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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 09-01-2020]

Insolite

Quand les réveillons permettent l’innovation agricole

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Leonor Krempp, qui s’apprête à développer son activité en se dotant d’un laboratoire de découpe, a compris que ces coquilles d’huîtres, abondantes après les réveillons, auraient une véritable utilité dans l’enrichissement des terres sur lesquelles ses bêt
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Le principal point de collecte se trouve dans la ferme Krempp, à Flagey-les-Auxonne, mais un autre est aussi installé à la ferme de la Noge, à Quetigny.
Amender ses terres en utilisant des coquilles d’huîtres. C’est l’idée qu’a mis en place Leonor Krempp, éleveur de vaches allaitantes et de moutons en Côte-d’Or. Riche en calcium, cette matière s’inscrit parfaitement dans les pratiques culturales de l’exploitation.
Dans la cour de la ferme de Leonor Krempp, à Flagey-les-Auxonne, à la limite entre la Côte-d’Or et le Jura, trône une grosse bassine. De temps à autre, dans la grisaille de ce début janvier, une personne arrive,  et, discrètement, y déverse le contenu d’un sac poubelle ou d’un seau. Bienvenue au point de collecte de coquilles d’huîtres mis en place par ce jeune agriculteur de 25 ans !

à ce jour, il aurait ainsi récupéré plus de 300 kg de ces déchets alimentaires d’après-réveillon dans un but aussi simple qu’étonnant : apporter un amendement supplémentaire, et inédit, sur ses terres. Installé depuis un an et demi, Leonor Krempp élève 250 bovins allaitants de race limousine et 200 moutons, en bio. Il représente la troisième génération d’éleveurs bio et, dans ses pratiques culturales, le recours au compost est ancré de longue date.

Besoin de matière organique et de minéraux
«Lorsque mon grand-père a pris ce virage en 1965, explique-t-il, c’était en raison de la pauvreté des terres dont nous disposions. Il avait donc décidé de tout passer en prairie pour ne faire que de l’élevage et, depuis toujours, nous remettons dans les prés et les prairies tout le fumier composté». Dans ces conditions, la nécessité de disposer d’un foin d’excellente qualité et équilibré en minéraux s’est imposée. «Pour y parvenir, poursuit Leonor Krempp, il faut mettre de la matière organique et le complémenter en minéraux. C’est déjà ce que nous faisons en achetant du calcium et du magnésium issus de poudre de roche et d’algue produit en Bretagne. Cet amendement se fait dans des dosages de l’ordre de 100 à 300 kg par hectare et par an, et nous travaillons sur 140 hectares».
Et c’est ainsi qu’on en arrive aux huîtres puisque notre agriculteur s’est alors rendu compte qu’avec la quantité de ces coquillages consommée à l’occasion des fêtes de fin d’année, il y avait là une ressource inexploitée, notamment en calcium dont leurs coquilles sont riches. L’idée de lancer une collecte s’est donc imposée d’autant plus naturellement que, la vente directe représentant 70 % des volumes de viande produits annuellement par l’exploitation, Leonor disposait là d’une ressource d’apporteurs potentiels intéressante.

Ballon d’essai
L’appel a donc d’abord été lancé auprès des clients de la ferme, tout heureux, pour beaucoup d’entre-eux, de trouver là un débouché utile à ces déchets alimentaires. «C’est un ballon d’essai, précise l’éleveur, mais si cela répond à nos attentes, on structurera encore mieux l’action l’an prochain, en tentant de récupérer des coquilles d’huîtres auprès de restaurateurs, de commerces ou de cantines». Pour donner plus d’écho à son initiative, Leonor Krempp a également eu recours aux réseaux sociaux. Un point de collecte est par ailleurs installé à la ferme de la Noge, à Quetigny. Mais une fois la collecte réalisée, de quelle manière utilise-t-il cette ressource ? «On part du principe qu’il faut amender les sols, mais en respectant le rythme naturel. On doit laisser le sol récupérer les éléments qui lui sont nécessaires, à la mesure de ses besoins. Ces coquilles, on va donc les laisser se décomposer dans notre fumier, pendant près d’un an». Le travail de «dégradation» de cette matière va durer jusqu’en septembre prochain et lorsque les bêtes seront remises sur les prés, elle sera quasiment totale. Ne restera plus alors qu’à vérifier sur la santé des terres concernées, et, par extension, sur la qualité de la nourriture donnée aux bêtes, la pertinence d’une initiative qui est déjà en soi un bel exemple d’économie dite «circulaire», alimentée par des déchets utilement recyclés.

Berty Robert

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