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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-01-2020]

Viticulture

Au BIVB, un plan pour voir loin

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François Labet, président en exercice du BIVB, s’apprête à passer la main à Louis-Fabrice Latour, au 1er janvier 2020.
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Les participants à l’assemblée générale ont pu prendre connaissance des grandes lignes du plan 2025 traçant les orientations du BIVB, notamment sur l’adaptation des pratiques culturales au changement climatique.
Lors de son assemblée générale hivernale, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) a détaillé les orientations et enjeux de son Plan 2025. Une vision qui, en réalité, porte bien plus loin qu’à l’horizon des cinq ans qui viennent.
Technique, qualité, enjeux stratégiques, marketing, performances économiques… Les assemblées générales du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) sont à chaque fois l’occasion de passer en revue ces aspects mais celle du 17 décembre, au palais des congrès de Beaune, mettait un accent particulier sur les orientations que l’organisation souhaite prendre dans les cinq années qui viennent. Le Plan 2025 du BIVB y était détaillé dans ses enjeux et ses buts mais il est clair que l’objectif est d’offrir une vision sur l’avenir à plus longue échéance que sur les cinq prochaines années, comme le soulignait Manœl Bouchet, en charge des Marchés et Développement au sein de l’organisation. C’est la conséquence de constats faits sur les évolutions sociétales, climatologiques et même culturales. Songez donc : au sein du BIVB on réfléchit sérieusement à une diversification du matériel végétal qui ferait sortir les bourgognes du sacro-saint tandem pinot chardonnay ! Une authentique révolution qui en dit long sur les réflexions en cours, même si ce changement n’est pas pour demain matin. Plus concrètement, ce plan 2025 repose sur plusieurs sujets essentiels : la puissance de communication des vins de Bourgogne, leur potentiel de production (alors même que l’on sort d’une campagne 2019 où les quantités n’étaient pas au rendez-vous), l’adaptation des stratégies financières et capitalistiques afin de conforter la résilience des exploitations familiales et d’ancrer les centres de décision en Bourgogne, ou encore la nécessité d’inventer des modèles de production durables adaptés aux grands enjeux de la Bourgogne.

Travail payant sur les appellations régionales
Un plan ambitieux, donc, qui fait suite à celui de la période 2016-2020, marqué, notamment, par une attention et un effort particulier en faveur des appellations régionales. Une volonté clairement traduite dans le bilan du pôle Marketing et Communication du BIVB, dont 80 % des actions menées durant les douze derniers mois auront concerné ces appellations. Le travail fut payant, comme le soulignait Virginie Valcauda, directrice du marketing et de la communication «puisque des résultats tangibles ont été observés sur les performances de ces vins à l’export.» Au-delà de la question des grandes orientations, cette assemblée générale permettait aussi de tirer un bilan des travaux du pôle Technique et Qualité. Selon Jean-Philippe Gervais, son directeur, le millésime 2019 n’a fait qu’accentuer la prise de conscience du caractère de plus en plus prégnant du changement climatique. «Par ailleurs», ajoutait-il, «si la qualité globale des vins de Bourgogne progresse, on note un certain nombre de non-conformités, en particulier dans les rouges, qui incitent à se questionner sur nos outils de pilotage.» Cela passera peut-être aussi par une meilleure interactivité entre viticulteurs et pépiniéristes (un séminaire sur ce thème va d’ailleurs se tenir à Beaune les 9 et 10 janvier 2020). Du côté de la gouvernance du BIVB, le président actuel, François Labet, s’apprête à céder son fauteuil à Louis-Fabrice Latour, le 1er janvier 2020. Lors de l’assemblée générale, il s’est donc livré à l’exercice du bilan à tirer sur quelques actions saillantes de ces derniers mois : «Sur la dématérialisation de la Déclaration récapitulative mensuelle (DRM - document administratif qui permet aux vignerons, négociants et caves coopératives de déclarer auprès des douanes la quantité de vin qui entre ou sort de leur cave N.D.L.R.) il nous faut encore évoluer mais nous devons voir cela comme une nouvelle « brique » dans nos relations avec les pouvoirs publics, plutôt que comme une contrainte.»

Accord inédit
Sur la faiblesse quantitative de la récolte 2019 (moins de 1,2 million d’hectolitres) François Labet estime qu’il est nécessaire d’imaginer des outils permettant, à l’avenir, de lisser les différences de volume d’une année sur l’autre. Au cours de cette assemblée générale, le président du BIVB a également signé un accord de coopération inédit avec la Place financière de Bourgogne Franche-Comté, présidée par le chef d’entreprise Jean-Philippe Girard (Eurogerm). Créée il y a deux ans, cette place financière rassemble des banques, des sociétés d’investissement, des professionnels du chiffre et du droit. Sa fonction est de répondre aux besoins en matière de stratégie financière et donc de maîtrise des outils financiers. En l’espèce, avec le BIVB le but est de travailler sur les financements amont et aval de la filière viticole.

Berty Robert

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Export : le cap du milliard franchi

Louis-Fabrice Latour, président délégué du BIVB, est revenu sur les performances à l’export des vins de Bourgogne. Les chiffres sont bons puisqu’en volume, ces exportations ont progressé de 8,5 % et les bourgognes ont franchi, pour la première fois, le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé sur les marchés extérieurs. « Le contexte économique, soulignait Louis-Fabrice Latour, est très favorable mais la petite récolte de 2019 crée de la tension sur les prix. » Une source d’inquiétude subsiste pourtant et elle n’est pas mineure : le comportement du marché américain. Il représente 20 % des exportations de bourgognes et la taxe de 25 % récemment instaurée par l’administration Trump est préoccupante. Il semble que des pénuries de vins de Bourgogne apparaissent déjà dans certains linéaires américains et d’autres taxes pourraient prochainement frapper ces produits français. Le BIVB s’est fendu d’une lettre au Président de la République sur le problème et Louis-Fabrice Latour devait rencontrer le groupe d’étude Vin au sein de l’assemblée nationale afin d’interpeller les parlementaires.

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