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Grandes cultures

Des situations très hétérogènes

Les cultures ont bien évolué en stade et ont progressé assez vite grâce aux bonnes conditions climatiques de ces dernières semaines. La situation reste toutefois assez hétérogène.
Par Céline Clément
Des situations très hétérogènes
Le colza est entre le début de floraison et la chute des pétales.
«Les premiers fongicides et les premiers régulateurs ont été faits, maintenant ce sont les épisodes pluvieux qui vont dicter la conduite à tenir», résume Michael Geloen, conseiller grandes cultures à la Chambre d’Agriculture de la Nièvre. La fraîcheur du sol, la chaleur et le soleil ont permis aux plantes de bien pousser mais les situations restent hétérogènes, surtout en fonction des dates de semis. Celles-ci avaient été décalées pour certaines. Le blé est aujourd’hui entre 1 et 2 nœuds, il a été peu touché par les maladies (septoriose et piétin verse) avec un petit nombre de contaminations à l’automne et un risque faible au printemps. Les désherbages ont bien fonctionné à l’automne mais ont connu au printemps des problèmes d’efficacité avec des graminés qui sont repartis, ce qui pose des problèmes de gestion de la rotation. Enfin le blé a connu quelques pertes de pied durant l’hiver.

Orge et colza très hétérogènes
Quant à l’orge d’hiver, il est entre deux nœuds et les dernières feuilles. Pour certains, des dates de semis trop tardifs ont provoqué un déchaussement sur l’hiver et pour d’autres c’est l’usage des phytodésherbicides au printemps qui a freiné leur développement.  Le colza se situe entre le début de floraison et la chute des pétales. Les situations sont également très hétérogènes avec des conditions d’implantation très sèches dues à des semis tardifs et un redémarrage difficile au printemps. La pression insecte est bien présente quoique plus modérée que l’an dernier, avec des altises et des charançons du bourgeon terminal qui ont entraîné des retournements de colza autour du printemps. «Ce qu’il faut faire maintenant, c’est l’intervention fongicide contre le sclérotinia, un champignon qui contamine la tige et toute la partie supérieure, même la fleur», indique Michael Geloen. Par ailleurs, les cultures ont connu une pression de limaces très importante jusqu’à la sortie de l’hiver, à surveiller pour la campagne prochaine. Enfin concernant l’azote, les reliquats en sortie d’hiver étaient plus importants que l’année précédente, d’où la nécessité de sensibiliser les agriculteurs à l’adaptation de la dose d’azote afin de gérer le risque de verse et de maladie.

Rester vigilant
En ce qui concerne les cultures du printemps, les semis de maïs et de tournesol ont connu de bonnes conditions d’implantation. Une pointe d’inquiétude demeure néanmoins devant la densité des plantes. Certaines parcelles sont en effet assez claires et ont subi des pertes de pied. «Cela est dû au retard dans les dates de semis, à la pression des insectes, au risque de déchaussement et aux problèmes de phytotoxicité des herbicides appliqués en sortie d’hiver», explique Michael Geloen. Prochaine étape pour les agriculteurs : la gestion des maladies de feuillages sur les blés avec un éventuel retour pluvieux dans les prochaines semaines.