay, cet exploitant fournissait ce secteur avec ses pommes de terre. Le 16 mars, il avait en stock quatre tonnes de pommes de terre initialement destinées à alimenter des cantines de collèges, de lycées, et des restaurants. « Cela représente 80 % de notre clientèle», précise l’agriculteur. «Sur les quatre tonnes qui nous restent sur les bras, on espère en écluser un petit peu auprès d’une clientèle de particuliers, mais il y aura de la marchandise de perdu, c’est inévitable… » Cette situation entraîne aussi pour l’EARL des mesures de chômage technique, notamment pour un livreur commercial employé par l’exploitation. À l’autre bout de la chaîne, certains petits commerçants proposent à ces producteurs touchés par la situation de nouveaux débouchés. C’est le cas de Laure Fernandes. Elle a ouvert, début mars, son épicerie indépendante, La Clé des Champs, à Dijon, dans le quartier Montmuzard. Elle se fournit, en grande partie, auprès d’agriculteurs locaux et, face aux mesures annoncées, elle a proposé, via la page Facebook de Terres de Bourgogne, d’entrer en contact avec des producteurs impactés par leur perte de clientèle dans la restauration notamment, afin de proposer un autre débouché. « Il faut qu’on soit tous un peu solidaires», souligne-t-elle, «d’autant plus qu’on voit des comportements irrationnels dans les grandes surfaces, avec des gens qui risquent de créer des pénuries, alors que les producteurs le disent, on ne risque pas de manquer de produits. Il n’y a pas que moi, mais aussi tous mes clients qui sont dans cet esprit solidaire ». Laure Fernandes a décidé d’aménager ses horaires afin d’aplanir un peu les pics de fréquentation. Sa boutique est ouverte sept jours sur sept.

Berty Robert

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