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L’AG de la fédération des chasseurs a eu lieu le 16 avril

L’arrêté préfectoral 20 ha est revenu «sur le tapis»

La Fédération départementale des chasseurs (FDC) de la Nièvre s’est déroulée dans une ambiance houleuse, samedi 16 avril, au Centrexpo de Nevers. Certains adhérents ont remis en question l’adoption de l’arrêté préfectoral de l’an dernier, approuvée lors de l’AG 2015, qui impose un passage de 5 ha à 20 ha minimum pour les chasses aux cervidés et sangliers.
Par Emmanuel Coulombeix
Selon le président Etienne Berger, «les statuts de la FDC nous ont obligé à remettre la question à l’ordre du jour puisqu’il suffit de 50 adhérents pour en faire la demande». Du coup, la validation de l’arrêté préfectoral, qui avait été normalement faite lors de la précédente AG, au titre des missions de service public de la fédération, est revenue sur le tapis, la semaine passée.

Et, malgré des débats enfiévrés et particulièrement tendus, la validation a été re-confirmée, à 65% des votants. Ce qui n’empêche pas Etienne Berger de faire part de son dépit : «alors qu’il y avait le président du Conseil départemental, celui de la Chambre d’agriculture et un député à la tribune, certains se sont crus obligés de vociférer et d’insulter, certainement pour justifier de placer des représentants dans le renouvellement de la moitié du Conseil d’administration, en fin de réunion» envisage-t-il. De fait, plus tard, l’opposition interne au président Berger a obtenu 5 des 8 sièges mis en jeu.

Recomposer les territoires de chasse
Ce qui ne passe pas, dans ce dossier, c’est que la modification, qui découle de l’arrêté préfectoral, au Schéma départemental cynégétique, entraîne une obligation de recomposer des dizaines de territoires de chasse dans la Nièvre.

En passant de 5 ha à 20 ha le seuil minimal pour les chasses de cervidés et de sangliers, l’administration, à la demande de la Fédération des chasseurs, pourra retoquer les demandes de plan de chasse et de gestion de ces territoires. Un agriculteur de Nolay a dénoncé, face à la tribune, une volonté de «détruire la chasse dans la Nièvre et de priver les chasseurs de leurs territoires». Une «balle dans le pied» selon certains adhérents -une vingtaine- présents au Centrexpo de Nevers.

Contre la «chasse à courre en 4x4 !»
En réponse, Etienne Berger justifie de cette position prise par la FDC l’an dernier. «Interdire la chasse aux grands animaux (chevreuils, sangliers, cerfs) dans des ilôts de moins de 20 ha se justifie à la fois par des critères de sécurité, d’éthique, de gestion des dégâts et de vivre-ensemble   ! Il s’agit de s’adapter à l’évolution des nouvelles technologies, à la possibilité d’équiper les chiens de colliers reliés aux satellites quand le territoire est émietté et de transformer l’exercice en véritable chasse à courre en voiture».

Le président pointe «les algarades répétées entre les équipes en 4x4» qui ont été constatées. Non seulement, malgré la fronde, l’arrêté préfectoral a été «re-confirmé» par «la sagesse du scrutin», mais encore l’a-t-il été «à 2/3 contre 1/3» constate Etienne Berger. Et qui plus est   : «non seulement l’administration ne reviendra pas dessus mais la fédération départementale est imitée par d’autres, que ce soit dans le Cher, la Saône-et-Loire ou l’Allier, où cela se fait calmement car tout le monde comprend  !»

Pour la FDSEA 58, vigilance sur le risque de dégâts supplémentaires...

Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA 58, réagit à la validation de l’arrêté 20 ha par la Fédération des chasseurs de la Nièvre. «C’est la mise en application de cet arrêté de l’année dernière, pour l’élaboration des plans de chasse de cette année, qui remet en question les chasses sur les territoires de moins de 20 ha.

Nous, notre inquiétude, même si nous ne nous mêlons pas officiellement des relations internes à la Fédération des chasseurs, c’est que si les plans de chasse ne sont plus acceptés en-deçà de ce seuil, il y a des endroits où le gros gibier va se réfugier et ne sera plus chassé.

A la FDSEA, nous comprenons la logique de cette mesure dans son aspect sécuritaire, encore que le petit gibier pourra être chassé au-dessous des 20 ha, mais quand la pression de chasse diminue sur un territoire, c’est là que les dégâts augmentent. Si les dégâts aux cultures devaient augmenter par endroits, la seule solution, ce seraient les battues administratives, mais nous ne pourrons pas en faire trois par mois...

Nous ne nous immisçons pas dans la vie des chasseurs mais nous exprimons nos craintes  : il faut être lucides  ! Qui dit pression de chasse en baisse, dit augmentation du gibier et dit augmentation des dégâts. Et dans ce cas, nous, agriculteurs, nous commençons à nous agacer !»