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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 20-02-2020]

Abattoir

Grand Autunois-Morvan : garder la valeur ajoutée

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Une étude est en cours sur la possible création d’un outil de transformation dans les murs de l’abattoir.
Avec son nouvel outil d’abattage de proximité, l’Autunois-Morvan veut se doter d’un projet alimentaire territorial tout en créant une microfilière vertueuse visant les grands bassins de consommation. Un schéma original et inédit qui n’a d’autre ambition que de ramener la valeur ajoutée sur le territoire.
Inaugurée en janvier, la nouvelle chaîne de l’abattoir communautaire d’Autun est un second départ pour les défenseurs de cet outil de proximité. Mobilisée depuis près de dix ans, une association de sauvegarde avait permis de rassembler l’engagement exigé pour déclencher l’investissement. À l’heure où la nouvelle chaîne est opérationnelle, une association de promotion et de développement lui succède.

Elle a vu le jour le 31 janvier à Autun. «L’enjeu est désormais le fonctionnement de l’abattoir et donc d’assurer son volume d’activité», introduisait Jean-Philippe Nivost. Cette association intervient en soutien de la Sica (présidée par Bernard Joly) qui assure le fonctionnement quotidien de l’outil avec une équipe de 18 salariés et un directeur.

D’une capacité nominale de 3 000 tonnes, le nouvel abattoir d’Autun va devoir développer son volume d’activité aujourd’hui contenu à 1 600 tonnes. «Pour équilibrer, l’outil doit tourner à plein régime», informe Michel Dupres de la Chambre d’agriculture.

Le rôle de l’association de développement sera donc d’assurer cette montée en puissance en relation avec la communauté de communes du territoire, le GIEE de l’Autunois, la Chambre d’agriculture départementale. Profitant du dynamisme insufflé par la Communauté de communes du Grand Autunois Morvan (CCGAM) ainsi que de la mobilisation des agriculteurs au sein notamment du GIEE, l’abattoir d’Autun sera au cœur d’un projet global de territoire.

Approvisionnement local
Un Contrat de transition écologique (CTE) a été signé en début d’année. Ce dispositif d’aides en faveur d’un développement économique vertueux comporte un important volet agricole. Le Grand Autunois Morvan, qui œuvre depuis plusieurs années à la mise en place d’un approvisionnement local à l’échelle de son territoire, a choisi de s’engager dans la construction «d’un projet alimentaire territorial».

L’abattoir en est un maillon essentiel. Et pour les agriculteurs, l’émergence de ce type de filière courte est une opportunité de mieux maîtriser la valorisation de leurs productions. Ce projet alimentaire territorial reposera notamment sur l’approvisionnement de la restauration collective via la cuisine centrale communautaire.

Des synergies avec des Com’com voisines ne sont pas exclues. Une étude est en cours sur la possible création d’un outil de transformation dans les murs de l’abattoir. Mais le marché local ne suffira pas pour l’abattoir d’Autun. Il va falloir aller chercher des opportunités à l’extérieur du territoire et pour ce faire, les promoteurs de l’abattoir misent sur les nombreux atouts et vertus de la production agricole locale. Car il ne s’agit pas de revenir sur le terrain des filières industrielles, au risque de banaliser à nouveau la production des fermes de l’Autunois. Au contraire, l’idée est de valoriser la bonne image des viandes produites dans le territoire au sein de microfilières visant d’autres bassins de consommation. Pour cela, les promoteurs de l’outil d’abattage autunois ont fait appel à la fondation Avril. Leader mondial des filières oléagineuses et protéagineuses, le groupe Avril s’oriente vers un nouveau type de filières locales, comme le précisait Romain Becker. « Il existe un vrai besoin en viande bovine de qualité sur les bassins de consommation sur Lyon et Paris », informe-t-il.

«Prêts à y mettre le prix»
La demande porte sur un certain niveau de qualité (conformation, régularité, goût, persillé…), la traçabilité, une réponse aux attentes sociétales (abattage local, bien-être animal…), etc. «En échange du respect de ce cahier des charges, les clients seraient prêts à y mettre le prix», indique Romain Becker. C’est une opportunité à saisir qui va nécessiter les compétences d’un véritable «développeur» pour formaliser cette microfilière et aller prospecter les points de vente visés. Cette embauche aura un coût. Pendant les trois premières années, ce poste pourrait être financé partiellement par FranceAgriMer, le Conseil régional et des fonds européens, informe Michel Dupres. L’objectif étant que l’activité finisse par le financer elle-même au bout de trois ans. «La création de cette microfilière et le projet alimentaire territorial qui va avec seraient un véritable cas d’école. Un exemple à suivre pour d’autres secteurs agricoles», conclut Jean-Philippe Nivost.

Marc Labille

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