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BOURGOGNE

[Article mis en ligne le 27-06-2019]

Agriculture biologique

La Région veut promouvoir le bio

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Cette visite de terrain a été l’occasion pour Marie-Guite Dufay d’échanger avec les représentants du monde agricole sur plusieurs sujets sensibles, tels que la biosécurité ou les pullulations de sangliers.
À la veille du vote d’une convention d’objectifs 2019-2021 en faveur de l’agriculture biologique par l’assemblée régionale, la présidente de région s’est déplacée en Haute-Saône pour manifester son soutien à ce mode de production favorable à l’environnement et créateur de valeur ajoutée sur le territoire.
L’assemblée régionale doit voter, fin juin, une convention d’objectifs 2019-2021 en faveur de l’agriculture biologique entre la Région, la chambre régionale d’agriculture et la fédération régionale de l’agriculture biologique de Bourgogne Franche-Comté. Aussi la présidente de Région Marie-Guite Dufay s’est rendue en Haute-Saône, le 17 juin dernier, pour donner un signal fort aux agriculteurs biologiques. Une destination qui ne doit rien au hasard, puisque ce département fait montre d’une dynamique de conversions soutenue vers l’agriculture biologique depuis plusieurs années. Avec 29 000 hectares de SAU déjà en bio, qui représentent près de la moitié de la surface régionale (64 000 hectares), mises en valeur par 292 exploitations (+7 % en 2018), mais aussi plus de la moitié de la production du lait bio régional, le département fait un peu figure de locomotive. Il existe certes des explications contextuelles à ce particularisme haut-saônois, telles que l’impossibilité d’accéder aux niveaux élevés de valorisation du lait via les AOP fromagères, mais pour Gérald Pichot, président des JA de Haute-Saône et lui-même en bio, c’est surtout la bonne synergie entre les différentes structures impliquées dans le développement de la bio qui fait la différence. «Les excellents rapports entre Interbio, le groupement des agriculteurs biologiques du département et la Chambre d’agriculture nous permettent d’accompagner à la fois les conversions et la structuration des filières dans de très bonnes conditions». Propos corroborés par ceux de Thierry Chalmin, le président de la Chambre d’agriculture : «l’organisation en Haute-Saône en 2020 de Tech’n bio - le salon de référence des techniques agricoles bios et alternatives - reflète bien cette dynamique», a-t-il déclaré à la présidente.

Des agriculteurs épanouis
À Battrans, à proximité de Gray, la délégation régionale a visité la ferme des Denaises. Après plus de 20 ans en agriculture conventionnelle intensive (zéro pâturage pour valoriser à plein le bon potentiel agronomique des sols à travers les cultures de vente), Daniel et Aurélie Paulien ont converti leur exploitation laitière à l’agriculture biologique il y a trois ans. Une démarche mûrement réfléchie, et nourrie par l’expérience de l’agriculture de conservation. «Pour moi c’est la suite logique de mes observations sur les évolutions de la vie du sol. L’intérêt de garder les sols couverts toute l’année est encore plus fort en bio, notamment pour maîtriser le salissement», explique Daniel. La valorisation du lait, et au-delà le sens même du métier de producteur ont aussi été déterminants dans cette trajectoire. «J’en étais arrivé à une certaine lassitude du métier, avec un prix du lait payé aussi bas : si nous n’étions pas passés en bio - où le lait est payé 50 % plus cher par la laiterie (460 €/T) - je crois que nous aurions arrêté», témoigne Aurélie, qui a créé un atelier de transformation du lait en yaourts et fromages blancs et un point de vente à la ferme, après une formation pour adultes à l’Enil-bio de Poligny. Aujourd’hui le pâturage a retrouvé sa place dans le système d’exploitation, associé à l’affouragement en vert pendant les périodes sèches. «On a complètement renversé la vapeur : l’objectif est l’autonomie pour l’alimentation du troupeau, en fourrage et en protéines végétales, ce qui fait qu’on a complètement arrêté les cultures de vente. Au final, on a fortement réduit nos coûts d’alimentation, quasiment divisés par deux, tout en continuant à valoriser le potentiel génétique du troupeau, autour de 8 000 kg/VL», détaille Daniel, avant d’aborder avec la présidente l’épineuse question du coût des matériels pour le travail du sol, et des aides à l’investissement, dont la plus grande part est captée par… les vendeurs de matériels ! «Je suis pour une aide aux pratiques, plutôt qu’à l’investissement, plaide l’exploitant, comme ce qui se pratique en Suisse. On peut avoir des pratiques favorables à l’environnement avec du matériel d’occasion !»

Des porcs qui ignorent leur bonheur
À Chargey-lès-Gray, au hameau de la Rente Rouge, les grognements d’excitation des porcs de plein air font écho aux exclamations des visiteurs. «Vous n’êtes pas conscient de la chance que vous avez !», lance Marie-Guite Dufay aux suidés qui trottinent et fouissent de l’autre côté de la clôture. Sur un parc de 30 ha, cloisonné en paddocks, bandes de porcs charcutiers élevés par Baptiste Bernard font plaisir à voir. «C’est un atout pour notre point de vente, expose l’éleveur : nos clients peuvent venir voir comment ça se passe, il suffit de suivre le chemin…» C’est en 2015 que l’agriculteur s’est lancé, au départ avec un petit cheptel de huit truies, pour la vente directe de porcs charcutiers de plein air. «De la création du troupeau à la formation des parcs, j’ai tout monté de A à Z, c’est comme une deuxième installation. Aujourd’hui j’ai 40 mères et je produis 700 porcs charcutiers par an. Nous en transformons un tiers sur l’exploitation, soit quatre par semaine, le reste est transformé dans la Loire». Comme à Battrans, où le passage en bio a permis de créer un emploi de salarié agricole sans augmenter la surface, ici aussi l’intérêt social de ce mode de production trouve une illustration : Émilie Jarrot, sa conjointe a pu s’installer et s’associer avec lui. C’est elle qui gère l’atelier de découpe et le point de vente, qui emploie depuis quelques mois un salarié à temps partiel. Une ombre plane toutefois sur ce décor enchanteur : le spectre de la peste porcine africaine… Malgré les coûteuses mesures de biosécurité mises en place (3 €/mètre linéaire de clôture du parc, hors main-d’œuvre) l’exploitant est à la merci d’un abattage total de son cheptel en vertu du principe de précaution. «Si un sanglier mort de la peste porcine est retrouvé dans les environs de mon exploitation, je n’aurais pas d’autre choix que d’arrêter !» explique Baptiste Bernard à la présidente de Région, qui prend connaissance à cette occasion de l’inquiétante pullulation des sangliers, favorisée par les pratiques d’agrainage.

Se former en MFR
Le périple se conclut à la Maison familiale et rurale (MFR) de Chargey-lès-Gray, qui propose une formation pour adultes de technicien agricole en production biologique. L’illustration du volet formation, mis en vedette par la Région. «La formation est un des facteurs de la réussite de la reconversion en bio et nous sommes fiers d’accompagner ces stagiaires qui se destinent au maraîchage et à l’élevage ovin», a conclut la présidente. Rappelons ici que la Région s’est fixé comme objectif, d’ici 2021, d’avoir 50 % de l’approvisionnement des cantines scolaires des lycées en circuits de proximité, dont 20 % en bio. À la MFR de Chargey, un repas par semaine est déjà bio…

AC

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