Marché au cadran de Corbigny
Un exercice marqué par la FCO et la baisse des cours
L’AG de la Sicagemac s’est tenue le 9 juin au marché au cadran de Corbigny. Les chiffres de 2015 ne sont pas bons. Plusieurs raisons expliquent cette contre-performance, à commencer par les perturbations liées à la FCO à l’automne dernier.
Commissaire aux comptes de la société qui exploite le cadran, M. Garnier, fidèle à son habitude, a dévoilé les chiffres de l’exercice écoulé de la Sicafome. Et ils ne sont pas bons. Un déficit d’exploitation net de -20 000 euros, contre un excédent de 10 000 euros l’année d’avant. Au vu des éléments présentés, le seuil de rentabilité du marché, «c’est-à-dire le point d’équilibre financier à partir duquel vous auriez obtenu de la rentabilité», aurait requis un minimum de 13 590 bovins commercialisés, or, seuls 12 668 ont été échangés en 2015. C’est ce qui explique le résultat négatif dévoilé la semaine dernière à une partie des adhérents lors de l’AG de la société. «Une conséquence directe de la FCO, avec des marchés qui n’ont pas eu lieu ou ont été perturbés, et des bovins qui se sont moins vendus» a conclu l’intervenant. «Alors que d’habitude, 50 marchés ont lieu à Corbigny chaque année, la Sicagemac a du en fermer deux et a encaissé des perturbations sur cinq autres» a confirmé le président Philippe Guillien. Par ailleurs, 3552 ovins ont aussi changé de mains. La crise sanitaire a naturellement touché les éleveurs au cœur et à la trésorerie, et, logiquement, les premiers opérateurs d’aval que sont les marchés au cadran ont subi les mêmes pentes dangereuses... Ce sont, par exemple, 15 000 euros de commissions en moins qui ont été touchées l’an dernier par le cadran, du fait de la baisse d’activités. Corbigny ne fait -hélas!- pas exception.
Un report de taxes foncières
Un autre facteur explique aussi les chiffres dans le rouge. Un rappel de taxes foncières dont la société a dû s’acquitter auprès de la mairie de Corbigny, propriétaire des bâtiments qui les loue à la Sicagemac, du fait d’un désaccord entre le Centre des finances publiques de Nevers et la Direction du Trésor à Bercy. La Sicagemac a été obligée de faire un chèque de 14 000 euros à la commune, puisque le ministère a estimé que, contrairement à des exploitations à vocation agricole, la société, bien que Société d’intérêt collectif agricole (Sica), exploite avant tout une activité commerciale et industrielle. La commune a réglé l’État et la maire de Corbigny a donc, tout aussi logiquement, demandé le remboursement par la société. Non seulement Philippe Guillien conteste cette définition de la nature des lieux, puisque les salles de vente ne représente qu’une minorité des surfaces, plus orientées sur le stockage des animaux, mais encore plaide-t-il pour «qu’on essaie de trouver une solution légale, un moyen juridique, pour que l’État change d’avis, les prochaines années». La direction du fisc à Nevers était d’ailleurs d’accord pour une exemption, a-t-il rappelé... «La situation n’est pas banale et c’est tout de même la moitié de notre loyer qui part ainsi en fumée. Je préférerais avoir à payer 1000 euros de taxe foncière sur la partie vente que 13000 sur la totalité des locaux» a-t-il indiqué. Surtout une année comme celle qui vient de s’écouler.
Conjoncture «catastrophique»
Si toutes les résolutions ont été adoptées à l’unanimité, comptes inclus, en fin de réunion, et avant que le GDS de la Nièvre, par la voix de Rodolphe Morizot et Alain Bonnel, n’annonce cet autre sujet sensible qu’est l’arrêté ministériel, pris deux jours avant, sur l’accélération de l’éradication de l’IBR, le président du marché au cadran a aussi réagi à la conjoncture. À titre d’exemple, il a indiqué que le prix de vente moyen par animal (bovin) était passé de 1122 euros en 2012 à 1085 euros en 2015. C’est un peu mieux qu’en 2014 (1069 euros) grâce à «l’effet Turquie», mais la tendance baissière est lourde. Rien que les quatre premiers mois de 2016, le prix moyen n’atteint plus que 1010 euros. «Cela donne une image réaliste de la situation agricole catastrophique que nous traversons, que ce soit avec la Tunisie après la révolution, en Turquie avec la FCO ou dans les Pays de l’Est avec l’embargo !» Fataliste, Philippe Guillien conclut que «à chaque fois que nous avons un espoir, aussitôt nous connaissons un problème en face. Nous arrivons à la saturation du marché. Nous sommes contents à 3,60 euros du kg alors qu’on se plaignait à 4 euros l’an dernier !» Et de citer cet opérateur italien qui a finalement acheté 13 vaches, lors d’un marché, alors qu’habituellement il en prend entre 50 et 60. «Elles sont encore trop chères car ils n’en ont pas le besoin» a-t-il constaté, fataliste...
Un report de taxes foncières
Un autre facteur explique aussi les chiffres dans le rouge. Un rappel de taxes foncières dont la société a dû s’acquitter auprès de la mairie de Corbigny, propriétaire des bâtiments qui les loue à la Sicagemac, du fait d’un désaccord entre le Centre des finances publiques de Nevers et la Direction du Trésor à Bercy. La Sicagemac a été obligée de faire un chèque de 14 000 euros à la commune, puisque le ministère a estimé que, contrairement à des exploitations à vocation agricole, la société, bien que Société d’intérêt collectif agricole (Sica), exploite avant tout une activité commerciale et industrielle. La commune a réglé l’État et la maire de Corbigny a donc, tout aussi logiquement, demandé le remboursement par la société. Non seulement Philippe Guillien conteste cette définition de la nature des lieux, puisque les salles de vente ne représente qu’une minorité des surfaces, plus orientées sur le stockage des animaux, mais encore plaide-t-il pour «qu’on essaie de trouver une solution légale, un moyen juridique, pour que l’État change d’avis, les prochaines années». La direction du fisc à Nevers était d’ailleurs d’accord pour une exemption, a-t-il rappelé... «La situation n’est pas banale et c’est tout de même la moitié de notre loyer qui part ainsi en fumée. Je préférerais avoir à payer 1000 euros de taxe foncière sur la partie vente que 13000 sur la totalité des locaux» a-t-il indiqué. Surtout une année comme celle qui vient de s’écouler.
Conjoncture «catastrophique»
Si toutes les résolutions ont été adoptées à l’unanimité, comptes inclus, en fin de réunion, et avant que le GDS de la Nièvre, par la voix de Rodolphe Morizot et Alain Bonnel, n’annonce cet autre sujet sensible qu’est l’arrêté ministériel, pris deux jours avant, sur l’accélération de l’éradication de l’IBR, le président du marché au cadran a aussi réagi à la conjoncture. À titre d’exemple, il a indiqué que le prix de vente moyen par animal (bovin) était passé de 1122 euros en 2012 à 1085 euros en 2015. C’est un peu mieux qu’en 2014 (1069 euros) grâce à «l’effet Turquie», mais la tendance baissière est lourde. Rien que les quatre premiers mois de 2016, le prix moyen n’atteint plus que 1010 euros. «Cela donne une image réaliste de la situation agricole catastrophique que nous traversons, que ce soit avec la Tunisie après la révolution, en Turquie avec la FCO ou dans les Pays de l’Est avec l’embargo !» Fataliste, Philippe Guillien conclut que «à chaque fois que nous avons un espoir, aussitôt nous connaissons un problème en face. Nous arrivons à la saturation du marché. Nous sommes contents à 3,60 euros du kg alors qu’on se plaignait à 4 euros l’an dernier !» Et de citer cet opérateur italien qui a finalement acheté 13 vaches, lors d’un marché, alors qu’habituellement il en prend entre 50 et 60. «Elles sont encore trop chères car ils n’en ont pas le besoin» a-t-il constaté, fataliste...