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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 09-01-2020]

30 ans Terres de Bourgogne

«Un journal pour élargir l’horizon»

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A 84 ans, Jean Legrand conserve un regard pertinent sur les médias en général. Il garde surtout à l’esprit la nécessité de se remettre sans cesse en question, comme ce fut le cas en 1990 avec la création de Terres de Bourgogne.
Il fut le premier gérant de Terres de Bourgogne, journal à la création duquel il a pris une part très active, il y a plus de trente ans. Par conviction, et avec un esprit visionnaire. Jean Legrand revient pour nous sur la conception qu’il se faisait alors, et qu’il se fait toujours, d’un média au service de l’agriculture.
S’il n’avait pas été exploitant agricole, peut-être aurait-il fait un bon journaliste. La presse, en tout cas, est un élément important de la vie de Jean Legrand. Dans le bureau de sa maison de Noiron-sous-Gevrey, au sud de Dijon, le jour de notre rencontre, on le trouve en train de découper des articles du quotidien local, Le Bien Public, et de les mettre de côté pour les lire plus tard, avec attention.
A 84 ans, celui qui fut le premier gérant de Terres de Bourgogne, à sa création, il y a trente ans, n’a rien perdu de son regard acéré sur l’air du temps. Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser cet homme à s’investir autant dans un journal agricole ? Une curiosité, d’abord. Une capacité à regarder au-delà des frontières que nous imposent nos vies ou nos professions.

Ce qui est troublant lorsqu’on échange avec lui sur le contexte qui a permis de donner naissance, en 1990, à un média dont l’ambition était de parler de l’agriculture à l’échelle de trois départements (la Côte-d’Or, la Nièvre et l’Yonne), c’est de constater que les motivations d’alors pourraient être reprises aujourd’hui. Dans le discours de Jean Legrand, remplacez informatique ou Minitel par internet et réseaux sociaux et vous serez troublé par le fait que ce propos de la fin des années quatre-vingt aurait encore toute sa pertinence aujourd’hui.

Ne pas rester dans son pré carré
A la base, pour expliquer cela, il remonte loin dans le passé, à ses fonctions en tant qu’appelé dans le cadre de la guerre d’Algérie, au sein d’une structure en charge de l’action psychologique. Le parallèle pourrait paraître surprenant mais cette activité lui a permis de comprendre combien l’importance du message médiatique pouvait être essentielle. «J’ai voyagé au Japon, en Chine, en Hongrie précise-t-il, j’ai constaté le potentiel de l’outil informatique naissant et, en même temps, je réalisais que nous étions toujours, dans l’agriculture, recroquevillée sur des visions ou des conceptions qui n’étaient même pas régionales, mais purement départementales. Il y avait là pour moi un paradoxe... Chacun restait sur son pré carré sans se rendre compte que le monde bougeait».

Sans compter que, là où des personnes percevaient l’outil informatique comme une menace sur leur emploi, lui voyait une opportunité et un moyen de se remettre en question pour progresser. «Il faut s’adapter aux évolutions technologiques, se les approprier mais ne pas perdre son temps à se battre contre ! On ne doit pas être des fantômes dans un monde qui bouge».

Pas de vérité unique
Jean Legrand le confesse : il s’est toujours senti attiré par le fait de communiquer en ayant bien en tête que sur un sujet donné, il n’y a pas une vérité unique, mais des vérités, selon l’angle duquel on se place. L’homme se montre aussi très sensible au problème actuel des «fake news» qui se répandent comme des traînées de poudre sur les réseaux sociaux. «J’ai toujours pensé qu’il nous fallait un journal capable de décrire les évolutions profondes du monde agricole, au-delà des frontières ou des spécificités départementales. J’estimais qu’il fallait que nous diffusions un message fait pour être reçu, et pas dans le but de se faire plaisir nous même».

Son implication dans les coopératives agricoles lui avait très tôt fait songer à la nécessité d’adopter une communication en phase avec un monde remuant.

Créer un journal à la dimension régionale et apte à synthétiser des informations nationales, voilà l’objectif sur lequel lui et les personnes qui se sont investies dans le projet Terres de Bourgogne dès le milieu des années 80 se sont focalisés. Avec, par dessus tout cela, une véritable confiance entre responsables agricoles de la Côte-d’Or, de la Nièvre et de l’Yonne. Une confiance qui ne s’est pas construite en un jour. Le processus de création fut long et jalonné d’âpres débats, ce qui explique aussi que la naissance du journal tel qu’on le connaît aujourd’hui n’est intervenue qu’en 1990. «Rien que trouver le titre ne fut pas simple, se rappelle Jean Legrand. Au départ, on avait pensé à Terre de Bourgogne, mais avec Terre au singulier. Certains estimaient que cela donnait le sentiment qu’on ne s’intéressait qu’aux grandes cultures et pas à l’élevage. En rajoutant le «S» on a mis tout le monde d’accord». La confiance à cultiver avec le monde agricole, Jean Legrand estime que le journal en est la concrétisation. A présent, même s’il dit qu’il n’est plus dans le coup, notre homme continue d’imaginer ce que pourrait devenir le journal qu’il a contribuer à porter sur les fonts baptismaux. «Il faudrait lui donner une dimension Bourgogne Franche-Comté et pourquoi pas, puisque nous sommes devenus frontaliers de la Suisse ou de l’Allemagne, prévoir des articles en Allemand ou en Anglais ?» Elargir, ouvrir les horizons, toujours...

Berty Robert

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