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Portrait

L’agriculture se conjugue au féminin

Du haut de ses 23 ans, Florine Duvernoy est une jeune agricultrice débordante de passion. Installée depuis bientôt deux ans à Maux avec son père et son frère, elle fait rimer ruralité avec féminité.
Par Céline Clément
L’agriculture se conjugue au féminin
à 23 ans, Florine Duvernoy est l’image d’une agriculture moderne et qui se féminise.
Quand on lui a proposé de participer à une expo de photos célébrant la journée de la femme, elle n’a pas hésité à dire oui. Florine Duvernoy aime défendre son métier mais n’en perd rien de sa féminité. «Etre une femme agricultrice n’est pas un problème, résume-t-elle, et les préjugés je ne m’en occupe pas. C’est vrai qu’à l’école, certains garçons me disaient toi tu ne monteras pas sur un tracteur mais avec moi, la ferme tourne pareil». La jeune agricultrice s’en est forgée une devise de vie : «Quand on aime, on y arrive et quand on veut, on peut». Simple et réfléchie, à son image.

Une vocation précoce
Ses premières armes, elle les fait au lycée agricole de Charolles, où elle suit un BTS Acse (Analyse et conduite d’un système d’exploitation). En 2014, c’est fraichement diplômée qu’elle rejoint l’exploitation de son père au lieu-dit Ursier à Maux. Un cheminement naturel pour la jeune femme qui baigne dans l’agriculture depuis toute petite. Le 15 avril 2015, elle franchit un cap en s’installant en Gaec avec son père, Hubert et son frère Florian. Tous les matins elle est au pied levé sur l’exploitation pour s’occuper de l’élevage d’ovins. 1000 agnelages au total pour un petit bout de femme...rien de plus naturel pour Florine. «Ce n’est pas un travail pour moi, c’est une passion. Que ce soit le dimanche ou la nuit, c’est naturel, c’est comme des vacances. Et vu qu’on travaille à trois, on peut se libérer une journée à côté».
épaulée par son père, Florine consacre néanmoins tout son temps aux brebis. «Je fais d’abord un tour de surveillance, je leur donne des rations de granulés, je fais têter les agneaux, je donne le foin et puis il y a le pansage. Une fois que j’ai fait le tour, il est déjà midi». C’est tout sourire que l’agricultrice parle de son métier. Et avec la fraîcheur de son âge. Si son frère a choisi de s’occuper des bovins, elle s’est dirigée vers les ovins car «c’est plus simple, moins physique».

Concilier travail et vie personnelle
«C’est ma vie, ma passion. J’aimerais avoir des enfants et si c’est le cas j’espère que l’un d’entre eux reprendra l’exploitation». Florine Duvernoy illustre bien la modernité  d’une agriculture qui se féminise. Entre désir de fonder une famille et passion du métier, la jeune femme refuse le compromis. Fière de son élevage de brebis, très attachée à ses animaux, elle n’en reste pas moins lucide. «Quand on me demande si je ne m’attache pas aux animaux, je dis que non même si j’adore les agneaux. Car je sais que je vais devoir m’en séparer». Si les ovins sont en effet destinés à la boucherie, l’agricultrice ne les bichonne pas moins pour autant durant les cinq mois de l’engraissement. Il y a deux ans, elle investissait d’ailleurs avec son père et son frère dans une nouvelle bergerie, plus moderne, plus confortable. Son futur projet ? L’agrandir afin d’améliorer encore le bien-être des animaux. Mais aussi s’installer avec son compagnon au sein de l’exploitation afin de réaliser son autre rêve, celui de devenir maman.