Crise céréalière
Le préfet sur le terrain
Face à la crise économique et climatique que traverse le secteur céréalier, le préfet de la Nièvre, Jean-Pierre Condemine, est allé visiter deux exploitants, lundi 1er août, à Varennes-lès-Narcy et Clamecy.
Ambiance un peu tendue, lundi après-midi, lorsque le préfet du département est arrivé sur la ferme de l’EARL Zwaenpoel, à Verennes-lès-Narcy. Selon l’exploitant, «depuis 10 ans que je suis installé, c’est la pire des récoltes» et même si «il y a eu la sécheresse en 2007 et 2011». «L’excès d’eau a été préjudiciable aux colzas». Les rendements et la qualité du blé et de l’orge s’en ressentent également. «Nous somme amenés à demander les aides de l’État» a-t-il témoigné devant le représentant de l’état.
éric Bertrand, pour la Chambre d’agriculture, Stéphane Aurousseau, au nom de la FDSEA 58, ainsi que Jean-Pierre Condamine, son prédécesseur à la présidence du syndicat majoritaire, ont tour à tour balayé les difficultés rencontrées dans les exploitations céréalières semblables à l’EARL Zwaenpoel.
Au-delà des précipitations qui pénalisent les récoltes, le problème est économique : «il y a quelques années, pensant que les cours resteraient au plus haut, on nous a enlevé les aides, aujourd’hui les cours sont au plus bas» a insisté l’agriculteur. «Je suis là pour me rendre compte précisément de la chute des rendements et de la qualité» a débuté le préfet, promettant de «rendre compte avec les services de la DDT et les professionnels de la situation». Une réunion est d’ailleurs prévue le 11 août afin de connaître des éléments tangibles et les demandes précises des agriculteurs.
Et la réunion promise par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, lors de sa venue dans le département, il y a trois semaines, devrait se tenir à la rentrée de septembre rue de Varennes. Une échéance jugée trop lointaine pour les responsables syndicaux.
300 millions de pertes ?
Selon le céréalier visité, les rendements se situent en-dessous des 50 q/ha sur son exploitation de 200 ha. Et de 35 à 50 en orges. À la demande de Jean-Pierre Condemine si ce sont des chiffres moyens, éric Bertrand a indiqué que «c’est ce que l’on entend à peu près partout». Sans parler de l’impact du niveau des charges et des intrants : «les exploitations n’ont plus un rond pour repartir lors de la prochaine campagne» a simplement souligné le président consulaire, expliquant que «les excédents bruts d’exploitation (EBE) sont presque nuls voire nuls». Selon Stéphane Aurousseau, les exploitations «n’ont plus aucune capacité de remboursement de leurs emprunts et donc, évidemment, d’investissement».
En terme d’impact économique, la réunion du 11 affinera les estimations mais les professionnels avancent un premier chiffre de 300 millions d’euros.
Le président de la FDSEA58 évoque 1 milliard de perte rien que pour la région Centre Val de Loire. «Cela sort du cadre habituel et il va falloir trouver des solutions originales» a-t-il indiqué au préfet. Les cotisations sociales ont déjà baissé depuis deux ans, mais cela ne semble pas suffisant...
Vers des mesures
Selon Jean-Pierre Condemine, l’état pourrait prendre de premières mesures d’urgence «calquées sur les mesures prises pour l’élevage», par exemple en matière fiscale sur le non bâti mais aussi d’autres possibilités de remises. «Si certaines mesures ne règlent pas toutes les problématiques, il faut qu’on se mobilise!» Reports de cotisation MSA, remboursements accélérés de TVA, «il faut se re-concentrer sur le point précis de la situation» a-t-il dit.
Il a rappelé avoir pris un arrêté de cas de force majeure pour environ 150 communes de la Nièvre qui permet à leurs exploitants de «déroger aux règles de re-semis exigées par la Pac».
Ce ne sont pas des mesures qui pourront tout régler à elles toutes seules, selon lui, «mais on refera le point après la réunion du 11». Reste que le moral des céréaliers n’est pas bon : «en ce qui concerne les céréales, c’est le pire coup dur depuis 1977» a sobrement admis le préfet.
éric Bertrand, pour la Chambre d’agriculture, Stéphane Aurousseau, au nom de la FDSEA 58, ainsi que Jean-Pierre Condamine, son prédécesseur à la présidence du syndicat majoritaire, ont tour à tour balayé les difficultés rencontrées dans les exploitations céréalières semblables à l’EARL Zwaenpoel.
Au-delà des précipitations qui pénalisent les récoltes, le problème est économique : «il y a quelques années, pensant que les cours resteraient au plus haut, on nous a enlevé les aides, aujourd’hui les cours sont au plus bas» a insisté l’agriculteur. «Je suis là pour me rendre compte précisément de la chute des rendements et de la qualité» a débuté le préfet, promettant de «rendre compte avec les services de la DDT et les professionnels de la situation». Une réunion est d’ailleurs prévue le 11 août afin de connaître des éléments tangibles et les demandes précises des agriculteurs.
Et la réunion promise par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, lors de sa venue dans le département, il y a trois semaines, devrait se tenir à la rentrée de septembre rue de Varennes. Une échéance jugée trop lointaine pour les responsables syndicaux.
300 millions de pertes ?
Selon le céréalier visité, les rendements se situent en-dessous des 50 q/ha sur son exploitation de 200 ha. Et de 35 à 50 en orges. À la demande de Jean-Pierre Condemine si ce sont des chiffres moyens, éric Bertrand a indiqué que «c’est ce que l’on entend à peu près partout». Sans parler de l’impact du niveau des charges et des intrants : «les exploitations n’ont plus un rond pour repartir lors de la prochaine campagne» a simplement souligné le président consulaire, expliquant que «les excédents bruts d’exploitation (EBE) sont presque nuls voire nuls». Selon Stéphane Aurousseau, les exploitations «n’ont plus aucune capacité de remboursement de leurs emprunts et donc, évidemment, d’investissement».
En terme d’impact économique, la réunion du 11 affinera les estimations mais les professionnels avancent un premier chiffre de 300 millions d’euros.
Le président de la FDSEA58 évoque 1 milliard de perte rien que pour la région Centre Val de Loire. «Cela sort du cadre habituel et il va falloir trouver des solutions originales» a-t-il indiqué au préfet. Les cotisations sociales ont déjà baissé depuis deux ans, mais cela ne semble pas suffisant...
Vers des mesures
Selon Jean-Pierre Condemine, l’état pourrait prendre de premières mesures d’urgence «calquées sur les mesures prises pour l’élevage», par exemple en matière fiscale sur le non bâti mais aussi d’autres possibilités de remises. «Si certaines mesures ne règlent pas toutes les problématiques, il faut qu’on se mobilise!» Reports de cotisation MSA, remboursements accélérés de TVA, «il faut se re-concentrer sur le point précis de la situation» a-t-il dit.
Il a rappelé avoir pris un arrêté de cas de force majeure pour environ 150 communes de la Nièvre qui permet à leurs exploitants de «déroger aux règles de re-semis exigées par la Pac».
Ce ne sont pas des mesures qui pourront tout régler à elles toutes seules, selon lui, «mais on refera le point après la réunion du 11». Reste que le moral des céréaliers n’est pas bon : «en ce qui concerne les céréales, c’est le pire coup dur depuis 1977» a sobrement admis le préfet.