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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 02-01-2020]

Portrait d’agricultrice :

S’organiser pour tout concilier

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Hélène Doussot dirige une exploitation à Gergy. Multicasquette et engagée, motivée et déterminée, la jeune femme n’hésite pas en plus à tester de nouvelles méthodes de cultures et d’élevage.
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Après avoir longtemps milité auprès de Jeunes agriculteurs, Hélène Doussot est aujourd’hui membre de la commission des agricultrices 71 et membre du bureau de la FDSEA 71.
Hélène Doussot fait partie de ces personnes pour lesquelles l’agriculture a toujours été une évidence. La dernière d’une fratrie de trois, elle est la seule à avoir voulu s’installer sur la ferme familiale. «Malgré tout, après mon bac STAE et mon BTS Acse, ça avait tellement été la fête au lycée pendant cinq ans que je ne me sentais pas prête à travailler tout de suite !» explique-t-elle aujourd’hui avec un grand sourire. «J’ai donc poursuivi par un certificat de spécialisation technico-commerciale au lycée La Brosse à Auxerre».
Après avoir travaillé de-ci de-là, passé son permis poids lourds en trois semaines, elle s’installe avec ses parents en 2006, à l’âge de 23 ans. Son père, parti à la retraite quatre ans après, reste aujourd’hui encore très présent sur l’exploitation. Mais c’est bien Hélène et sa mère qui forment aujourd’hui le Gaec.

Très organisée
La force de caractère qui émane d’Hélène Doussot est l’un des secrets de sa réussite.

Quand elle relate que dans ce monde très masculin cela n’a pas toujours été facile d’être considérée à égalité, on la croit. Et quand elle poursuit en précisant qu’elle ne s’est jamais laissé marcher sur les pieds, on la croit encore plus ! Aujourd’hui, cette jeune femme fait tourner sa ferme comme elle l’entend. «Nous avons 240 ha, dont 130 ha de céréales, le reste en prairie», présente-t-elle. «Nous avons 85 vêlages par an, que je regroupe de décembre jusqu’à mi-janvier».

Et c’est là l’une de ses caractéristiques : une organisation au carré, pour se faciliter la vie au maximum. «Le fourrage est stocké selon sa qualité et sa destination. Je fais aussi des petites balles rondes (200 kg quand même…) pour pouvoir les gérer seule». Il faut dire que pour corser le tout, elle n’habite pas sur place. Donc regrouper les vêlages sur une courte période lui permet de limiter ses déplacements : «et pour éviter de revenir chaque nuit, je me suis équipée de caméras. Cela me rassure et me facilite la vie».

Le droit à l’échec
Curieuse et revendiquant le droit d’essayer, elle teste ainsi depuis deux ans le semi-direct «mais pas toujours avec les résultats espérés». Qu’importe c’est en essayant que l’on apprend et elle revendique ainsi aussi le droit d’échouer !

Il faut dire qu’il y a quelques années, elle avait eu de gros problèmes de maladies sur son élevage «conséquence : j’avais un peu négligé la partie céréale et j’en paie aujourd’hui le prix. D’où la volonté de tout reprendre en main pour remettre de la vie dans le sol en recourant à l’agronomie».

Elle se forme en parallèle à tout un ensemble de méthodes alternatives pour soigner ses bêtes : kinésiologie, ostéopathie, aromathérapie, tout un tas de pratiques en «ie»… mais qui fonctionnent bien : «ma vétérinaire me dit qu’heureusement qu’il y a la vaccination sinon elle ne viendrait jamais chez moi».

Une approche tout en douceur et une présence au quotidien qui lui permettent de créer un lien particulier avec ses vaches, «elles sont très dociles, et je peux les déplacer seule».

Rattrapée par l’urbanisation
Cependant, elle doit composer avec l’environnement… qui lui impose de plus en plus de contraintes. Située au cœur de Gergy, son exploitation est désormais cernée par les habitations et longée par un axe routier très passant reliant Beaune à Chalon : «le matin à partir de 7 heures circuler en tracteur devient mission impossible, donc je vais nourrir les bêtes pour faire en sorte d’être revenue avant cette heure d’affluence».

Elle a donc organisé sa vie familiale en conséquence pour être revenue avant les flux de circulation et pour assurer le petit-déjeuner de ses enfants. Mais cette situation géographique a orienté sa conduite d’exploitation «puisque je ne fais pas d’engraissement, je n’ai pas besoin d’ensilage, donc aucun problème de stockage ou d’odeur vis-à-vis du voisinage». Elle a également enterré et bétonné sa fosse pour éviter là aussi tout problème d’odeur. Cependant, avec une telle configuration, la problématique de la ZNT l’inquiète particulièrement…­

Cédric Michelin

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