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Aid’agri Nièvre

Une dizaine de dossiers traités depuis six mois par les OPA

Réunies au sein d’une association participative qui mêle leurs compétences, 13 organisations professionnelles nivernaises proposent un accueil et un accompagnement gratuit aux agriculteurs qui traversent une mauvaise passe. Après six mois d’activités, la structure a déjà commencé à traiter une dizaine de dossiers.
Par Emmanuel Coulombeix
Une dizaine de dossiers traités depuis six mois par les OPA
L’affiche de présentation d’Aid’agri Nièvre a été déclinée en un tract qui récapitule les objectifs et les contacts des tiers de confiance au sein de chacune des 13 OPA partenaires de la structure.
Des éleveurs allaitants ou laitiers, un céréalier, un producteur d’oeufs, un viticulteur... Ils sont une dizaine d’agriculteurs nivernais, depuis le début de l’année, à avoir fait la démarche de demander de l’aide à Aid’Agri Nièvre. Cette structure, qui au départ devait s’appeler Agir agri Nièvre, avant que les fondateurs ne s’aperçoivent que le nom avait déjà été déposé à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), est une association loi 1901, portée par les OPA membres, afin de combiner les compétences et de répondre aux besoins d’accompagnement des agriculteurs qui la contactent. Les 13 membres partenaires (Axereal, CerFrance, Chambre d’agriculture, Crédit agricole, FDSEA, Coordination rurale, GDS, Groupama, Jeunes agriculteurs, MSA, Safer, Sicafome et Sicagemac) mettent chacun un tiers de confiance issu de leurs rangs à la disposition des agriculteurs qui estiment qu’ils éprouvent des difficultés anormales sur leurs exploitations. «Parallèlement à l’AMR58, qui concentre son action au profit des agriculteurs en procédures collectives qui n’avaient pas pu toucher leurs ATR, Aid’agri Nièvre se fixe comme objectif d’apporter un soutien moral, social, économique et/ou technique à tous ceux qui l’appellent» explique Stéphane Lafranchise, le directeur de la FDSEA58, pour qui «quelles que soient les obédiences des agriculteurs, le sujet est trop grave pour qu’on s’amuse à spéculer». Le siège de l’association se situe d’ailleurs à la Chambre d’agriculture, avec un numéro d’appel (03 86 93 40 00) identique (en plus des numéros des référents) et si Aid’agri est présidée par Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA, sa trésorière est Claire Bruandet, présidente du Comité départemental de la MSA, et son vice-président, Eric Bertrand, président de la Chambre. Chaque OPA membre (ainsi que l’administration qui est invitée) siège au Conseil d’administration où sont prises toutes les décisions, «de manière participative», et verse une cotisation annuelle de 150 à 200 euros. «Même si nous ne partageons pas tous les contours du Programme agricole départemental (PAD) signé il y a deux ans, cette structure en constitue un des axes prioritaires» souligne Stéphane Lafranchise qui précise toutefois que «nous sommes sans prétention. Nous apprenons en marchant et si nous voulons être le plus en empathie possible avec les agriculteurs en situation difficile, nous ne promettons pas de régler tous les problèmes!»    Juste de chercher des solutions en mutualisant les compétences face à des difficultés de différentes natures qui sont souvent imbriquées.

Procédure pré-établie
Concrètement, l’agriculteur qui se sent fragilisé peut appeler l’association ou l’un de ses tiers de confiance (les référents de chaque OPA), pour évoquer son problème, «qui découle souvent d’autres difficultés non détectées avant». L’objectif est toujours d’aider à redresser la barre. Pour cela, la procédure est cadrée  : le tiers contacté sert de fil rouge à l’agriculteur durant tout l’accompagnement et se charge de mettre en œuvre les contacts avec les autres partenaires. Un rendez-vous est pris avec l’agriculteur, pour l’écouter, identifier le problème, essayer de réaliser un pré-diagnostic «pour évaluer la situation et les éventuelles solutions et proposer un accompagnement». Si l’agriculteur est d’accord, il signe un document de rupture de confidentialité et le tiers de confiance transmet à ses collègues des OPA membres. Le diagnostic est alors enclenché. «Le principe est que l’agriculteur ne soit pas isolé et anticipe l’aggravation de ses difficultés» dit Stéphane Lafranchise. A partir de là, une table ronde est réunie avec les 13 membres mais, éventuellement avec d’autres partenaires ou intervenants, une banque ou un centre de gestion par exemple. Un plan d’actions est alors établi et soumis à l’agriculteur, qui est libre d’accepter ou non les préconisations. C’est ainsi que récemment un céréalier nivernais vient d’obtenir un accord de refinancement avec un créancier, «sous condition de retrouver un niveau de productivité suffisant pour que le retour à une situation stable soit durable». Un échéancier est signé et l’exploitant peut compter sur le soutien de ses collègues locaux ainsi que du président cantonal de la FDSEA, selon son directeur. Rompre l’isolement avant qu’il ne soit trop tard : Aid’agri Nièvre, la bien nommée, peut vous y aider...