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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-01-2020]

Communication

Agriloving, une idée qui fait son chemin

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En novembre dernier, Agriloving avait fait son apparition sur un stand installé dans le cadre de la foire gastronomique de Dijon.
Lancée il y a quelques mois en Bourgogne Franche-Comté par de Jeunes agriculteurs, l’initiative Agriloving suscite curiosité et intérêt, au-delà des frontières régionales. Il lui faut maintenant du soutien pour se développer.
Imaginez un instant : vous êtes dans votre bureau et soudainement, un inconnu fait irruption et vous demande de vous expliquer sur ce que vous faites. Ou pire : sans même chercher à savoir quel est votre métier, il se met à vous insulter ou à vous menacer. Logiquement, vous seriez en droit de vous interroger sur sa santé mentale. Cette situation, de nombreux agriculteurs la vivent pourtant, sur les lieux de travail que sont leurs champs ou leurs stabulations. De plus en plus, d’une manière proportionnelle à la montée en puissance des débats tournant autour des pratiques agricoles, certains d’entre eux sont contraints de se justifier, ou craignent pour eux et leur matériel face à une animosité sociétale qu’on a de la peine à imaginer. On nomme cela «agribashing», ou plus simplement déconsidération de l’agriculture. Sidérés par des attitudes parfois très agressives, et qui reposent souvent sur une grande méconnaissance doublée d’un refus de tout dialogue, beaucoup d’exploitants agricoles ont le sentiment d’être cloués au pilori. L’initiative Agriloving, lancée il y a quelques mois en Bourgogne Franche-Comté par des JA n’en prend que plus de relief. Plutôt que de s’enfermer dans une mentalité d’assiégé, ces hommes et ces femmes ont décidé de reprendre pied dans ces débats, mais en utilisant les armes dont on use contre eux, au premier rang desquelles figurent internet et les réseaux sociaux.

Postulat clair
Avec Agriloving, nous ne sommes pas dans une simple démarche d’image à redorer ou d’opération de communication séduisante. On les traite d’empoisonneurs et d’irresponsables ? Ils répliquent par des vidéos drôles et pédagogiques qui visent à battre en brèche les a priori et les idées toutes faites. Sur la page d’accueil de leur site(1) le postulat apparaît très clairement : «Nous devons être plus nombreux à promouvoir, à expliquer, qu’à critiquer». Cette volonté d’expliquer, François-Xavier Lévêque l’a chevillée au corps. Ce producteur de céréales et de légumes, en SCEA avec son frère dans la région dijonnaise a été l’un des éléments moteurs du lancement de la campagne Agriloving. L’interpellation dans les champs, il l’a vécue directement. C’est en avril 2019 que l’initiative a pris corps. Les JA impliqués se sont formés sur l’utilisation des réseaux sociaux, en s’appuyant notamment sur l’expertise, dans le domaine, de l’Agence 24 à Dijon. Agriloving a été officiellement portée sur les fonts baptismaux début novembre, dans le cadre de la Ferme Côte-d’Or installée à la foire gastronomique de Dijon. Et depuis, l’écho médiatique - le même qui peut parfois être si dévastateur pour l’agriculture - a largement rempli son office. Agriloving a suscité des articles dans la presse nationale, et notamment par le biais de l’Agence France Presse (AFP). «Pour l’instant», poursuit François-Xavier Lévêque, «nous avons réalisé trois vidéos qui partent de clichés sur l’agriculture, et que nous déconstruisons. On y parle de la féminisation de la profession, des technologies et de l’emploi, mais de manière décalée, afin d’attirer l’attention».

Recherche de partenaires
D’autres vidéos sont en projet mais Agriloving doit attirer des partenaires permettant de financer leur réalisation. Ces partenaires potentiels, ils peuvent se trouver dans le milieu purement agricole mais aussi, plus largement, dans l’industrie agroalimentaire. Par ailleurs, Agriloving ambitionne aussi d’être présent, par l’intermédiaire de stands, sur différents événements professionnelles ou grand public dans les mois qui viennent, tels que le Salon de l’Agriculture, en février. Mi-novembre, ses promoteurs étaient à Besançon, au concours national de montbéliardes. La démarche est aussi régulièrement présentée dans le cadre des nombreuses assemblées générales d’organisations agricoles qui jalonnent la fin de l’année. «Agriloving est un projet très évolutif,» ajoute le jeune exploitant. «Nous sommes pour l’instant sur une dimension régionale, mais nous avons été contactés par certains organismes du Salon de l’Agriculture, ainsi que par un collectif breton qui nous a repérés et qui montre de l’intérêt pour la démarche. Cela va au-delà de nos espérances et l’initiative plaît, indéniablement. Nous mettons en avant nos pratiques et nos valeurs, on n’est pas dans une attitude défensive ou de réponse aux attaques». Il reste encore beaucoup de travail à faire pour que les visions déformées de l’agriculture soient vraiment remises en question mais Agriloving fait son chemin, proposant également une charte nommée «L’Appel à oser» à laquelle tout un chacun peut adhérer, dès lors qu’il estime nécessaire de défendre le monde agricole.

(1) agri-loving.fr

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