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Chambre d’Agriculture

Des audits économiques pour mesurer la bonne santé de son exploitation

La Chambre d’agriculture de la Nièvre propose désormais aux agriculteurs nivernais de réaliser des audits économiques. L’occasion de faire le point sur la santé financière de son exploitation.
Par Céline Clément
Des audits économiques pour mesurer la bonne santé de son exploitation
Face aux difficultés, «il y a toujours quelque chose à faire» assure Didier Ramet, secrétaire général de la Chambre d’agriculture.
Depuis la mise en place de ce nouveau service en ce début d’année, une cinquantaine d’inscriptions ont été enregistrées. Les agriculteurs pourront ainsi connaître de manière précise l’état de santé financière de leur exploitation. «L’audit économique est réalisé par un technicien de la Chambre spécialisé en technique économique d’exploitation, capable de déshabiller l’exploitation sous toutes ses formes et d’en tirer les points forts et les points faibles», explique Didier Ramet, secrétaire général de la Chambre d’Agriculture.
Afin de réaliser cet audit, le technicien se rend sur l’exploitation afin de prendre connaissance de la situation comptable, d’évaluer les stocks et l’endettement. Il s’agira ensuite de sectoriser l’exploitation en cinq chapitres : les produits, les subventions, les charges proportionnelles et opérationnelles, les charges de structure et l’utilisation de l’excédent brut d’exploitation. À la suite de cette étude, le technicien pourra proposer à l’agriculteur des pistes de réflexion et les éventuels choix à opérer en fonction de sa situation. «Aujourd’hui on a deux types de candidats», précise Didier Ramet. «Ceux qui n’ont pas de souci particulier mais qui souhaitent faire un point pour savoir s’ils peuvent se développer davantage et ceux qui rencontrent vraiment des difficultés».

Ne pas céder à l’angoisse
Pour les agriculteurs en difficulté, des solutions pourront parfois être envisagées si la situation n’est toutefois pas trop critique. L’objectif : trouver dans un premier temps les raisons des dysfonctionnements : problèmes de production, charges trop élevées, emprunts contractés alors que la solidité de l’exploitation n’était pas assez forte... «Après cet état des lieux, on peut donner des solutions si ce n’est pas trop grave», poursuit Didier Ramet. «La difficulté est de ne pas mettre les gens dans l’angoisse car il y a toujours quelque chose à faire». Dans certaines situations, l’agriculteur sera dirigé vers d’autres structures comme l’association Aid’Agri qui peut aider l’agriculteur, par un soutien psychologique, «à reprendre son destin en main».
Dans un département où le nombre d’agriculteurs en exploitation fragilisée est estimé à
25 voire 30%, et où la culture d’exploitation est de plus en plus complexe, il paraissait nécessaire à la Chambre d’agriculture d’aller «au-delà de simples visites de terrain». Mais cette initiative n’est pas propre au département, elle devrait être élargie à la toute la région Bourgogne Franche-Comté après un premier bilan à l’échelle nivernaise dans quelques semaines.