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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 06-02-2020]

Protestation

Délimitation de l’AOC Bourgogne : dans l’expectative

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Le débat sur la délimitation exacte de l’AOC Bourgogne était resté en suspens, depuis 1937. Le projet de l’Inao l’a relancé avec vigueur !
Alors qu’une manifestation avait lieu le 6 février au siège de l’Inao à Montreuil, la polémique autour de la délimitation de l’AOC Bourgogne reste vive et suspendue à la décision du Comité national de l’institut.
Près de 5 200 signataires : quelques jours avant la manifestation des viticulteurs de Bourgogne sous les fenêtres de l’Institut national des appellations d’origine (Inao) à Montreuil, en région parisienne, le 6 février, la pétition en ligne destinée à alerter sur la problématique de la délimitation de l’appellation bourgogne continuait de mobiliser. Depuis la mi-janvier, de très nombreux vignerons de l’Yonne, de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire sont montés au créneau, devant ce projet de délimitation régionale de l’appellation bourgogne, qui se traduirait par l’intégration d’une quarantaine de communes du Beaujolais, et en parallèle, l’exclusion de 64 communes des trois départements précédemment cités, soit 7 000 hectares de parcelles délimitées en Bourgogne rayés de la carte… en région Bourgogne ! Les secteurs géographiques touchés étant le Chablisien, le Tonnerrois, Dijon, le Châtillonnais, l’Auxerrois, le Chalonnais et le Mâconnais. Un véritable casus belli face auquel la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) n’est pas décidée à rester passive. Ces derniers jours, elle est parvenue à attirer l’attention des médias nationaux sur la question. Là-dessus, les élus locaux ont embrayé, avec le soutien de députés et de sénateurs de bords politiques multiples, issus des trois départements, rejoints par Marie-Guite Dufay, la présidente du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. Lors de la Saint-Vincent tournante de Gevrey-Chambertin, le 25 janvier, elle a réaffirmé son soutien aux viticulteurs, et, avec d’autres élus régionaux et locaux, a demandé à être reçue « le plus rapidement possible par l’INAO afin de surseoir à cette décision ». Du côté du Syndicat des Bourgognes et de la CAVB, dans un communiqué du 24 janvier, on déplorait une décision qualifiée de « mortifère » : « Comment pourra-t-on éviter l’amalgame entre deux régions viticoles historiquement distinctes avec leurs caractéristiques propres ? Comment ne pas discréditer le dispositif même des appellations d’origine ? Si le Beaujolais devient un Bourgogne, alors pourquoi le Crémant de Bourgogne ne serait pas du Champagne ou le Lubéron un Côtes-du-Rhône ? Toute la notion même d’appellation d’origine serait remise en cause par cette décision de l’Inao ».

Faire baisser la pression
Du côté de ce dernier, contacté par Cédric Michelin, notre confrère de l’Exploitant agricole de Saône-et-Loire, on se montrait désireux de faire baisser la pression : « nous sommes en cours de procédure», déclarait-on au sein de l’institut le 30 janvier, «et certaines étapes ne sont pas validées. Aucune décision n’est prise pour l’heure ». Selon Christèle Mercier, déléguée territoriale Centre-Est à l’Inao « nous avons cherché des critères factuels, s’appuyant à la fois sur des facteurs naturels (géopédologie, altitude…) et sur des facteurs humains, notamment avec l’examen des usages historiques. Nous appliquons les deux de façon homogène sur l’ensemble du territoire et nous avons abouti à un projet présenté le 19 décembre qui n’a pas satisfait la demande du Syndicat des bourgognes ». Elle appelle également à ne pas perdre de vue la situation initiale : depuis 1937, la délimitation de l’appellation AOC bourgogne était restée en suspens « avec une aire géographique qui va de Chablis jusqu’aux portes de Lyon (…) Au sujet des communes exclues, même si l’Inao n’en est pas à ce stade de la procédure, mais dans la révision générale, certaines communes ne sont en effet pas retenues. Dans ces communes exclues du projet initial, il y en a en Bourgogne et en Beaujolais, suite à l’application des mêmes critères. Ce n’est pas enlever à la Bourgogne pour donner au Beaujolais ». Enfin, sur le risque de surproduction avancé par les opposants au projet, l’Inao se montre prudent : « Nous n’en sommes pas à ce stade de la délimitation parcellaire. Mais, nous avons essayé de faire une projection des surfaces envisageables dans le Beaujolais, cela envelopperait au maximum 3 000 ha sur la totalité des communes du Beaujolais. Mieux vaudrait faire le point après le 6 février, tel que le projet a été soumis avec des avis contraires, le Comité national peut refuser le projet ou l’amender. C’est lui qui a les cartes en main ».

Berty Robert

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