Grandes cultures
Prix mondiaux ? Connais pas !
Se déconnecter des marchés financiers, ne plus subir la volatilité des prix : tel est le pari de certains acteurs de la filière grandes cultures qui décident de relocaliser la commercialisation de leur production. Résultats escomptés pour les producteurs: un prix mieux valorisé, un revenu plus sécurisé, et un rapprochement avec les consommateurs qui donne du sens au travail.
Ce sont deux itinéraires de valorisation, l’un individuel, l’autre collectif, qui ont été explorés mardi 6 décembre par le GDA (Groupe de Développement Agricole) Bourgogne Nivernaise à l’occasion de son Assemblée Générale à Donzy. Le premier itinéraire, c’est celui d’Emmanuel Brossard, agriculteur à Raveau, qui, avec son activité de production et de vente d’huiles de consommation, «fait toute la filière»; le second itinéraire, c’est celui d’acteurs de la filière blé vendéenne, partenaires de la démarche Agri-Ethique (représentée par Ludovic Brindejonc, Directeur général), qui garantit un revenu à l’agriculteur et valorise en local la production. De la Vendée à la Nièvre, du collectif à l’individuel, quel point commun? Investir l’aval pour valoriser sa production et se rapprocher des consommateurs.
De l’huile nivernaise...
C’est le désir «d’accompagner le produit jusqu’au bout» et la recherche de valeur ajoutée qui ont poussé Emmanuel Brossard vers la transformation et la vente d’huiles pour une partie de ses cultures: moutarde, colza, tournesol, cameline.
En 2015, 5000 bouteilles ont été vendues, représentant environ 10 ha de production, via des magasins et épiceries fines, les restaurants, la restauration collective, et les particuliers directement via le site Internet. Pour la fabrication de ces huiles alimentaires, Emmanuel utilise une presse acquise en Cuma en 2004, destinée à l’origine à la production de biocarburant. Au fur et à mesure du temps, Emmanuel étoffe sa gamme, à la recherche des saveurs, notamment pour l’huile de moutarde qui lui demande un an de travail. Un effort que les succès de cette huile récompense. Pourtant, «les gens ont l’habitude des huiles désodorisées achetées en grandes surfaces, il faut parfois réapprendre à apprécier les goûts !» remarque Emmanuel. La production d’huile de lin est en projet, avec toujours le même objectif: maîtriser les différentes phases, culture, presse, embouteillage, mise en cartons, livraison, expédition... et donc, pour cela, «rester à taille humaine, pour garder une qualité de surveillance et de suivi de production sur une grande diversité de cultures: colza, blé, orge, lentilles, avoine, caméline, moutarde, lin, tournesol». Une production qui lui permet de sécuriser une partie de son revenu, «c’est moi qui fixe le prix des bouteilles» conclut Emmanuel.
... au blé vendéen
Indexer le prix de vente sur le coût de revient, c’est l’engagement pris par les partenaires de la filière blé engagés de la démarche Agri-Ethique en Vendée. Au départ, tout est né d’un constat de la coopérative Cavac, engagée dans une réflexion sur sa responsabilité sociétale vis-à-vis de ses adhérents: «tous les acteurs de la filière blé (producteurs, meuniers, artisans, industriels) sont vendéens, mais c’est Chicago qui décide du prix! Tous les partenaires rencontrés subissaient la volatilité» explique Ludovic Brindejonc, à l’origine de la démarche Agri-Ethique. Deux ambitions guident la démarche: valoriser localement la production de blé, et sécuriser le revenu des agriculteurs. Pour cela, les coopératives, les meuniers et les industriels s’engagent contractuellement sur un volume, et un prix fixe. Le seuil de commercialisation est fixé à 175 euros la tonne de blé, prix fixe pendant 3 ans, calculé à partir des coûts de revient des producteurs vendéens et en intégrant une marge pour leur rémunération. Ce prix fixe sécurise les agriculteurs sur la partie de leur production concernée par la démarche, les contraintes en termes de cahier des charges restant celles de la meunerie.
La démarche permet aussi d’apporter un sens au travail: le blé est produit, transformé et consommé localement. «Cultiver du blé pour qu’il soit mangé dans une boulangerie du coin, ça a plus de sens que de le vendre au prix mondial sans savoir ce qu’il devient», témoigne ainsi un agriculteur. Pour le boulanger, deux bénéfices principaux: moins de stress lié aux prix fournisseurs, et le bénéfice de pouvoir communiquer avec sa clientèle sur «un blé commerce équitable 100% origine France» explique Ludovic Brindejonc. Un argument qui touche aussi les consommateurs, qui sont en demande à la fois pour consommer les productions locales mais aussi pour participer à une rémunération plus juste des producteurs. Par ailleurs, la démarche de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) inclut aussi un volet environnemental pour lequel les agriculteurs «initient des actions collectives qui ont un bénéfice environnemental».
Communiquer:un peu, beaucoup, passionément...
Pour se rapprocher des consommateurs et faire connaître la démarche, Agri-Ethique a investi pleinement le champ de la communication grand public: presse, réseaux sociaux, évènements, supports divers (macarons à coller sur les vitrines des boulangeries, book présentant les actions innovantes, sachets pour les baguettes etc.)....Certains agriculteurs se sentent peu familiers, voire éloignés de cette approche marketing très travaillée, très énergique, mais qui permet, via des canaux très divers, de toucher le consommateur potentiel.
Emmanuel Brossard, lui, a choisi une communication plus sobre autour de ses produits, il faut dire que le bouche à oreille a fait une bonne partie de travail de promotion. Le site Internet, par lequel les clients commandent directement, lui permet de vendre bien au-delà du périmètre de distribution régional. «Je me rends compte qu’il y a une réelle demande de la part des consommateurs pour des produits artisanaux, de pouvoir mettre un visage sur un produit, et d’être assuré de la qualité du travail du producteur» remarque Emmanuel.
De l’huile nivernaise...
C’est le désir «d’accompagner le produit jusqu’au bout» et la recherche de valeur ajoutée qui ont poussé Emmanuel Brossard vers la transformation et la vente d’huiles pour une partie de ses cultures: moutarde, colza, tournesol, cameline.
En 2015, 5000 bouteilles ont été vendues, représentant environ 10 ha de production, via des magasins et épiceries fines, les restaurants, la restauration collective, et les particuliers directement via le site Internet. Pour la fabrication de ces huiles alimentaires, Emmanuel utilise une presse acquise en Cuma en 2004, destinée à l’origine à la production de biocarburant. Au fur et à mesure du temps, Emmanuel étoffe sa gamme, à la recherche des saveurs, notamment pour l’huile de moutarde qui lui demande un an de travail. Un effort que les succès de cette huile récompense. Pourtant, «les gens ont l’habitude des huiles désodorisées achetées en grandes surfaces, il faut parfois réapprendre à apprécier les goûts !» remarque Emmanuel. La production d’huile de lin est en projet, avec toujours le même objectif: maîtriser les différentes phases, culture, presse, embouteillage, mise en cartons, livraison, expédition... et donc, pour cela, «rester à taille humaine, pour garder une qualité de surveillance et de suivi de production sur une grande diversité de cultures: colza, blé, orge, lentilles, avoine, caméline, moutarde, lin, tournesol». Une production qui lui permet de sécuriser une partie de son revenu, «c’est moi qui fixe le prix des bouteilles» conclut Emmanuel.
... au blé vendéen
Indexer le prix de vente sur le coût de revient, c’est l’engagement pris par les partenaires de la filière blé engagés de la démarche Agri-Ethique en Vendée. Au départ, tout est né d’un constat de la coopérative Cavac, engagée dans une réflexion sur sa responsabilité sociétale vis-à-vis de ses adhérents: «tous les acteurs de la filière blé (producteurs, meuniers, artisans, industriels) sont vendéens, mais c’est Chicago qui décide du prix! Tous les partenaires rencontrés subissaient la volatilité» explique Ludovic Brindejonc, à l’origine de la démarche Agri-Ethique. Deux ambitions guident la démarche: valoriser localement la production de blé, et sécuriser le revenu des agriculteurs. Pour cela, les coopératives, les meuniers et les industriels s’engagent contractuellement sur un volume, et un prix fixe. Le seuil de commercialisation est fixé à 175 euros la tonne de blé, prix fixe pendant 3 ans, calculé à partir des coûts de revient des producteurs vendéens et en intégrant une marge pour leur rémunération. Ce prix fixe sécurise les agriculteurs sur la partie de leur production concernée par la démarche, les contraintes en termes de cahier des charges restant celles de la meunerie.
La démarche permet aussi d’apporter un sens au travail: le blé est produit, transformé et consommé localement. «Cultiver du blé pour qu’il soit mangé dans une boulangerie du coin, ça a plus de sens que de le vendre au prix mondial sans savoir ce qu’il devient», témoigne ainsi un agriculteur. Pour le boulanger, deux bénéfices principaux: moins de stress lié aux prix fournisseurs, et le bénéfice de pouvoir communiquer avec sa clientèle sur «un blé commerce équitable 100% origine France» explique Ludovic Brindejonc. Un argument qui touche aussi les consommateurs, qui sont en demande à la fois pour consommer les productions locales mais aussi pour participer à une rémunération plus juste des producteurs. Par ailleurs, la démarche de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) inclut aussi un volet environnemental pour lequel les agriculteurs «initient des actions collectives qui ont un bénéfice environnemental».
Communiquer:un peu, beaucoup, passionément...
Pour se rapprocher des consommateurs et faire connaître la démarche, Agri-Ethique a investi pleinement le champ de la communication grand public: presse, réseaux sociaux, évènements, supports divers (macarons à coller sur les vitrines des boulangeries, book présentant les actions innovantes, sachets pour les baguettes etc.)....Certains agriculteurs se sentent peu familiers, voire éloignés de cette approche marketing très travaillée, très énergique, mais qui permet, via des canaux très divers, de toucher le consommateur potentiel.
Emmanuel Brossard, lui, a choisi une communication plus sobre autour de ses produits, il faut dire que le bouche à oreille a fait une bonne partie de travail de promotion. Le site Internet, par lequel les clients commandent directement, lui permet de vendre bien au-delà du périmètre de distribution régional. «Je me rends compte qu’il y a une réelle demande de la part des consommateurs pour des produits artisanaux, de pouvoir mettre un visage sur un produit, et d’être assuré de la qualité du travail du producteur» remarque Emmanuel.