Dégâts de gibier
Sanglier : le ras-le-bol des agriculteurs
Le canton de Montsauche a de nouveau été touché cet hiver par d’importants dégâts de gibier. à Dun-les-Place, le président des Jeunes Agriculteurs du canton, Alexandre Mocellin déplore la perte de 12 ha.
Colère et impuissance. Cela suffit à résumer le sentiment ressenti par Alexandre Mocellin, de nouveau touché cette année par les dégâts de gibier. Premier incriminé : le sanglier. L’an dernier, le président des JA de Montsauche avait perdu 13, 5 ha, cette année 12 ha sont partis en fumée. Et à chaque fois, c’est le même sentiment : celui d’un «viol de propriété». Et la consternation face à des dégâts parfois irréparables. «Là où passent les sangliers, ce ne sont pas que des trous dans les champs. C’est aussi beaucoup de chardons, des bêtes qui mangent de la terre, qui sont parasitées et qui peuvent mourir empoisonnées. L’an dernier, j’ai perdu trois vaches. La dernière que l’on a autopsiée, on a retrouvé des cailloux dans sa panse». Et en effet, difficile de réparer les dégâts. L’agriculteur doit passer une herse de prairie, mais cela déplace seulement les mottes sans pour autant reboucher les trous. L’herbe peine à repousser sur des parcelles parfois rendues improductives, ce qui engendre la casse du matériel et impacte fortement la qualité du fourrage. D’autant plus que les agriculteurs se plaignent de ne pas être indemnisés à la mesure des dégâts. «L’an dernier on a touché seulement 2000€ pour les dégâts de gibier alors que 13 ha ont été détruits. Les pertes économiques ne sont pas prises en compte par les estimations», regrette Alexandre Mocellin.
Des répercussions psychologiques
Mais au-delà des pertes économiques, les dégâts de gibier ont aussi des répercussions psychologiques. Sentiment que leur activité est déconsidérée, voire de «travailler pour rien» : pour les agriculteurs, la détresse est immense. «Quand j’arrive dans une parcelle et que je vois des trous énormes, j’en ai ras-le-bol et j’ai l’impression que le loisir prime sur mon travail, explique Alexandre Mocellin, amer. C’est la santé de mes vaches qui est en jeu. Et si je paye 85 à 100 euros de l’hectare à la location, ce n’est pas pour y voir des coups de nez !». Pour les agriculteurs le constat est sans appel, il faut régulariser les pratiques de chasse et durcir la réglementation.
De la chasse loisir à la chasse business
À Moulins-Engilbert, Olivier Laporte, en charge du dossier chasse à la FDSEA, intervient sur le terrain pour tout ce qui touche aux dégâts de gibier. Et depuis une dizaine d’années, l’agriculteur a remarqué une augmentation notable du nombre de sangliers, ils seraient 20% de plus qu’auparavant. «Avant, j’avais un passage de sanglier par an mais depuis dix ans, c’est de plus en plus récurrent.» Pour cela, il appelle les agriculteurs à prendre des photos et alerter les chasseurs et la FDSEA dès les premiers dégâts afin de stopper au plus vite le phénomène. Mais au-delà il lui paraît nécessaire de réguler la population de sangliers. «Et si les chasseurs ne jouent pas le jeu, on sera obligés d’en arriver à la battue administrative». À Dun-les-Place, Alexandre Mocellin a constaté lui aussi une augmentation du nombre de sangliers mais aussi un changement de comportement chez ceux-ci, plus domestiques qu’auparavant. «Il m’est arrivé de me retrouver à deux mètres de dix huit sangliers et ceux-ci ne bougent pas ! L’an dernier j’ai vu quarante sangliers traverser devant ma voiture».
Encadrer davantage les pratiques
Pour les agriculteurs, ces dérives seraient dû à une évolution dans les pratiques de chasse. Regroupés autour de Pierre Bobin, l’ancien responsable cantonal, ils souhaitent que l’agrainage, qui est encore toléré à plus de trois cents mètres des terres agricoles, soit davantage raisonné, dans une bonne entente avec les chasseurs, Ils réclament également une suppression des zones de réserve : «on exige que tout le territoire soit chassé et que des animaux soient prélevés sur tout le territoire», précise Pierre Bobin. Enfin «que la fédération de chasse joue son rôle, mette les chasseurs au pli et les informent de la réglementation».
Des répercussions psychologiques
Mais au-delà des pertes économiques, les dégâts de gibier ont aussi des répercussions psychologiques. Sentiment que leur activité est déconsidérée, voire de «travailler pour rien» : pour les agriculteurs, la détresse est immense. «Quand j’arrive dans une parcelle et que je vois des trous énormes, j’en ai ras-le-bol et j’ai l’impression que le loisir prime sur mon travail, explique Alexandre Mocellin, amer. C’est la santé de mes vaches qui est en jeu. Et si je paye 85 à 100 euros de l’hectare à la location, ce n’est pas pour y voir des coups de nez !». Pour les agriculteurs le constat est sans appel, il faut régulariser les pratiques de chasse et durcir la réglementation.
De la chasse loisir à la chasse business
À Moulins-Engilbert, Olivier Laporte, en charge du dossier chasse à la FDSEA, intervient sur le terrain pour tout ce qui touche aux dégâts de gibier. Et depuis une dizaine d’années, l’agriculteur a remarqué une augmentation notable du nombre de sangliers, ils seraient 20% de plus qu’auparavant. «Avant, j’avais un passage de sanglier par an mais depuis dix ans, c’est de plus en plus récurrent.» Pour cela, il appelle les agriculteurs à prendre des photos et alerter les chasseurs et la FDSEA dès les premiers dégâts afin de stopper au plus vite le phénomène. Mais au-delà il lui paraît nécessaire de réguler la population de sangliers. «Et si les chasseurs ne jouent pas le jeu, on sera obligés d’en arriver à la battue administrative». À Dun-les-Place, Alexandre Mocellin a constaté lui aussi une augmentation du nombre de sangliers mais aussi un changement de comportement chez ceux-ci, plus domestiques qu’auparavant. «Il m’est arrivé de me retrouver à deux mètres de dix huit sangliers et ceux-ci ne bougent pas ! L’an dernier j’ai vu quarante sangliers traverser devant ma voiture».
Encadrer davantage les pratiques
Pour les agriculteurs, ces dérives seraient dû à une évolution dans les pratiques de chasse. Regroupés autour de Pierre Bobin, l’ancien responsable cantonal, ils souhaitent que l’agrainage, qui est encore toléré à plus de trois cents mètres des terres agricoles, soit davantage raisonné, dans une bonne entente avec les chasseurs, Ils réclament également une suppression des zones de réserve : «on exige que tout le territoire soit chassé et que des animaux soient prélevés sur tout le territoire», précise Pierre Bobin. Enfin «que la fédération de chasse joue son rôle, mette les chasseurs au pli et les informent de la réglementation».