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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 14-11-2019]

Consommation

Les fruits et légumes bios français convoités par les transformateurs

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La gamme bio de légumes surgelés Paysan Breton est 100 % en origine France.
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Alors que leurs ventes ont explosé sur le marché du frais, on trouve encore peu de produits transformés à base de fruits et légumes bio français. Les industriels entendent bien dynamiser ce secteur et cherchent des fournisseurs.
«Les jeunes consommateurs poussent le marché vers le bio, le local et les circuits courts. Le marché des produits transformés doit répondre à cette tendance !» Bernard Lignon, chargé de projet qualité chez Synabio (1), peut s’appuyer sur les chiffres pour illustrer son propos : les marchés bios du surgelé et des plats préparés ont en effet cru respectivement de 29 % et 22 % entre 2017 et 2018 (2). Avec la croissance du marché végétarien, l’obligation pour la restauration collective d’intégrer 20 % de produits bios (3), le marché des produits transformés à base de légumes et fruits bio issus de filières françaises semble avoir un bel avenir devant lui. Bernard Lignon en est convaincu : «La transformation offre de belles opportunités !»

La transformation reste marginale face au marché du frais
Pourtant, à l’heure où la production en fruits et légumes bio s’accroît, le marché du frais fait de l’ombre à la transformation… Philippe Constant, responsable approvisionnement chez Favols-Naturgie (Lot-et-Garonne), société spécialisée dans la transformation de fruits bio (60 %) et conventionnels, en témoigne : «Nos matières premières sont issues de filières françaises à 25 % et à 41 % de l’Union européenne. Nous souhaitons augmenter la part de fruits français dans nos compotes bios, mais c’est encore difficile car une majorité est destinée au marché du frais».

Une réalité qu’il explique en partie par des coûts de production plus élevés en bio, et pas toujours intéressants face aux niveaux de prix de la transformation. Aussi l’entreprise Favols-Naturgie, qui commercialise ses produits sous marques distributeurs mais aussi sous sa marque propre Saveurs Attitudes, a encore du mal à structurer une filière d’approvisionnement régulière : «Peu de producteurs bios se consacrent exclusivement à la production pour la transformation, et nous dépendons des écarts de tri des variétés de bouche. Nos volumes de matières premières peuvent ainsi varier du simple au double selon les conditions climatiques».

Des variétés de bouche peu adaptées à la transformation
«En matière de goût et de tenue, les variétés de bouche ne sont pas toujours adaptées à la transformation», souligne Philippe Constant de Favols-Naturgie. C’est pour cette raison que la coopérative Sicoly (Monts du Lyonnais), spécialisée dans les petits fruits, accompagne ses producteurs dans la mise en place de plantations pour la transformation. Cela passe par un soutien financier aux producteurs, sachant qu’il faut parfois compter cinq ans pour qu’une nouvelle culture entre en production. «La spécialisation et la montée en technicité sont de vrais enjeux, explique le président de Sicoly, Patrick Reynard. Afin d’encourager les producteurs et de sécuriser nos approvisionnements, nous leur assurons des revenus rémunérateurs, au détriment de nos propres marges sur la vente qui sont parfois nulles».

Éviter une transformation à l’étranger
«Mis à part pour la pomme, la poire ou l’abricot qui ont une filière industrielle bien développée, il est difficile de réaliser certaines opérations de transformation en France, comme l’épluchage ou l’équeutage», déplore Philippe Constant de Favols-Naturgie. «Certains produits français sont ainsi envoyés à l’étranger pour ces opérations et reviennent en France pour une seconde transformation ! Il serait opportun de mutualiser les demandes des transformateurs, tant pour structurer une filière d’approvisionnement que pour nous doter d’outils industriels efficaces».


(1) Syndicat des transformateurs et distributeurs bio.
(2) Source : Agence Bio, AND-International 2019.
(3) Article 24 de la loi Égalim.

Mylène Coste

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