1ère rencontre avec la sous-préfète de Château-Chinon
FDSEA et JA du canton alertent l’État sur la situation de l’élevage
Mercredi 15 juin en fin d’après-midi, les responsables du canton FDSEA et JA de Château-Chinon, ont invité Mireille Higinnen, la sous-préfète de l’arrondissement, à venir prendre la température dans les exploitations. La rencontre a eu lieu, durant deux heures et demi, chez la famille Petit à Arleuf. Echanges courtois mais attentes impatientes...
Michel Prévotat, le président du canton FDSEA, a expliqué à la haute fonctionnaire, en fin de réunion, que contrairement à leurs habitudes, les adhérents syndicaux n’avaient pas sollicité de rendez-vous avec elle, depuis son arrivée il y a quelques semaines, du fait de la procédure judiciaire en cours, au tribunal de Nevers, contre quelques uns de leurs collègues qui avaient manifesté début juillet devant les grandes surfaces du département. «Nous nous sommes rangés au point de vue du conseil d’administration de la FDSEA 58 qui a interrompu les relations officielles avec les pouvoirs publics le temps que l’affaire n’est pas réglée» a justifié le responsable devant Mireille Higinnen. En l’invitant à venir soutenir les agriculteurs lors de l’audience en appel qui aura lieu à Bourges le 30 juin. «C’est inadmissible que le 15 janvier, en 20 minutes, un juge ait décidé de mettre la pression sur tout le monde paysan et nous attendons un soutien de l’état» a-t-il lancé. Cette affaire judiciaire a servi d’entrée en matière aux échanges, courtois mais chargés d’impatiences de la part des éleveurs morvandiaux, à l’égard d’un état dont ils attendent beaucoup plus. Cela tombe bien : la nouvelle sous-préfète, qui ne mâche pas ses mots et assure de son attention pleine et entière aux agriculteurs, a été désignée par le préfet de la Nièvre comme référente des services de l’état sur la question de l’élevage dans le département. Courageusement, alors qu’elle était l’une des seules femmes de l’assistance, la sous-préfète a répété plusieurs fois qu’elle «aime comprendre les dossiers, est joignable pour recevoir les agriculteurs dont les situations individuelles nécessitent une intervention» et que si elle «a d’autres missions que l’agriculture, le numérique ou les réseaux» par exemple, sa porte demeure ouverte. En introduction, sur l’aspect syndical, Michel Prévotat avait prévenu que «vous êtes la bienvenue. La sous-préfecture, on peut la salir, mais jamais on ne la cassera !» Pour autant, la cinquantaine de jeunes et moins jeunes éleveurs présents à Arleuf, venus de tout le Morvan, ont évidemment déploré que «quand on s’exprime, personne ne nous écoute et personne ne nous entend».
Prix de la viande et Pac
Les prix de la viande ont monopolisé les débats durant une bonne partie de la rencontre. «Dans les années 80, on réglait le fermage au prix du kg de viande. En 1985, il était à 21,67 francs du kg (soit 3,30 euros)» s’est plaint l’un des éleveurs présents. Une stabilité qui ne compense pas les charges qui ont augmenté... Et de poursuivre : «Vous, les fonctionnaires et les élus, si vos indemnités étaient comparables à celles des années 80, vous ne seriez pas dans vos bureaux mais à nos côtés, dans la rue». Et Cédric Berneir, l’ancien président des JA du canton de renchérir : «Il y a un an et demi, nous sommes allés voir le député Christian Paul à Lormes qui nous avait assuré que la nouvelle Pac serait bénéfique pour les éleveurs parce que le Président de la République l’avait dit à Cournon. Nous avons pris le pari et aujourd’hui, les chiffres disent le contraire!» Quand elle est d’ailleurs versée... «Nous avons signé en 2015 sans savoir les chiffres de 2015 et nous avons signé en 2016 alors que nous ne savons toujours pas les chiffres de 2015» a-t-il dit. Pointant aussi du doigt l’efficacité des services de l’état dans les procédures de subventionnement. Un autre exploitant a aussi, la gorge nouée, dit «son ras-le-bol de ce métier. On est harcelé à tous les niveaux. Si on continue, lors des prochaines réunions avec les élus, vous serez toues seules à la table. Cela ne peut plus durer» s’est-il exclamé avec tout le dépit et la force d’un appel au secours... Mireille Higinnen, «qui a dit ne pas vouloir se voiler la face -c’est vous qui supportez la baisse des cours-», a aussi voulu se montrer relativement rassurante : «Depuis la fin janvier, on me dit que des marchés vont rouvrir (Iran , Turquie...) pour libérer le marché européen, et que, selon les informations de France Agrimer, ça va remonter !» Et de préciser aussitôt, pour prévenir les réactions suspicieuses : «Vous, c’est votre vie, moi, ça m’agace les effets d’annonce des gouvernements. Quel serait l’intérêt de vous raconter des cracks ? Ce n’est pas de la méthode Coué. Quand Paris défend une agriculture familiale, cela me convient bien !» L’encouragement n’empêche pas la prudence même si Mireille Higinnen évoque une ouverture du marché russe à partir du 1er juillet.
«Evolution à faire»
Deuxième point sur lequel a voulu insister la fonctionnaire, en citant un auteur morvandiau de façon «un peu provocatrice», «je pense qu’aujourd’hui l’agriculture vit un temps où les choses vont changer». Un peu comme entre les deux guerres quand les éleveurs sont passés en moyenne de 4 à 20 ou 30 vaches. «Il n’y a pas que l’agrandissement. Mais peut-être ne faudra-t-il plus seulement faire du bovin. Nous sommes dans un temps où il y a une évolution à faire même si je ne trouve pas normal que vous deviez vendre à un prix inférieur à ce que ça vous coûte. Nous devons sans doute réfléchir au pourquoi de cette situation!» Et Michel Prévotat de pointer du doigt la grande distribution «qui veut le pognon et a tout cassé dans les villages». Et un autre de regretter que «les ovins, il y a 30 ans, on les avait !» «On nous dit qu’à ce rythme, 25% d’entre nous vont disparaître d’ici la fin 2016. Mais qui va sauter ? Nous affirmons que tous les paysans doivent rester et notamment les jeunes, qui ne doivent pas partir» a anticipé le président cantonal FDSEA. Sous l’œil approbateur d’une dizaine de jeunes agriculteurs du canton, au premier rang desquels Maxime Petit, le fils de l’exploitant invitant, et de Clément Blandin, le nouveau président départemental des JA58.
Prix de la viande et Pac
Les prix de la viande ont monopolisé les débats durant une bonne partie de la rencontre. «Dans les années 80, on réglait le fermage au prix du kg de viande. En 1985, il était à 21,67 francs du kg (soit 3,30 euros)» s’est plaint l’un des éleveurs présents. Une stabilité qui ne compense pas les charges qui ont augmenté... Et de poursuivre : «Vous, les fonctionnaires et les élus, si vos indemnités étaient comparables à celles des années 80, vous ne seriez pas dans vos bureaux mais à nos côtés, dans la rue». Et Cédric Berneir, l’ancien président des JA du canton de renchérir : «Il y a un an et demi, nous sommes allés voir le député Christian Paul à Lormes qui nous avait assuré que la nouvelle Pac serait bénéfique pour les éleveurs parce que le Président de la République l’avait dit à Cournon. Nous avons pris le pari et aujourd’hui, les chiffres disent le contraire!» Quand elle est d’ailleurs versée... «Nous avons signé en 2015 sans savoir les chiffres de 2015 et nous avons signé en 2016 alors que nous ne savons toujours pas les chiffres de 2015» a-t-il dit. Pointant aussi du doigt l’efficacité des services de l’état dans les procédures de subventionnement. Un autre exploitant a aussi, la gorge nouée, dit «son ras-le-bol de ce métier. On est harcelé à tous les niveaux. Si on continue, lors des prochaines réunions avec les élus, vous serez toues seules à la table. Cela ne peut plus durer» s’est-il exclamé avec tout le dépit et la force d’un appel au secours... Mireille Higinnen, «qui a dit ne pas vouloir se voiler la face -c’est vous qui supportez la baisse des cours-», a aussi voulu se montrer relativement rassurante : «Depuis la fin janvier, on me dit que des marchés vont rouvrir (Iran , Turquie...) pour libérer le marché européen, et que, selon les informations de France Agrimer, ça va remonter !» Et de préciser aussitôt, pour prévenir les réactions suspicieuses : «Vous, c’est votre vie, moi, ça m’agace les effets d’annonce des gouvernements. Quel serait l’intérêt de vous raconter des cracks ? Ce n’est pas de la méthode Coué. Quand Paris défend une agriculture familiale, cela me convient bien !» L’encouragement n’empêche pas la prudence même si Mireille Higinnen évoque une ouverture du marché russe à partir du 1er juillet.
«Evolution à faire»
Deuxième point sur lequel a voulu insister la fonctionnaire, en citant un auteur morvandiau de façon «un peu provocatrice», «je pense qu’aujourd’hui l’agriculture vit un temps où les choses vont changer». Un peu comme entre les deux guerres quand les éleveurs sont passés en moyenne de 4 à 20 ou 30 vaches. «Il n’y a pas que l’agrandissement. Mais peut-être ne faudra-t-il plus seulement faire du bovin. Nous sommes dans un temps où il y a une évolution à faire même si je ne trouve pas normal que vous deviez vendre à un prix inférieur à ce que ça vous coûte. Nous devons sans doute réfléchir au pourquoi de cette situation!» Et Michel Prévotat de pointer du doigt la grande distribution «qui veut le pognon et a tout cassé dans les villages». Et un autre de regretter que «les ovins, il y a 30 ans, on les avait !» «On nous dit qu’à ce rythme, 25% d’entre nous vont disparaître d’ici la fin 2016. Mais qui va sauter ? Nous affirmons que tous les paysans doivent rester et notamment les jeunes, qui ne doivent pas partir» a anticipé le président cantonal FDSEA. Sous l’œil approbateur d’une dizaine de jeunes agriculteurs du canton, au premier rang desquels Maxime Petit, le fils de l’exploitant invitant, et de Clément Blandin, le nouveau président départemental des JA58.