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Conjoncture

Des « miettes » pour les céréaliers

L’État met en place un fonds d’aide à destination de la filière grandes cultures. Le compte n'y est « absolument pas » selon la FDSEA de Côte-d'Or.

Par AG
Des « miettes » pour les céréaliers

Tout n'est pas encore calé, mais les informations commencent à arriver. L'aide conjoncturelle aux producteurs céréaliers devrait se chiffrer à 3,64 millions d'euros pour la Bourgogne-Franche-Comté. « Je vais vous résumer mon ressenti en trois mots : foutage de gueule ! », réagit Antoine Carré, président de la FDSEA de Côte-d'Or, qui poursuit : « si cette somme était destinée à aller intégralement sur votre compte ou le mien, ce serait top. Mais ce n'est pas le cas, il va falloir la répartir parmi toutes les fermes spécialisées en grandes cultures de la région et selon un pourcentage de pertes d'EBE. D'après nos simulations, cela ne représenterait que 700 euros par exploitation ! Moins de 1 000 balles pour sauver une filière qui pèse en théorie 20 milliards d'euros dans la balance positive française… C'est désolant. On pourrait aller se mettre sous un pont avec une guitare et un gobelet, ce serait pareil ». Le responsable syndical ne digère pas cette enveloppe globale de 3,64 millions d'euros : « c'est à peu de chose près ce que coûte la MACF à l'échelle de Dijon Céréales. Les taxations MACF sont faussement annulées car les hausses d'engrais, les 40 euros/tonne sur l'urée, nous les avons quand même. À un moment donné, il faudrait peut-être arrêter de se foutre de notre gueule ! On nous demande d'aller participer à des réunions pour savoir comment répartir précisément cette somme : je n'ai même pas envie d'y aller tellement c'est ridicule ! ». Si, malgré tout, il fallait se résoudre à ce montant, Antoine Carré privilégierait très certainement un « montant minimum de 5 000 euros » par exploitation : « l'idée serait de cibler les fermes céréalières les plus impactées, mais avec moins de bénéficiaires, forcément… Cela resterait du grand n'importe quoi. J'en ai marre d'être tout le temps pessimiste mais il n'est pas possible de faire autrement. Qu'ils gardent plutôt leurs 3 millions d'euros et qu'ils nous laissent travailler, qu'ils lèvent leurs contraintes, qu'ils enlèvent la MACF, qu'ils fassent de vraies mesures ! Il y en a marre de cette mouvance environnementale à la con, qui nous coûte des dizaines de milliers d'euros par exploitation ».