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CerFrance Alliance Centre

Grandes cultures : un décrochement économique sans précédent

Rendements et qualité en berne, prix au plus bas... La calamiteuse récolte 2016 n’en finit pas de produire ses effets. Dans ce contexte de gravité et d’interrogations, Cerfrance Alliance Centre a invité le 30 septembre dernier à Sauvigny-le-Bois tous les acteurs du monde agricole à se confronter aux derniers chiffres 2016 concernant les exploitations de grandes cultures nivernaises.
Par Anne-Marie Klein
Grandes cultures : un décrochement  économique sans précédent
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C’est un temps d’échange et d’information qui a permis à chacun de mieux appréhender la situation économique des exploitations de grandes cultures nivernaises. 80% des exploitations du territoire sont accompagnées par CerFrance Alliance Centre, autant dire que les chiffres produits sont particulièrement représentatifs des conséquences de la campagne 2016 sur la rentabilité, la trésorerie, voire la pérennité de certaines exploitations particulièrement touchées.
Ces chiffres montrent tout d’abord un décrochement spectaculaire de 30 à 70% des rendements. Les blés les orges et les cultures de printemps ayant particulièrement souffert des conditions climatiques exceptionnelles. Alors que l’importance de la récolte mondiale maintient les prix au plus bas, les agriculteurs français subissent la double peine de très faibles rendements et d’une qualité dégradée.
Face aux chiffres, le constat est sans appel: la dégradation de la structure financière des exploitations amorcée depuis 2012, s’est brusquement accélérée. Près de 60% des exploitations nivernaises se trouvent fragilisées et dans une situation à risque, le choc de 2016 a accéléré le processus. Et ces observations sont identiques sur les quatre grands territoires couverts par CerFrance Alliance Centre. La dégradation économique a pu aussi être accentuée par le fait que certaines structures n’ont pas suffisamment ralenti leurs investissements, notamment en matériels.

47% des exploitations de grandes cultures accusent une perte de -20 000 à -70 000€, 32% des exploitations de 0 à -20 000€. Pour une majorité d’exploitations, la trésorerie disponible se trouve donc proche de zéro, voire négative ce qui exclut toute rémunération possible. Le signe distinctif de cette année c’est aussi la grande disparité, la grande dispersion des résultats, avec de grands écarts de revenus. Seules 21% des exploitations grandes cultures se situent dans la tranche 0 à 300 00€ et plus... et là encore avec de grands écarts.
JF Le Pironnec, directeur de l’activité conseil de CerFrance Alliance Centre, souligne la nécessité pour chaque responsable d’exploitation de «se poser les bonnes questions, de raisonner économiquement ses choix d’investissement, de raisonner sa trésorerie de façon pluriannuelle, de travailler sur la technicité, l’efficience des stratégies d’exploitation». C’est un discours partagé aujourd’hui par l’ensemble des acteurs de l’agriculture, chacun s’accordant sur la nécessité d’intégrer notamment la notion de risque dans la gestion d’une exploitation. Plus que jamais un chef d’entreprise doit être conscient des enjeux et des conséquences de ses choix économiques.

«Les solutions sont forcément individuelles» insiste JF Le Pironnec, «notre mission étant d’amener nos clients à se poser les bonnes questions et à trouver les réponses adaptées à leur situation et à leurs objectifs».