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COTE D'OR

[Article mis en ligne le 05-09-2019]

Ressources en eau

Œuvrer tous ensemble

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Jean-Pierre Fleury, éleveur à Saint-Martin-de-la-Mer et Vincent Lavier, président de la Chambre d’agriculture, lundi à Liernais.
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La Chambre d’agriculture de Côte-d’Or vient d’organiser une réunion de crise sur la gestion de l’eau.
Les éleveurs du Morvan connaissent une deuxième grande sécheresse consécutive, avec des conséquences inquiétantes sur les exploitations. « La situation que vit actuellement le Morvan est inédite et pire qu’en 1976 », assure Jean-Pierre Fleury. À l’initiative de la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or, une réunion s’est tenue le 2 septembre à Liernais en présence d’éleveurs, du sous-préfet de Beaune et de représentants de la DDT ainsi que de la DDPP. « Il était essentiel de dresser un état des lieux précis de la situation. L’idée était d’arriver à se projeter à très court terme pour répondre aux besoins des éleveurs, mais aussi à moyen terme afin de pérenniser la ressource en eau pour l’abreuvement des animaux. Nous devrons œuvrer tous ensemble pour trouver un maximum de solutions », présente Vincent Lavier.
Les éleveurs se sont longuement exprimés lors de ce rendez-vous. « Ils en avaient vraiment besoin. Des choses parfois très dures ont été dites », mentionne Jean-Pierre Fleury.

Législation, ça coince
La question du coût de l’eau, l’un des premiers sujets abordés, n’a pas trouvé de réponse immédiate. La législation n’autorise malheureusement pas l’application de tarifs préférentiels, malgré cette situation exceptionnelle. « La réglementation ne permet pas de faire des tarifs différenciés. Une piste est néanmoins à travailler avec l’eau non traitée et qui n’est pas aux normes de la potabilité humaine, les éleveurs sont demandeurs. Les syndicats s’imprègnent déjà du sujet. Le coût serait moindre que l’eau potable », poursuit le président de la Chambre d’agriculture. Les services écologiques rendus par les éleveurs et leurs animaux (entretien des paysages, réduction des risques de départs de feux grâce au pâturage) sont mis en avant pour obtenir des prix spécifiques. Le Conseil départemental, qui ne peut plus aider directement les éleveurs à cause de la loi Notre, va soutenir les syndicats des eaux dans leurs divers investissements. « Le syndicat du Sesam, par exemple, achemine les eaux de sources abandonnées suite à la mise en place des interconnexions. Ces investissements vont être aidés par le Département. Le tarif de l’eau varierait de 0,8 à 1,20 euro/m3 pour l’éleveur », informe Vincent Lavier. Jean-Pierre Fleury rappelle l’existence des droits d’eau historiques : « nous invitons les éleveurs à consulter leurs actes notariés. Les mairies et la DDT peuvent aussi les renseigner. Ces documents peuvent donner le droit d’actionner des barrages, par exemple. Ces droits d’eau sont toujours valables, l’administration ne peut pas s’y opposer. Ils peuvent être d’une grande utilité ».

Jouer collectif
La Chambre d’agriculture appelle les exploitants ayant des projets à contacter ses services sans plus attendre. « Nous mettons en place ce dispositif dès maintenant », souligne Vincent Lavier, « en pratique, les éleveurs qui veulent sécuriser leur approvisionnement en eau nous contactent en nous présentant les différentes caractéristiques de leur projet. Nous voulons jouer un rôle pivot entre les agriculteurs, la DDT, la préfecture et tous les services compétents en la matière. Des projets collectifs auront beaucoup plus de chance d’aboutir, cela va sans dire ». Jean-Pierre Fleury et Vincent Lavier invitent les agriculteurs à sortir de la « logique de l’interdit » : « beaucoup d’exploitants pensent à tort qu’il n’est plus possible de faire quoi que ce soit aujourd’hui. Nous allons rédiger une note avec les services de l’État, en expliquant ce qu’il est possible de réaliser sur le terrain et dans quelles conditions ».

Aurélien Genest

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Conseil départemental « De l’eau pour tous et accessible économiquement »

Pour les élevages déjà malmenés économiquement de l’Auxois-Morvan les difficultés d’approvisionnement en eau aggravent une situation déjà très tendue. Le Conseil départemental s’est donc emparé du sujet et travaille de concert avec la Chambre d’agriculture 21 et le Sesam (Syndicat des eaux et services de l’Auxois-Morvan) pour aider les élevages à traverser au mieux ce nouvel épisode de sécheresse, tout en trouvant des solutions plus pérennes qui permettent de s’adapter dans la durée au changement climatique.
La sécheresse déjà sérieuse en 2018, s’est amplifiée du fait des épisodes caniculaires enregistrés ces derniers mois, de l’insuffisance des pluies d’hiver qui n’ont pas permis le rechargement des nappes et de la hausse généralisée des températures qui a accentué le dessèchement des prairies et la pénurie d’eau. La zone Auxois-Morvan, qui concentre 75 % de la production bovine, est la plus touchée. « C’est là où il pleut le moins que les besoins sont les plus élevés » confirme Vincent Lavier, président de la Chambre d’agriculture de côte d’Or, lors d’une réunion d’information au Conseil départemental le 30 août dernier. Convaincu de la nécessité de soutenir l’élevage départemental, le président du Conseil départemental, François Sauvadet, souhaite dans un premier temps apporter des solutions permettant de pallier l’urgence et, dans un second temps, de mettre en place les conditions permettant d’éviter les situations de pénurie. Il s’agit de « mobiliser toutes les ressources disponibles pour assurer l’approvisionnement en eau des élevages à un prix économiquement tenable ». La collaboration avec le Sesam permet d’envisager ainsi de nouvelles interconnexions de réseaux, la mobilisation de ressources déjà existantes (hors eau potable) et non utilisées (étangs, rivières, fontaines, sources…) et des opérations ponctuelles de stockages en commun au moyen de bâches de 2 500 m3… À plus long terme, les partenaires évoquent aussi la création de réserves d’eau pérennes et s’intéressent à toutes les solutions permettant d’améliorer la disponibilité de l’eau, dans un département particulièrement exposé à la pénurie, du fait de sa configuration géographique. La prochaine session extraordinaire du Conseil départemental, qui se réunira le 9 septembre prochain, devrait permettre d’élargir la réflexion, avec la volonté de « répondre à l’urgence pour les élevages et assurer l’avenir » face au défi du changement climatique.

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