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«Réduire l’asphyxie administrative»
Guy Robail, 52 ans, est polyculteur éleveur à Châteauneuf Val de Bargis. Son projet s’il était président ? Redonner du sens au travail des agriculteurs.
«Si j’étais président, mon projet serait de redonner du sens au travail des agriculteurs. Je reconnaîtrais le rôle utile et indispensable de l’agriculture dans l’occupation du territoire et le tissu économique au même titre que beaucoup d’entreprises. Je mettrais en avant la qualité et la sécurité que nous apportent nos productions locales à une époque où on peut toujours trouver moins cher quelque part dans le monde. Oui, mais à quel prix ?» Guy Robail souhaiterais également simplifier les démarches administratives. «Je veillerais à réduire l’asphyxie administrative et réglementaire qui étouffe les exploitations agricoles. Trop d’agriculteurs sont aujourd’hui obligés de faire appel à des services extérieurs devant une complexification du déclaratif et des règles qui changent trop souvent. Je considère qu’il n’est plus nécessaire d’en rajouter mais qu’il est temps d’engager une véritable réforme de simplification. Enfin, je mettrais en place une structure indépendante à l’image de la Cour des comptes pour les services de l’État. Une structure qui aurait en charge de contrôler la répartition équitable de la marge entre les différents acteurs d’une filière et ceci pour tous les secteurs de production agricoles rencontrant une crise, particulièrement le secteur de la production animale. Cette structure devrait être dotée de réels moyens coercitifs à l’égard des entreprises qui ne respectent pas les règles. Ma volonté serait que les produits agricoles ne soient plus sous pression permanente pour maintenir les marges de quelques acteurs des filières ni la seule variable d’ajustement pour préserver le pouvoir d’achat du consommateur». L’agriculteur préconise une modernisation de l’agriculture. «L’objectif est que les agriculteurs vivent de leur production. Il faudrait pouvoir moderniser et rationaliser leur entreprise. La finalité serait que l’engagement dans le métier d’agriculteur n’apparaisse plus comme une aventure très risquée et synonyme de beaucoup de sacrifices mais plutôt comme un engagement dans un métier avec du sens et de l’espoir».