Semis direct sous couvert
Une journée technique du Groupe Magellan pour diminuer les intrants
L’innovation est au cœur des réflexions et du travail collaboratif que l’équipe grandes cultures de la Chambre d’agriculture propose aux agriculteurs du département. A deux reprises, les 28 avril et 25 mai, la Chambre a organisé des rencontres techniques, d’abord avec le groupe Écophyto Dephy Ferme, puis avec le Groupe Magellan, sur le semis direct sous couvert. L’enjeu de ces deux réunions est clair : la réduction des produits phytosanitaires.
Le 25 mai à Suilly-la-Tour, les conseillers de la Chambre ont accueilli plus de 150 participants à la journée organisée avec le groupe Magellan. Outre la réflexion sur la diminution des intrants, la journée a permis de s’interroger sur la fertilité des sols, d’abord le matin, en salle, par l’intervention de Mickael Hedde, chercheur à l’INRA de Versailles, qui a dévoilé la faune du sol. Après une présentation des acteurs de la vie du sol, celui-ci a exposé leur rôle dans le fonctionnement du sol mais également, et c’est moins connu, dans la physiologie des plantes. Il a notamment montré que la présence de vers de terre ou de collemboles avait un effet sur la croissance des plantes par la fourniture d’hormones de croissance ou par la surexpression de gènes dans les plantes. L’après-midi s’est poursuivie par une démonstration de terrain, la visite de la plate-forme d’essai dont le but est d’accompagner les agriculteurs souhaitant débuter dans le semis direct sous couvert permanent. Différents ateliers ont été présentés au fil du chemin qui s’enfonçait dans les parcelles : densité de semis et engrais localisé (en partenariat avec TIMAC Agro), désherbage et régulation du couvert, raisonnement de la fertilisation azotée, choix des couverts, profils de sols et conception de systèmes en semis direct sous couvert permanent.
Ce qu’il fallait retenir...
L’équipe grandes cultures a tiré les principaux enseignements de cette visite : D’abord, la rotation reste le principal levier à actionner en introduisant des cultures de printemps. Ensuite, l’utilisation des légumineuses est à maximiser en culture ou en couverts végétaux. L’utilisation de couvert permanent (pour une durée de trois ans maximum) s’avère intéressante économiquement (20 à 25 euros par an) et techniquement, essentiellement pour les cultures d’hiver. Le lotier semble être un bon candidat pour débuter en SDCV, de par sa faible concurrence vis-à-vis des cultures et sa faible sensibilité aux herbicides utilisés. Par ailleurs, les herbicides utilisés pour la régulation dépendent du choix des couverts. Et enfin, les économies d’azote ne sont pas systématiques, surtout au début du système de culture. Les conseillers de la Chambre d’agriculture invitent les participants et tous ceux que cela intéresse à suivre la page Facebook du GIEE Magellan, pour plus de renseignements.
Ce qui ressort de cette journée, comme de celle du réseau Dephy Ferme (lire en encadré), en tout cas, c’est que de nouvelles pistes innovantes de production existent et que c’est à chacun de choisir la sienne ou d’en inventer de nouvelles.
Ce qu’il fallait retenir...
L’équipe grandes cultures a tiré les principaux enseignements de cette visite : D’abord, la rotation reste le principal levier à actionner en introduisant des cultures de printemps. Ensuite, l’utilisation des légumineuses est à maximiser en culture ou en couverts végétaux. L’utilisation de couvert permanent (pour une durée de trois ans maximum) s’avère intéressante économiquement (20 à 25 euros par an) et techniquement, essentiellement pour les cultures d’hiver. Le lotier semble être un bon candidat pour débuter en SDCV, de par sa faible concurrence vis-à-vis des cultures et sa faible sensibilité aux herbicides utilisés. Par ailleurs, les herbicides utilisés pour la régulation dépendent du choix des couverts. Et enfin, les économies d’azote ne sont pas systématiques, surtout au début du système de culture. Les conseillers de la Chambre d’agriculture invitent les participants et tous ceux que cela intéresse à suivre la page Facebook du GIEE Magellan, pour plus de renseignements.
Ce qui ressort de cette journée, comme de celle du réseau Dephy Ferme (lire en encadré), en tout cas, c’est que de nouvelles pistes innovantes de production existent et que c’est à chacun de choisir la sienne ou d’en inventer de nouvelles.
Dephy Ferme et le désherbage mécanique
Le 28 avril dernier, une trentaine de personnes s’est réunie à Bouhy pour échanger sur l’optimisation des intrants dans les cultures. Les réseaux Dephy du Cher, de l’Yonne, de l’Allier et de la Nièvre ont répondu présents sur l’exploitation de Michel Rameau, polyculteur-éleveur, qui a servi de support. L’agriculteur avait souscrit une MAET réduction d’azote et de produits phytosanitaires de 2009 à 2013 sur 34 ha situés sur le bassin d’alimentation de captage de Bouhy. Dès 2009, il s’est orienté vers une rotation de six ans (pois d’hiver/blé/colza/blé/orge d’hiver/orge de printemps). Le choix de variétés résistantes aux maladies, le décalage de la date de semis des céréales, les faux-semis en interculture sont les principaux leviers agronomiques qu’il a retenus. Il a investi dans une herse étrille pour compléter le désherbage chimique réduit. «La MAET était pour moi l’occasion de changer progressivement mes pratiques en sécurisant, dans une certaine mesure, mon revenu par rapport à un risque de diminution des rendements» a précisé Michel Rameau. Sur 7 ans de suivi (2 au-delà de la MAET), une réduction de l’IFT herbicide de -35% par rapport à la référence du BAC et de -60% de l’IFT total a été constatée. Techniquement, les rendements n’ont pas diminué et la MAET a compensé quelques difficultés (soucis de levée de culture de printemps, densité de semis un peu faible dans les débuts à la herse étrille). Avec la diminution des charges, les marges sont restées au niveau des références locales de la Chambre d’agriculture. Le changement des pratiques ne s’est pas traduit par une augmentation de la charge de travail, de par létalement des dates de semis. En bilan, quelques facteurs limitants sont apparus : les dernières campagnes assez favorables aux adventices couplées à la forte réduction des herbicides ont un peu sali les parcelles. La réduction d’azote (115 U en moyenne, toutes cultures confondues) peut s’avérer limitante sans attention portée à la répartition des cultures dans l’assolement. Néanmoins, Michel Rameau demeure satisfait des résultats obtenus.