élevage
Vers la création d’un IGP Charolais de Bourgogne ?
C’est un projet de longue date qui pourrait bien aboutir dans les mois qui viennent : la création d’un IGP Charolais de Bourgogne ou la reconnaissance du savoir-faire des hommes et de la richesse d’un territoire.
Pour l’association Charolais de Bourgogne, c’est le fruit de quinze années de travail de longue haleine, afin de faire reconnaître une signature de qualité, celle du Charolais de Bourgogne. Car si la race charolaise est présente dans d’autres régions de France, la Bourgogne en reste le berceau historique. Alors hors de question pour les éleveurs d’assister à la même «usurpation d’identité» qu’ont pu subir les non moins célèbres champignons de Paris, escargots de Bourgogne et moutarde de Dijon. Pour Régis Taupin, agriculteur sur la commune de Poisson, éleveur de charolais et président de l’association Charolais de Bourgogne, cet IGP est la promesse d’une protection et d’une reconnaissance.
Après quinze années de travail et quatre demandes refusées, le dossier semble enfin aboutir. Le cahier des charges Charolais de Bourgogne a en effet été envoyé fin 2016 à Bruxelles et est en procédure européenne d’opposition depuis février 2017. Traduit en 20 langues il est soumis aux autres pays européens qui auront chacun trois mois pour donner leur avis. La réponse est donc attendue pour le mois de juin.
90% de chances pour une réponse positive
Si Régis Taupin avance un chiffre encourageant, 9O% de chances d’après lui pour que le dossier soit validé, ce n’est pas un hasard. Les quinze années de travail ont permis d’aboutir à un dossier bien ficelé qui réunisse tous les critères demandées par la commission : une zone indifférenciée, qui présente une particularité, et une notoriété.
L’association est allée chercher jusqu’en 1985 les premières traces d’une appellation et a créé une marque en 2005, Charolais de Bourgogne, afin de fédérer les abatteurs. La notoriété est là : «Aujourd’hui c’est 500 tonnes de viande vendue sous cette marque dans toute la France, 40% en Bourgogne, 35% en région parisienne et le reste en Rhône-Alpes», précise Régis Taupin. Le deuxième critère à remplir demeurait celui de la zone : celle-ci a été ciblée avec l’aide d’Agro Dijon Sud. Elle englobe toute la Nièvre et la Saône-et-Loire, 35% de la Côte d’Or, 25% de l’Yonne et déborde aussi sur la Loire, le Rhône et le Cher.
L’IGP ou l’image d’un vert pays
L’IGP, ou Indication Géographique Protégée, est la garantie d’un territoire mais surtout d’une image : celle du vert pays, des bocages, des taillés et de la chapelle du XIIe et du XIIIe siècle.
La France telle qu’on se l’imagine, avec ses vaches parcourant les prairies. «L’IGP est lié à la pratique et non au sol, mais la pratique engendre des pays bocagés. Avec le label, j’ai la garantie alimentaire. Avec l’AOP, j’ai la typicité d’un produit. Avec l’IGP j’ai la garantie géographique et la garantie alimentaire du label rouge», explique Régis Taupin.
C’est donc tout l’intérêt de l’IGP que de protéger la richesse d’une région et d’une histoire. «Avec l’IGP, le mot Charolais et Bourgogne ne pourront pas être associés sans que l’on passe par nous».
Plus qu’un label, une valeur ajoutée
Mais bien plus qu’un simple label, cet IGP Charolais de Bourgogne représente pour les éleveurs une véritable valeur ajoutée pour leurs produits. «Le fait de passer en IGP engendre toujours une plus-value éleveur significative. Si les animaux sont mieux valorisés, il y aura de plus en plus d’éleveurs et peut-être une hausse de la production. Si toutes les entreprises de viande jouent le jeu, on aura toutes les chances pour que ça se développe».
Aujourd’hui la zone représente 700 000 hectares d’herbe sur plusieurs départements. «Le piège à carbone le plus efficace, une particularité qu’on veut aussi valoriser», ajoute Régis Taupin.
Une valorisation nécessaire pour l’agriculteur, surtout face aux nombreuses organisations anti-viande qui voient le jour et ne cessent d’influencer l’opinion publique. «Quand on voit les L214, les Vegan, qui nous confondent avec les élevages intensifs américains, ça ne cesse de nous décrédibiliser. Chez nous il y a une vache par terrain de foot !» Et de défendre des pratiques vertueuses pour les animaux et l’environnement : «La vache mange toute l’année de l’herbe. Si on détruit l’élevage français allaitant extensif, ces 700 000 ha d’herbe vont se transformer en cultures. La charrue va labourer et on a vu par expérience que la prairie labourée ne redevient jamais prairie permanente. À force de nous pilonner, on est en train de détruire une filière et des gens qui travaillent correctement».
Une réponse face à la crise
La colère face à une crise laitière qui impacte directement l’élevage allaitant, Régis Taupin connaît. Mais aussi l’espoir, de maintenir les prairies, les exploitations et cette ruralité propre à la France. Espoir encouragé par la promesse de cet IGP. «Sans signe distinctif, on est tout de suite assimilé low cost, c’est pour ça qu’on a créé le Coeur de gamme. Et avec l’IGP, nous allons mettre en avant la qualité et la proximité. Ce sera la plus grande surface en IGP et la première race pure à prendre en compte tous les mâles».
Si le dossier est validé par la Commission Européenne, cela signifiera pour les 1500 éleveurs concernés, les 5 abatteurs et les 6 OP de se mettre aux normes en quinze jours, afin de répondre au cahier des charges contrôlé par Qualisud.
Après quinze années de travail et quatre demandes refusées, le dossier semble enfin aboutir. Le cahier des charges Charolais de Bourgogne a en effet été envoyé fin 2016 à Bruxelles et est en procédure européenne d’opposition depuis février 2017. Traduit en 20 langues il est soumis aux autres pays européens qui auront chacun trois mois pour donner leur avis. La réponse est donc attendue pour le mois de juin.
90% de chances pour une réponse positive
Si Régis Taupin avance un chiffre encourageant, 9O% de chances d’après lui pour que le dossier soit validé, ce n’est pas un hasard. Les quinze années de travail ont permis d’aboutir à un dossier bien ficelé qui réunisse tous les critères demandées par la commission : une zone indifférenciée, qui présente une particularité, et une notoriété.
L’association est allée chercher jusqu’en 1985 les premières traces d’une appellation et a créé une marque en 2005, Charolais de Bourgogne, afin de fédérer les abatteurs. La notoriété est là : «Aujourd’hui c’est 500 tonnes de viande vendue sous cette marque dans toute la France, 40% en Bourgogne, 35% en région parisienne et le reste en Rhône-Alpes», précise Régis Taupin. Le deuxième critère à remplir demeurait celui de la zone : celle-ci a été ciblée avec l’aide d’Agro Dijon Sud. Elle englobe toute la Nièvre et la Saône-et-Loire, 35% de la Côte d’Or, 25% de l’Yonne et déborde aussi sur la Loire, le Rhône et le Cher.
L’IGP ou l’image d’un vert pays
L’IGP, ou Indication Géographique Protégée, est la garantie d’un territoire mais surtout d’une image : celle du vert pays, des bocages, des taillés et de la chapelle du XIIe et du XIIIe siècle.
La France telle qu’on se l’imagine, avec ses vaches parcourant les prairies. «L’IGP est lié à la pratique et non au sol, mais la pratique engendre des pays bocagés. Avec le label, j’ai la garantie alimentaire. Avec l’AOP, j’ai la typicité d’un produit. Avec l’IGP j’ai la garantie géographique et la garantie alimentaire du label rouge», explique Régis Taupin.
C’est donc tout l’intérêt de l’IGP que de protéger la richesse d’une région et d’une histoire. «Avec l’IGP, le mot Charolais et Bourgogne ne pourront pas être associés sans que l’on passe par nous».
Plus qu’un label, une valeur ajoutée
Mais bien plus qu’un simple label, cet IGP Charolais de Bourgogne représente pour les éleveurs une véritable valeur ajoutée pour leurs produits. «Le fait de passer en IGP engendre toujours une plus-value éleveur significative. Si les animaux sont mieux valorisés, il y aura de plus en plus d’éleveurs et peut-être une hausse de la production. Si toutes les entreprises de viande jouent le jeu, on aura toutes les chances pour que ça se développe».
Aujourd’hui la zone représente 700 000 hectares d’herbe sur plusieurs départements. «Le piège à carbone le plus efficace, une particularité qu’on veut aussi valoriser», ajoute Régis Taupin.
Une valorisation nécessaire pour l’agriculteur, surtout face aux nombreuses organisations anti-viande qui voient le jour et ne cessent d’influencer l’opinion publique. «Quand on voit les L214, les Vegan, qui nous confondent avec les élevages intensifs américains, ça ne cesse de nous décrédibiliser. Chez nous il y a une vache par terrain de foot !» Et de défendre des pratiques vertueuses pour les animaux et l’environnement : «La vache mange toute l’année de l’herbe. Si on détruit l’élevage français allaitant extensif, ces 700 000 ha d’herbe vont se transformer en cultures. La charrue va labourer et on a vu par expérience que la prairie labourée ne redevient jamais prairie permanente. À force de nous pilonner, on est en train de détruire une filière et des gens qui travaillent correctement».
Une réponse face à la crise
La colère face à une crise laitière qui impacte directement l’élevage allaitant, Régis Taupin connaît. Mais aussi l’espoir, de maintenir les prairies, les exploitations et cette ruralité propre à la France. Espoir encouragé par la promesse de cet IGP. «Sans signe distinctif, on est tout de suite assimilé low cost, c’est pour ça qu’on a créé le Coeur de gamme. Et avec l’IGP, nous allons mettre en avant la qualité et la proximité. Ce sera la plus grande surface en IGP et la première race pure à prendre en compte tous les mâles».
Si le dossier est validé par la Commission Européenne, cela signifiera pour les 1500 éleveurs concernés, les 5 abatteurs et les 6 OP de se mettre aux normes en quinze jours, afin de répondre au cahier des charges contrôlé par Qualisud.