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Salon international de l'Agriculture

Un salon pour la première fois sans bovins

À une semaine de l'ouverture du Salon international de l'Agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars, faisons le point sur une manifestation toujours très attendue mais qui, cette année, devra faire avec un contexte très particulier.

Par Berty Robert, avec Christophe Soulard
Un salon pour la première fois sans bovins

Pour cette édition 2026 doublement perturbée, par l'absence des bovins en raison de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et par les travaux en cours Porte de Versailles qui vont priver les visiteurs du pavillon 3, les organisateurs du Salon de l'agriculture ont annoncé, à l'occasion d'une conférence de presse le 10 février, les aménagements prévus. Dans le pavillon 1, davantage de place sera faite aux porcins et aux ovins. Le grand ring des bovins accueillera toujours des animations de la filière bovine (sans animaux), mais aussi cette année des démonstrations équines (débardage, attelage, voltige, dressage…). En raison de l'influenza aviaire, les volailles continueront d'être absentes du salon, comme c'est le cas depuis 2019. Le pavillon 2 sera dédié à la culture, avec un cinéma d'une centaine de places, un cabinet de curiosités, un kiosque musical et une librairie. Le salon organisera pour la première fois un prix de littérature agricole, dont le jury sera réuni pendant l'évènement. Les organisateurs ont rappelé leur souhait de ne pas voir s'organiser de manifestations agricoles à l'intérieur du salon, pour éviter aux visiteurs « d'être pris dans des mêlées », selon les termes d'Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca). Ils ont également rappelé leur souhait de limiter la taille des délégations d'élus à 25 personnes. « En cinq ans, ont-ils expliqué, le nombre de visites institutionnelles est passé de 42 à 80. »

Une absence inédite

Tous ces ajustements prouvent que ce Salon international de l'Agriculture ne sera décidément pas comme les autres. On pourra notamment y décrypter de nouvelles tendances de fond observées dans le monde agricole (voir encadré). Mais au-delà, c'est bien évidemment l'absence de bovins qui sera le marqueur de cette 62è édition. Une situation totalement inédite. Jérôme Despey, le président du SIA a dû accepter la décision arrêtée le 12 janvier par les 28 organismes de sélection de races bovines qui présentent leurs animaux au Concours général agricole (CGA). « Sur un plan strictement sanitaire, les bovins pouvaient venir. En effet, 85 % d’entre eux sont en zone indemne », avait indiqué Olivier Alleman, commissaire général du CGA. Ses équipes avaient imaginé un protocole strict de traçabilité basé sur la désinfection et la désinsectisation à l’embarquement, au débarquement etc. « Ce protocole renforcé était prévu jusqu’au retour des animaux sur l’exploitation après le Salon », avait-il ajouté. Mais les organismes de sélection ont renoncé par peur que les éleveurs ne rapportent la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans leurs étables. « Certains ont également préféré ne pas monter à Paris par solidarité avec les autres éleveurs », a précisé le commissaire général. « C’est un vrai choc émotionnel et un coup dur », a commenté Jérôme Despey. Depuis l’organisation du tout premier CGA en mars 1 870 et depuis le premier salon de l’agriculture en 1964, c’est la première fois que les bovins ne seront pas présents. « C’est un coup dur pour le Salon mais aussi pour les éleveurs qui ont préparé leurs animaux pendant un an. C’est une décision qu’on regrette mais qu’on respecte », a confirmé le président du SIA.

D'autres animaux quand même

L’égérie du Salon, la vache Biguine de race brahmane et les quatre autres qui devaient jouer les remplaçantes seront absentes de la Porte de Versailles. Les organisateurs ont aussi été contraints de réaménager le Hall 1 où se tiennent traditionnellement les bovins. Chaque année, ce sont environ 600 bovins qui viennent présenter leurs plus beaux atours. L'affiche du salon a dû également être remplacée. L’absence des bovins va-t-elle impacter la fréquentation de la Porte de Versailles entre le 21 février et le 1er mars ? Les organisateurs n’ont pas laissé paraître d’inquiétude à ce sujet car d’autres animaux seront présents : chevaux, ânes, moutons, cochons, chèvres, volailles, lapins, chiens, chats… Ils espèrent aussi qu’à un an d’élections majeures, les tensions ne s’inviteront pas sur le Salon. « Notre ADN, c’est la convivialité dans la sécurité. On ne peut pas mettre la pression sur le SIA chaque année pour des raisons aussi importantes et compréhensibles soient-elles », a indiqué Arnaud Lemoine. Les organisateurs du SIA ont placé le salon sous le slogan : « Venir c’est soutenir ».

12 évolutions du secteur agricole décryptées par le SIA'Pro

12 évolutions du secteur agricole décryptées par le SIA'Pro

SIA'Pro va se tenir en parallèle du Salon international de l'Agriculture, dans le pavillon 5.2 de la Porte de Versailles, du 23 au 25 février. Ce salon 100 % professionnel s’adresse aux agriculteurs et professionnels de l’agriculture. Il revendique de répondre, à travers son offre et son contenu, aux enjeux actuels et futurs du monde agricole : changement climatique et transition agroécologique, installation, transmission, énergies renouvelables, robotique, digitalisation… À l'occasion de son édition 2026, il va diffuser les premiers exemplaires de son Observatoire des Tendances de l’Innovation Agricole. Ce sera l’occasion de décrypter 12 évolutions à l’œuvre dans le monde agricole. Celles-ci sont les suivantes :

– Les diversifications avec la conférence « Je veux être autonome : achat, stockage à la ferme, commercialisation… quelle stratégie pour gagner des points de marge ? », lundi 23 février, de 10 heures à 10 h 45 au Forum.

– La rationalisation des achats de machines agricoles avec la conférence « Je veux

optimiser mes charges de mécanisation pour améliorer mes marges : quelle stratégie d’équipement et d’organisation individuelle ou collective ? », mercredi 25 février, de 14 heures à 14 h 45.

– Les financements innovants de l’agriculture avec la conférence « Je veux me développer

et financer mon projet : quelle place accorder aux capitaux externes ? » mercredi 25 février de 15 heures à 15 h 45.

– La rentabilité viticole avec la conférence « Je suis viti et mon marché se resserre : dois-je arrêter, renouveler mon offre ou me diversifier ? Et si oui, comment ? » mardi 24 février de 15 heures à 15 h 45.

-L’acclimatation de cultures exotiques en France hexagonale avec la conférence « Je cherche

à implanter de nouvelles cultures : grenade, bambou, pistache, cacahuète… stratégie d’adaptation au climat, nouvelle donne ou effet de mode ? » le 23 février à partir de 15 heures.

-L’avenir de l’agriculture biologique avec la conférence « Je suis en agriculture biologique, stop ou encore ? » mardi 24 février de 14 heures à 14 h 45.

– Les idées reçues sur la santé des sols avec la conférence « Je veux améliorer mes taux

de matières organiques : fumiers, compost, digestats, couverts… comment éviter les fausses bonnes idées pour améliorer la fertilité de mes sols ? », mercredi 25 février, de 10 heures à 10 h 45.

– Le pâturage tournant dynamique avec la conférence dédiée aux meilleures pratiques lundi

23 février de 16 heures à 16 h 45.

-L’« IAgriculture » avec la conférence « Je veux améliorer mon bien-être et celui de mes animaux : quels apports de la robotique ? Quelle rentabilité ? » mardi 24 février de 10 heures à 10 h 45.

– Les circuits courts avec la conférence « Je vends des produits fermiers : comment développer ma boutique de producteurs ? Quelles autres voies de commercialisation ? » mardi 24 février de 11 heures à 11 h 45.

– La production et la vente d’électricité à la ferme avec la conférence « Je veux produire de l’énergie : puis-je l’utiliser ou la vendre en direct ? Quels modèles économiques possibles ? » mercredi 25 février de 11 heures à 11 h 45.

-L’émergence de « médiateurs rurbains » dans la France rurale avec la conférence « Je veux développer une activité agro-industrielle, énergétique ou un plan d’eau : comment faire pour que mon projet soit compris et soutenu par mon voisinage ? » lundi 23 février de 11 heures

à 11 h 45.