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Conjoncture viande bovine

«La qualité des animaux français est connue et appréciée»

Les animaux français ont de réels atouts à l’export, explique Yves Jehanno, responsable de l’équipe commerciale Bourgogne au sein de l’union de coopératives Féder
Par Lucie Lecointe
«La qualité des animaux français est connue et appréciée»
Yves Jehanno, responsable de l’équipe commerciale Bourgogne au sein
de l’union de coopératives Féder
- Quelle est l’activité de Féder en Bourgogne-Franche-Comté ?
Féder achète à ses adhérents et revend environ 120 000 bovins par an ; 60% sont des bovins maigres destinés à l’engraissement, en partie chez nos adhérents mais en majorité en partance pour l’Italie. Pour la viande de boucherie, nous travaillons avec les outils d’abattage locaux en région ou en Auvergne. En effet les consommateurs français apprécient la viande de femelle, rouge, ferme, plus goûteuse ; tandis que les italiens préfèrent les mâles.

- Comment évoluent les exigences des acheteurs ?
En maigre, la clientèle italienne est de plus en plus exigeante sur la qualité. Elle achète des mâles de bonne conformation, écornés… en volume constant 51 semaines de l’année. On remarque aussi que la demande de laitonnes est en augmentation, ce qui permet de proposer au client des portions plus petites. En termes sanitaires, la demande est pressante pour une limitation de la consommation d’antibiotiques ; l’Italie est très attachée au suivi sanitaire des animaux de la naissance à la frontière.
Je pense qu’à terme, les animaux malades, un peu trop maigres, trop vieux par rapport à leur poids ou pas bien conformés ne se vendront pas. Ce ne sera même plus une question de prix. C’est là qu’intervient le travail de la coopérative, pour accompagner la montée en gamme des adhérents.

En viande de boucherie, le marché s’oriente vers des animaux bien finis mais pas trop lourds (380k -400kg), bien conformés (R+, U-, U=). Avec une trop basse conformation, on se retrouve en concurrence avec des races mixtes et laitières. D’où le besoin de remonter en gamme ;le charolais doit se démarquer, retrouver plus de rendement viande sur les carcasses.

Concernant la FCO, il faudrait pouvoir anticiper mieux la vaccination, pour avoir des animaux prêts tout le temps. Une vaccination de tous les animaux, le plus tôt possible, permettrait de sortir du goulet d’étranglement du marché italien, qui par dérogation je le rappelle, accepte une vaccination FCO+10 jours.

- Quels sont les atouts du charolais à l’export ?
En Italie, la production française est appréciée ; pour preuve, même si le nombre de places d’engraissement a baissé, la part de marchés des animaux français a progressé. La qualité des mâles charolais est un vrai atout notamment pour les marchés des pays du Moyen-Orient et du pourtour méditerranéen, sans comparaison possible avec les bêtes sud-américaines !
Achetées entre 300 et 450 kg, nos bêtes ont une performance d’engraissement de 1,5 à 1,7kg/ jour tandis que les bouvillons sud-américains, pour un poids de 250 à 330 kg, ont un gain de poids de 1 à 1,1kg/jour…
Pour ces raisons, dans l’avenir je pense qu’on aura un flux permanent d’export vers les pays du pourtour méditerranéen. Certes, à l’heure actuelle, les marchés ne sont pas encore matures, et subissent des aléas, mais ils s’ouvriront de plus en plus.

- Comment évoluent les demandes des consommateurs ?
Les consommateurs recherchent une viande tendre et goûteuse. Pour y arriver, chaque maillon de la filière a sa responsabilité : conduite de l’engraissement, transport et allotement, façon de tuer, de stocker, découpe et orientation des bons morceaux vers la bonne cuisson…

- Quelle est la stratégie de Féder pour valoriser au mieux les animaux de ses adhérents?
On fait un gros travail pour améliorer la qualité des animaux, en accompagnant les éleveurs. Notre objectif est d’être incontournable sur le marché, par une politique de massification de l’offre. Cela permet de faire des économies d’échelle sur nos charges fixes (transport, centres d’allotement), d’améliorer la qualité des envois en homogénéisant les camions, et de peser dans l’approvisionnement de nos clients.