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Groupama Rhône-Alpes Auvergne

Un incendie domestique toutes les deux minutes

La réunion organisée à Pougny par les Caisses locales sur le thème «Mieux anticiper les risques d’incendie et de vol» a réuni une vingtaine de personnes
Par Dominique Bernerd
Un incendie domestique toutes les deux minutes
Vérification par l’exemple, du risque d’échauffement avec une lampe hallogène
La négligence et l’imprudence sont bien souvent à l’origine d’incendies, qu’ils soient domestiques ou professionnels. Mieux anticiper les risques est l’affaire de tous et c’est dans cet objectif que les Caisses locales Groupama de Donzy, Cosne et Puisaye Nohain Forterre, ont organisé à Pougny, une réunion d’information sur le thème de la prévention incendie et vol sur les exploitations agricoles et artisans-commerçants. Une réunion qui s’est poursuivie avec un diagnostic terrain chez un agriculteur de la région et dans un restaurant.
Ces chiffres rappelés en préambule par Jérôme Laurent, chargé de prevention pour les départments de la Nièvre et du Cher, à Groupama : «on compte 250 000 incendies par an en France, soit un toutes les deux minutes. Si 70 % se déclarent le jour, près des trois-quarts des incendies meurtriers se déclarent la nuit, 90 % dès décès étant dus aux fumés toxiques...» Trois conditions doivent être reunies pour déclencher un incendie : du combustible (bois, carton, paille, foin, carburant...), de l’oxygène (ou comburant) et une énergie d’activation (court-circuit, surfermentation de fourrage, foudre, pierre de la pailleuse...). Ce que l’on appelle «le triangle du feu». Une règle idéale en matière d’exploitation agricole : «disposer de dix mètres minimum entre les different bâtiments destinés au fourrage, aux animaux et au matériel». Des normes heureusement appliquées à la lettre par ce couple d’éleveurs nivernais presents dans la salle, qui ont vu partir en fumée 400 tonnes de paille sur leur exploitation, en janvier 2012, sans perdre une seule bête dans l’incendie. La résistance au feu des matériaux a aussi été évoquée par l’intervenant : «on a très peu de temps pour intervenir dans un bâtiment métallique, sachant que la ferraille perd 50 % de sa résistance à 500° et qu’un incendie peut atteindre 1 200 °» Le bois pour sa part, perdant trois millimètres la première minute et 0,7 millimètres par minute supplémentaire. Une cloison de béton de dix centimètres est stable au feu pendant deux heures, voire quatre heures en cas de mur en béton armé.  
 
L’équation de la sureté
Les installations électriques sont à l’origine de 25 % des incendies, bien souvent, du fait d’un matériel inadapté à l’environnement, d’où ce conseil de Jérôme Laurent : «l’électricité est une affaire de professionnels!» Et en cas de salariés sur une exploitation : «obligation de faire verifier une fois par an les installations électriques par un organisme agréé...» D’autres conseils ont été rappelés, frappés pour la plupart au coin du bon sens : vérifier la section des cables utilisés, controler la température et le taux d’humidité du fourrage, ne pas stocker de l’ammonitrate à côte de fourrage, ni de chaux vive à proximité d’un point d’eau, privilégier des lampes LED aux halogènes vérifier ses installations au moyen d’un termographe à infrarouge...
Second volet de la réunion : le vol. Avec là aussi un premier rappel  : «l’objectif du cambrioleur est simple : obtenir le maximum de gain en un minimum d’effort et de temps...» Et un chiffre révélateur : «un local commercial ou industriel cambriolé en France toutes les cinq minutes» Et même si 80 % des cambrioleurs essaient de pénétrer par la porte, il est important de réunir trois choses pour une bonne protection : «une protection périphérique, comme la cloture, une protection périmétrique faisant le tour du bâtiment ainsi qu’une protection volumétrique, à l’intérieur des lieux...» Toute protection électronique n’étant que le complément d’une protection mécanique : «il est imperatif, et c’est ce que l’on appelle l’équation de la sureté, que le temps de résistance mécanique soit supérieur au temps de détection et de transmission, auquel se rajoute le temps d’intervention, pour que la police ou la gendarmerie arrive sur les lieux avant que les voleurs n’aient eu le temps de rentrer...»