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Sommet de l’élevage

L’excellence génétique et bouchère s’affichent à la ferme du Rompoue

Dans le Gaec Deboux, la qualité des bêtes et la passion de la génétique, c’est une histoire de famille qui dure depuis plusieurs générations. C’est ce dont on pu s’apercevoir les délégations étrangères invitées sur la ferme de Chougny pour les pré-tours charolais, dans le cadre du sommet de l’élevage qui s’est tenu du 5 au 7 octobre à Cournon, et qui a accueilli cette année le Concours national charolais.
Par L. Lecointe
L’excellence génétique et bouchère s’affichent à la ferme du Rompoue
Athenon, le champion. Grand vainqueur (entres autres) du concours charolais de Paris cette année.
C‘est ici, dans la Nièvre, berceau de la race charolaise, qu’éleveurs et représentants d’associations professionnelles venus du monde entier ont pu découvrir l’élevage du Gaec Deboux. C’est avec le sourire et un bon sens de l’organisation qu’Olivier, Hervé, Martine, Jérôme et toute la famille ont accueillis leurs visiteurs.

La recherche des meilleurs bêtes, d’hier à aujourd’hui
«Mon grand-père paternel achetait déjà ses taureaux dans les concours, ils sillonnait tout le département pour trouver les meilleurs bêtes, et Dieu sait que le transport n’était pas aussi rapide qu’aujourd’hui !» raconte Jérôme. Entre 1987 et 1995, lui et ses deux frères Olivier et Hervé, s’installent sur l’exploitation familiale  et la développent, chacun avec ses responsabilités: bâtiments, mécanique, élevage, entretien des prairies…et génétique bien sûr. Avec la renommée acquise par leur troupeau et la très bonne valeur bouchère du cheptel, pourquoi ne pas garder des mâles en reproducteurs  ? C’est ainsi que la ferme se lance dans les concours. Hervé, avec son sens de la physionomie, en fait son terrain de prédilection. L’inscription au Herd Book en 1994 permet de faire reconnaître des lignées et de vendre des reproducteurs.

Vente directe et transformation, deux leviers de la valorisation
En 2004, le Gaec se lance dans la vente directe à la ferme et la transformation  avec l’installation de Martine (épouse d’Hervé), avec l’objectif de fournir en viande de qualité des consommateurs échaudés par la crise de la vache folle. Une façon aussi de valoriser tous les morceaux, à toutes les saisons  ; «le pot-au-feu par exemple, peu consommé au printemps et en été, sert à la préparation des terrines» explique Martine. Les bonnes recettes et le bouche à oreilles ont suffi pour que les produits cuisinés trouvent leur clientèle, depuis la Nièvre jusqu’à la région parisienne.
Aujourd’hui, l’exploitation compte 537 hectares pour 400 vêlages en moyenne par an.
Trois générations s’y croisent: les ainés, Denise et Roland, leurs enfants Jérôme, Olivier et Hervé, Martine, et les petits-enfants Théophile et Célestin.

La relève est assurée
Les plus jeunes ont eux aussi une place dans la saga familiale : Théophile, déjà salarié sur le Gaec, et Célestin en BTS, participent beaucoup aux tâches. Même si la passion s’est transmise, un nuage gris plane sur les esprits: si les cours ne vont pas mieux, comment être encore là demain ?

La fierté de voir son travail reconnu
C’est une âme de compétiteurs qui habite le cœur des frères Deboux. «Quand on fait un concours, c’est comme un athlète aux Jeux Olympiques : on veut la première place ! Gagner, c’est un tel honneur, une satisfaction personnelle… Les concours permettent d’asseoir notre renommée, de drainer du monde sur l’exploitation, et cela génère des ventes», expliquent les frères à l’unisson.

La conduite d’élevage en sélection génétique
Les croisements visent toujours à équilibrer les caractéristiques de chaque animal. «Par exemple, sur une vache petite, on mettra un taureau plus gros, qui apportera du volume de viande. En ce moment, nous travaillons à élargir la taille du bassin des vaches, pour pouvoir mettre de gros taureaux dessus». Il s’agit de développer les caractéristiques recherchées pour la boucherie, mais aussi pour la reproduction : «En concours, on juge des grosses bêtes avec de grosses pattes, mais en vente directe les bouchers ne veulent pas de ces bête- là. La finalité de toute race à viande, c’est la boucherie».