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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 28-11-2019]

Moutarde

Un bon coup à jouer

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Fabrice Genin, président de l’AGPMB (ici à droite) et Vincent Lecuret, agriculteur à Lux, le 20 novembre dans une parcelle de moutarde.
Le prix des graines de moutarde a augmenté cette année et laisse place à de belles opportunités.
L’association des producteurs de graines de moutarde (APGMB) est allée plusieurs fois à la rencontre des industriels l’été dernier pour faire évoluer le prix payé aux agriculteurs. Un tarif de 950 euros/t est désormais appliqué sur les douze premiers quintaux récoltés, un autre de 650 euros/t concerne les quintaux supplémentaires. «Un prix unique était jusqu’à présent appliqué. Ces dernières années, il variait de 800 à 820 euros/t», rappelle Fabrice Genin, président de l’APGMB. Cette évolution du prix était «nécessaire» devant les caprices du climat et la pression grandissante d’insectes : «pour un producteur, il est de plus en plus difficile de prévoir son niveau de rendement et donc sa rentabilité, nous l’avons bien fait comprendre aux industriels. L’idée est de couvrir un maximum les risques liés à ces aléas mais aussi de redynamiser la culture après deux campagnes particulièrement compliquées». Le seuil de 12 q/t n’a pas été choisi au hasard puisqu’il représente, à peu de chose près, la moyenne de rendements de ces deux dernières années : «quelqu’un qui aura la chance d’obtenir un rendement de 16 q/ha l’été prochain sera toujours gagnant malgré les 650 euros/t payés sur les quintaux suivants. La hausse de prix, par rapport à cette année, tournera alors aux alentours de 10 %».

1 000 ha à trouver
Environ 5 000 ha de graines de moutarde ont été semés ces dernières semaines. «Les premiers l’ont été à partir du 20 septembre. Le reste des moutardes, et d’ailleurs la plus grande majorité, ont été semées entre le 1er et le 4 octobre. Le développement des plantes est pour l’instant très intéressant, voire optimal. La pression d’insectes est malheureusement encore importante et plusieurs insecticides sont nécessaires, cela devient une habitude», souligne Fabrice Genin. L’AGMPB recherche encore 1 000 ha de production et lance un nouvel appel aux producteurs qui aimeraient tenter l’aventure au printemps : «il y a encore de la place ! Les fenêtres pour semer ont été très courtes cet automne et certains exploitants n’ont pas pu tout semer ce qu’ils voulaient. Aussi et surtout, des producteurs historiques ont diminué leurs surfaces devant un salissement devenu trop important dans leurs champs. Pour lutter contre ce phénomène, la moutarde doit revenir moins souvent sur une même parcelle, cela implique parfois de baisser la proportion de moutarde dans son assolement».

Rendez-vous dès février
La période optimale pour semer de la moutarde de printemps se situe généralement entre le 20 février et le 15 mars. «Au-delà, l’agriculteur risque de perdre en productivité, avec l’arrivée des méligèthes au mois de mai», avertit Fabrice Genin. Aucune surface minimale n’est exigée pour se lancer, un exploitant peut se tester sur seulement trois ou quatre hectares s’il le souhaite. De «bonnes» terres sont préférables pour obtenir des résultats significatifs. La culture de moutarde nécessite d’être «méticuleux et déterminé à produire», celle-ci doit être «suivie au quotidien». La moutarde rencontre les mêmes problématiques que le colza, mais moins de solutions techniques sont à disposition : «nous ne pouvons pas, par exemple, la semer au 1er août comme certains le font désormais avec le colza, dans le but d’avoir des plantes très poussantes qui résisteront mieux aux insectes. Semée en août, la moutarde serait en fleur au 15 octobre et gèlerait en hiver. La moutarde reste une culture de printemps qui n’a pas besoin de vernaliser».

Aurélien Genest

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Grandes cultures Des semis parfois difficiles

Président du pôle « cultures annuelles » de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, Fabrice Genin évoque l’implantation des cultures ces dernières semaines : « tout n’a pas été rose une nouvelle fois, avec un climat encore très particulier. Il a fait très sec jusqu’à fin septembre et personne ou presque ne semait. Le risque était trop important que tout lève en même temps, avec un fort salissement à la clé comme l’an dernier. La pluie est ensuite revenue, plus tôt qu’en 2018, c’est bien, cela a permis de belles levées. Mais avec les fortes précipitations, les plages pour semer ont ensuite été très courtes. Tout le monde avait à l’esprit qu’il ne fallait pas semer trop tôt, et un certain nombre de producteurs se sont fait prendre par le temps. Des cultures ne sont sans doute pas encore semées aujourd’hui. Au sud du département, ce n’est pas trop problématique mais sur les plateaux, cela l’est davantage ». Aucune grande tendance ne semble être constatée dans les assolements cette année, si ce n’est la nouvelle diminution des surfaces en colza : « elle se confirme une nouvelle fois. Le contexte n’est déjà pas très favorable et en plus de cela, le climat n’a pas incité à en faire. La pression d’altises semble toujours aussi forte. Certains se lancent aujourd’hui dans la luzerne, mais les débouchés des premières coupes ne sont pas toujours évidents. Il y a aussi le tournesol, qui n’a pas connu une grande réussite en 2018. Il y a davantage de soja dans la plaine, avec un certain nombre de satisfactions. Sur le plateau, le pois se développe mais n’offre pas toujours une garantie de résultats. Il n’est vraiment pas facile de remplacer le colza, nous n’avons aujourd’hui que des morceaux de solutions ».

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