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Herd Book Charolais

Le nouveau règlement zootechnique inquiète les éleveurs

Le Herd Book Charolais a tenu mardi 28 mars son assemblée générale. L’occasion pour les responsables de débattre du nouveau règlement zootechnique européen.
Par Céline Clément
Le nouveau règlement zootechnique inquiète les éleveurs
Le Herd Book Charolais a organisé une table ronde sur les risques qu’implique le nouveau règlement zootechnique européen.
Un nouveau règlement qui fait grand bruit au sein du Herd Book Charolais. Le président Pascal Langevin parle même de «révolution». En effet c’est désormais une loi européenne -celle-ci devrait être mise en place au 1er novembre 1917- qui réglementera la libre circulation du matériel génétique en Europe (animaux vivants et semences).

Cette loi va donc permettre à des entreprises européennes de vendre leur propre matériel. La mission des organismes de sélection s’en verra également agrandie. Pour le Herd Book Charolais, qui défend l’intérêt collectif, l’unicité de la race et un seul système d’évaluation, cette nouvelle réglementation inquiète puisqu’elle pourrait impliquer la diversification des standards et des organismes d’évaluation. Est-ce que ceci peut être bénéfique pour la race ? Des sous-marques pourraient-elles exister ? Telles sont quelques unes des interrogations que soulève ce nouveau règlement.

Vers la disparition d’une race unique ?
Jean-Luc Chauvel, président de Races de France, a rappelé l’importance qu’aura la solidarité entre éleveurs face à cette nouvelle réglementation. «Le règlement zootechnique, il faut le prendre comme une opportunité. Ce sont bien les éleveurs qui reprennent le pouvoir mais le danger c’est qu’ils ne s’entendent pas». Et d’appeler les éleveurs à être très attentifs à ce que la race soit préservée sur le territoire, face au risque de création d’organismes de sélection concurrentiels. «Si demain, il y a diversification raciale, il y aura modification des coûts. Ce qu’on craint avec le règlement zootechnique, c’est qu’il n’y ait plus cette continuité territoriale». Jean-Luc Chauvel s’est donc rallié aux professionnels du Herd Book, dans la volonté de garder un programme et une orientation communes : «La crainte est certaine. Il nous paraît évident que si demain il y a dispersion, il y aura dispersion des races. Et il est possible qu’il y ait disparition d’une race unique. Cet enjeu est donc un enjeu au niveau de l’élevage français».

Division au sein de Charolais France
Aujourd’hui, 2000 éleveurs adhèrent au Herd Book Charolais et depuis 150 ans, suivent les mêmes standards d’évaluation. Pour Pascal Langevin, cette nouvelle réglementation européenne pourrait bien signifier l’apparition sur le marché d’organismes concurrentiels. «Nous allons réagir pour maintenir une unité raciale car c’est important de garder une seule race charolaise. Mais pour moi cette loi est une volonté de diviser la race». Hugues Pichard, président de Charolais France, vice-président du Herd Book et éleveur charolais en Saône-et-Loire, s’est montré beaucoup plus tranchant dans son analyse : «Il est évident que l’on va vers une scission de l’organisme de sélection et on se dirige certainement vers une deuxième race avec un nouveau code et un nouveau livre».

Une partie de l’organisme de sélection (Gène diffusion) s’est en effet déjà désolidarisée avec l’intention manifeste de créer son propre organisme, qui serait dénommé Charolais Plus. Si cela «est encore évitable», ce sera «à la seule condition que la partie dissidente accepte de travailler avec un livre unique», considère Hugues Pichard. Mais pour l’heure, les discussions entamées depuis 18 mois n’ont donné qu’une fin de non-recevoir.