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IBR

Le directeur de la DGAL dans la Nièvre

Les dernières évolutions des textes encadrant la mise en œuvre de la prophylaxie et les modalités de gestion de l’IBR font débat depuis près d’un an dans la Nièvre. Face à la pression du terrain, le directeur de la DGAL (direction générale de l’alimentation), Patrick Dehaumont, été présent dans le département le 7 mars dernier.
Par S.L – FDSEA 58
Le directeur de la DGAL dans la Nièvre
Jérôme Seguinier (à droite sur la photo) a repris un cheptel positif lors de son installation, qu’il vaccine depuis. Aujourd’hui, le coût de l’IBR et des nouvelles modalités réglementaires est estimé à 50 000 € pour son exploitation.
Il est venu et il a vu …. Pour le reste, Patrick Dehaumont, directeur général de l’Alimentation au ministère de l’Agriculture, demeurera droit dans ses bottes. Cela malgré le fait que l’économie de dizaines d’exploitations pourrait peiner à se remettre d’un changement abrupt de réglementation ... Cela malgré le fait que les opérateurs commerciaux, toutes tendances confondues (négoce et coopération) semblent confronter à un problème face auxquels il n’y ait pas de solution permettant de garantir la valorisation des animaux … Cela enfin, malgré le fait que le GDS l’explique de la manière la plus claire qu’il soit : «impossible d’atteindre 90 % de cheptels assainis en un an».

Non décidemment, après s’être fait plus que désirer, trois reports de visite depuis novembre 2016, Patrick Dehaumont n’aura pas pris la mesure du problème IBR. Ou plus exactement n’aura pas voulu la prendre … Récit d’une journée où les organisations professionnelles n’auront pour autant pas ménagé leur peine et d’où ressortent tout de même quelques pistes de travail.

Acte 1 sur le site de la Sicafome
Au cœur du vent de fronde qui souffle sur le département depuis plusieurs mois, c’est sur le site du marché au cadran de Moulins-Engilbert que débutait la journée d’accueil du directeur de la DGAL. Après une courte visite du marché, réunion en salle en présence de la FDSEA, des JA, du GDS, de la fédération nationale des marchés, des services de l’état (DDT, DDCSPP, DRAAF), de la sous-préfète de Château-Chinon et de Christian Paul. à l’appui du témoignage d’éleveurs personnellement impactés par l’évolution réglementaire, la Sicafome détaille les problèmes générés par l’impératif de séparer les flux d’animaux issus ou pas de cheptels qualifiés IBR : organisation non adéquate des installations du marché, dégradation de la valorisation des animaux : «Impossible pour nous de segmenter plus fortement le marché pour continuer à valoriser correctement les animaux des éleveurs» lance Martial Tardivon le chef des ventes de la Sicafome.  Et les éleveurs de renchérir sur le sujet : «J’ai repris un cheptel positif lors de mon installation. J’ai vacciné tous les ans pour maîtriser et contrôler la maladie. Et aujourd’hui je suis sanctionné parce que mes bêtes sont positives, c’est injuste et je ne sais pas comment me projeter sereinement dans l’avenir».
Rigide et tenant à rappeler que la maîtrise de la maladie passait par l’application des règles de base de «biosécurité», Patrick Dehaumont insista sur la nécessaire séparation des flux d’animaux pour éviter tout risque de contamination potentiels, proposant néanmoins une ouverture après avoir appris la tenue le 23 mars d’une réunion de travail entre les GDS, les groupements, les négociants et les marchés sur le sujet de l’IBR. «Faîtes-moi des propositions écrites par circuit de distribution et intégrant nos impératifs de délais après votre réunion, nous les expertiserons».
«Les éleveurs ne peuvent être les seuls à supporter les coûts d’une maladie strictement commerciale, qui ne gêne personne, dont on ne perçoit pas de soucis cliniques et qui ne se transmet pas à l’homme»
Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA n’a pu s’empêcher d’insister sur l’impact économique réel des évolutions réglementaires pour les éleveurs. «La maladie ne gêne personne, ne se transmet pas à l’homme et les éleveurs ne peuvent être les seuls à en amortir les coûts», s’est-il plu à rappeler, à la Sicafome puis sur l’exploitation de Jérôme Séguinier à Montigny en Morvan où était également présent le groupement des éleveurs Nivernais en la personne de Vincent Pommery, son président et de sa directrice Séverine Breton. Sur la base d’une analyse économique fine conduite par l’éleveur avec l’appui de la Chambre d’agriculture, les surcoûts de l’IBR ont été passés au peigne fin et détaillés : prises de sang, moins-values sur les ventes, remplacement du cheptel, transport des animaux Le coût global du changement de réglementation IBR s’élèverait pour l’exploitation à près de 50 000 € … Une paille ! Face à laquelle le syndicalisme FDSEA/JA, avec l’appui de l’administration départementale a travaillé une proposition d’accompagnement financier pour accompagner les éleveurs les plus touchés par la maladie au renouvellement de leur cheptel : En attente de réponse !

Bref, à l’issue de cette journée, une chose est certaine : la solution ne viendra pas de Paris. Et si des dispositions dérogatoires ont été prises par le CROPSAV Bourgogne pour limiter la pression économique mises sur les exploitations par le changement réglementaire du 1er octobre 2016, il n’en est pas moins nécessaire et désormais urgent de mobiliser tous les moyens pour accompagner les éleveurs vers l’assainissement et la qualification de leur cheptel. La FDSEA de la Nièvre a d’ores et déjà émis son souhait de voir les OPA et les organisations d’aval s’organiser pour proposer un accompagnement complet à destination des éleveurs les plus touchés intégrant l’ensemble des paramètres sanitaires, économiques, techniques et commerciaux des exploitations. Aucune piste n’est à négliger. Par ailleurs, Emmanuel Bernard, président de la section bovine FDSEA a écrit au député Christian Paul afin que des fonds soient mobilisés pour accompagner les élevages les plus touchés au travers d’un soutien financier. Affaire à suivre, donc !