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Rencontre

Mme Higinnen-Bier reçoit Terres de Bourgogne

Désignée sous-préfète référente à la ruralité par le préfet de la Nièvre, à la suite des instructions du ministre chargé de ce secteur, Mireille Higinnen-Bier, sous-préfète de Château-Chinon a donc sous sa responsabilité les questions liées à l’agriculture. Arrivée à Château-Chinon au début de l’année, elle vient de recevoir Terres de Bourgogne pour en évoquer ses premières impressions.
Par Emmanuel Coulombeix
Mme Higinnen-Bier reçoit Terres de Bourgogne
La sous-préfète de Château-Chinon dans son bureau.
Dans son bureau de la sous-préfecture, Mme Higinnen reçoit ses hôtes avec courtoisie mais sans négliger un certain franc-parler. Arrivée à Château-Chinon en janvier dernier, elle a été confrontée, dans son arrondissement, aux problématiques du monde rural et particulièrement de celles de l’élevage. Depuis quelques semaines, elle a été désignée par le préfet, Jean-Pierre Condemine, sous-préfète référente à la ruralité pour toutes les questions qui s’y rattachent.

Une responsabilité qui englobe l’agriculture mais également d’autres domaines tels que les accès aux réseaux numériques par exemple, et qui a été décidée par le gouvernement, à la suite des trois derniers Comités interministériels à la ruralité de 2015 et 2016. Après plus de six mois de fonction, et une crise agricole à gérer, la sous-préfète a pris connaissance des problèmes du territoire et livre ses impressions. Elle perçoit que «la baisse des cours impacte l’agriculture du Morvan», non seulement dans les marchés au cadran mais aussi en se «déplaçant dans les exploitations», y compris celles qui passent par «des filières directes». «Il y a environ 3200 exploitations dans la Nièvre mais seulement 2700 qui demandent les aides de la Pac». Et il n’y en aurait que 500 qui travaillent et «disposeraient de revenus suffisant à un niveau de vie» correct. «Si vous vous installez et avec de l’endettement, les temps actuels ne vous favorisent pas» reconnaît Mme Higinnen. Elle constate également que le nombre de départs en retraite dans les cinq ans à venir sera important et que  cela pose le problème de savoir «qui va reprendre ces exploitations».

Promouvoir la diversification
«Je suis là pour faciliter le travail si on me saisit» dit la sous-préfète. Tout en pointant des alternatives : «il existe d’autres systèmes agricoles, les non déclarants Pac, qui fonctionnent autrement. Cela permet de réfléchir à la question   : quel avenir agricole ? Comment on se projette sur la manière de conduire et d’écouler son cheptel». En lui demandant quel ressenti il éprouve de l’état d’esprit du monde agricole qui l’entoure, Mme Higinnen dit «comprendre que les exploitants ont une motivation forte, un esprit d’entreprise avec l’envie d’avoir une famille et des enfants». «Certains éprouvent une lassitude des crises agricoles et se sentent isolés». Et la fonctionnaire de «les encourager à se diversifier, à savoir évoluer», ce qu’elle leur dit au cours des échanges qu’elle a avec eux soit dans les fermes soit dans les réunions avec les élus municipaux. À l’endroit des jeunes, elle précise que l’avenir agricole ne se résume pas à un débat «entre les anciens contre les nouveaux». La diversification, «cela permet de ne pas mettre les œufs dans le même panier» justifie-t-elle en faisant appel au si fameux bon sens paysan... Elle dit travailler en relation étroite avec la Direction départementale des territoires, évidemment, mais aussi avec les services de la chambre d’agriculture. Elle cite tour-à-tour le porc, le tourisme, les marchés de terroir comme exemple de ce que les agriculteurs peuvent continuer à développer pour trouver des solutions anti-crise. Et également tous les rendez-vous conviviaux, tels que la foire aux culards du 29 juillet à Moulins-Engilbert, comme autant de moyens de communication pour redonner de la valeur ajoutée à la qualité de la viande bovine.