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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 12-03-2020]

Climat

Une formation sur les cultures fourragères

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Alice, agricultrice dans le nord de la Côte-d’Or, veut intégrer des prairies temporaires sur son exploitation.
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Face au changement climatique, les exploitations s’interrogent sur le meilleur moyen de rester compétitives dans un contexte difficile.
Qui dit évolutions climatiques, dit aussi adaptation des pratiques agricoles. C’est tout l’objet de la formation proposée par la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, qui accorde une grande place aux changements naturels à l’œuvre.
Face à la problématique de l’évolution du climat la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or a un rôle majeur à jouer dans l’adaptation des pratiques agricoles et l’accompagnement des agriculteurs. Les évolutions climatiques ont des conséquences fortes sur les systèmes de production agricole. Pour y faire face et sécuriser leurs revenus, les agriculteurs sont donc amenés à remettre en question leurs rotations. Pour les accompagner dans leur stratégie d’assolement, la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or a mis en place une formation portant sur le thème «Et si vous remettiez des cultures fourragères dans votre système ?», de deux jours et demi. Les deux premières journées ont eu lieu en février et les participants ont à nouveau rendez-vous en novembre pour faire le point. Encouragée par le fonds d’assurance formation Vivea à développer ce sujet et consciente de l’importance de cet enjeu majeur pour notre agriculture, la Chambre a pris le parti d’aborder les enjeux climatiques dans cette formation.

Surprise de départ
Laure Ohleyer, conseillère en productions végétales, a donc démarré la formation par un module sur le climat. Au départ surpris, les agriculteurs se sont pris au jeu : la séquence a été riche en échanges et en questionnements. Nous avons interrogé deux participants sur leurs ressentis concernant cette partie, et plus largement sur la prise en compte du changement climatique dans leurs pratiques. «Nous avons eu des chiffres plus précis que ce qu’on voit à la télé», indique Émilien, polyculteur-éleveur à Belleneuve avec un associé et un salarié. «Personnellement, je suis bien conscient des changements actuels, mais je n’étais pas forcément au courant des températures exactes». Sur l’exploitation, Émilien et son associé prennent en compte les évolutions climatiques depuis leurs installations en 2013 : allongement de rotations, réduction du nombre de passages dans les cultures et des quantités de phytosanitaires, dates de semis décalées : «On fait l’effort de mettre en œuvre des pratiques alternatives aux produits phytos mais quand le climat n’est pas en notre faveur, personne ne nous dédommage le manque à gagner».

Historiquement sur l’exploitation il y avait un fort pourcentage de luzerne, surface qui a baissé petit à petit car les prix de la luzerne diminuaient. «Connaissant les arrières effets des anciennes luzernes qui se sont vus jusqu’en 2012, nous avons réintroduit des luzernes et de l’élevage pour la valoriser, en 2016. Actuellement il y a 80 Unités de gros bétail (UGB) sur l’exploitation. L’idée est de retirer de la plus-value, de trouver un avantage à un contexte que tout le monde subit. Nous réfléchissons également à une conversion bio avec l’accompagnement des conseillers de la Chambre d’agriculture. De toute façon il faut trouver des solutions, il faut une stratégie pour assurer notre revenu. Cette année les colzas n’ont pas levé, et comme je suis contre l’acharnement thérapeutique sur les colzas, les parcelles passeront en orge de printemps». Pour la suite, Émilien suggère que le monde agricole travaille sur les flux de CO2 (bilan carbone) et communique plus largement sur le rôle de séquestration du carbone de l’agriculture. «Il faut qu’on puisse communiquer sur cet aspect, qu’on ait du répondant face au grand public», précise-t-il.

«Nous sommes les premiers confrontés au changement»
Alice, agricultrice à Veuxhaulles-sur-Aube (sur les plateaux), témoigne : «Quand j’ai vu qu’il y aurait une demi-journée sur le changement climatique, j’ai été étonnée ! Mais c’est passé très vite, il y a eu beaucoup de débats et de questions. Ce qui m’a marquée le plus dans cette partie, ce sont les vidéos montrant les évolutions mondiales des températures et du CO2 sur 30-40 ans, et les différents scénarii : si on arrête les émissions, si on continue comme ça, si on respecte les engagements de la COP… Les agriculteurs sont les premiers confrontés aux évolutions climatiques : avec les sécheresses et les inondations, on est conscients qu’il faudra faire quelque chose». Sur son exploitation, Alice prend aussi en compte ce facteur : «On va intégrer des prairies temporaires, on se pose des questions sur les bonnes espèces à implanter, on se demande par quoi remplacer le colza : des cultures d’été pourquoi pas, mais il ne pleut plus en été…»

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Les Semaines du changement climatique

Pour sensibiliser et accompagner les agriculteurs sur les évolutions climatiques, les Chambres d’agriculture de Bourgogne Franche-Comté ont lancé les Semaines du changement climatique du 17 mars au 2 avril (voir également page 3 de ce même numéro). Au programme : portes ouvertes de fermes innovantes, conférences. 11 évènements auront lieu dans tous les départements de la région.

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